mardi 29 avril 2014

"LA SPIRITUALITE DE YUNG: CINQ DECENNIES PLUS TARD"


Le pionnier de la psychologie des profondeurs, le psychiatre, psychologue et essayiste Carl Gustav Jung, est mort le 6 juin 1961. Cinq décennies plus tard, quel est son héritage ? Nous avons posé la question au philosophe Michel Cazenave, membre fondateur et président du Cercle Francophone de Réflexion et d'Information sur l'œuvre de C.G. Jung

INREES : Cinquante ans après sa mort, quel est l’héritage de la pensée de Jung ?


Michel Cazenave : Tout est fondé sur l’expérience personnelle et Jung le reconnaît franchement. On ne peut être jungien que si on bâtit sa conception du monde à partir de son expérience propre. Sans en avoir toujours conscience, on retrouve aujourd’hui ce que Jung disait. La spiritualité n’est pas pour lui le résultat d’une névrose, mais une donnée absolument essentielle. L’expérience religieuse et l’expérience spirituelle sont constitutives de l’humain.
La spiritualité de Jung correspond à une recherche à la base. Pour l’émission que je faisais pour France Culture, j’ai navigué dans beaucoup de milieux non intellectuels et j’ai constaté une énorme poussée de ce côté-là. Comme si en Occident, le fait que nous nous soyons débarrassés du christianisme ne signifie pas que nous nous soyons débarrassés de toute spiritualité, loin de là. Il y a au contraire une grande inquiétude spirituelle.

Freud tombe en disgrâce, la pensée de Jung est redécouverte. Y a-t-il un mouvement de balancier ?
Sur le fond oui, même si ça ne me paraît pas juste. C’est l’esprit français : Si Jung a raison, alors Freud a tort. Alors que je pense qu’ils ne parlent pas des mêmes choses. C’est vrai qu’ils ont été opposés, mais on n’est pas obligés de rester prisonnier des histoires telles qu’elles sont arrivées il y a cent ans. Sur certains points, c’est vrai qu’il faut choisir son camp. Freud dit que le religieux est une névrose obsessionnelle, ce que ne dit pas Jung. Quand ils parlent de l’inconscient, ils ne désignent pas les mêmes réalités. Ils ne sont pas au même niveau de profondeur. Freud parle d’un inconscient produit d’une histoire personnelle. Jung parle de l’inconscient comme d’un espace de non conscience de l’homme en tant que l’homme est le miroir de Dieu. On ne cède pas à l’idée fausse selon laquelle Jung ne parle pas de sexualité. Simplement il a toujours dit : « il y a la sexualité d’un côté et la spiritualité de l’autre. » C’est une sexualité marquée de spiritualité, une spiritualité marquée de sexualité.

Des notions comme celles de synchronicité, élaborée par Jung, peuvent-elles nous aider à vivre ?
La notion de synchronicité, c’est l’idée d’un royaume éternel, l’ouverture à quelque chose qui nous échappe totalement et cela peut être un guide absolument extraordinaire.

Y a-t-il toujours une forte résistance à sa pensée ?


Il faut différencier entre ce qui se passe en France et hors de France, en Belgique, en Italie, aux Etats unis. Nous avons en France une résistance particulière. On dit toujours : c’est un irrationaliste. A mes yeux, c’est inexact. Sa pensée est de l’ordre du transrationnel : la raison a ses limites et à un moment, il faut faire un saut au-delà. Il y a un fossé entre la base et les instances médiatrices – universitaires, journalistes. Eux sont dans cette espèce de rationalisme français alors que la base s’en fiche complètement. A la base Jung passe très bien, alors que dans les milieux médiateurs, on ne veut pas en entendre parler.
 

La physique peut-elle contribuer à la compréhension de la psyché ?

C’est ce que pensait Carl G. Jung. Pendant plus de trente ans, il entretint une correspondance avec le grand physicien Wolfgang Pauli. La notion de synchronicité en fut l’un des grands thèmes.

En 1949, parlant de la synchronicité, Jung écrivit à Pauli : « Les physiciens sont aujourd’hui les seuls à s’intéresser à ce genre d’idées. » La synchronicité est entendue comme une coïncidence entre un état psychique et un événement non psychique. Dans le monde matériel, il se produit quelque chose qui fait écho à l’état psychique de l’observateur avec une telle force que ce dernier en est bouleversé.

Cette synchronicité est frappante parce que tout en étant pour l’observateur riche de signification, elle échappe à la causalité formelle qui régit les lois de la physique classique. Selon cette causalité, A produit B. Nous avons l’habitude de la considérer comme seule valable, toute autre coïncidence relevant du pur hasard.

Mais la physique quantique pose l’existence d’un autre type de « causalité » : le principe qui ordonne la matière, au niveau microscopique, n’est en effet pas la causalité formelle, mais une sorte de danse synchrone. Il existe donc à l’œuvre un principe qui n’est ni cette causalité classique, ni le hasard, régissant le microscopique.

Quel rapport entretienne donc l’esprit et la matière ? Comment qualifier ce rapport ? 


En référence aux expériences de psychokinèse ( action de l’esprit sur la matière) de J.B. Rhine sur les jets de dés, aux résultats significatifs, Jung avance dans une lettre à Pauli : « il est plus vraisemblable que toutes deux (matière et psyché) ont en fait la même propriété, qu’elles sont toutes deux contingentes à un niveau plus profond et empiètent l’une sur l’autre sans se soucier de leur détermination causales respectives. »

La physique quantique suggère qu’il existe une dimension hors de l’espace et du temps, où tout est lié. C’est l’hypothèse du physicien David Bohm : Notre monde d’objet tridimensionnel d’objets est l’ordre explicite, ou déplié ; Cet ordre se déploie selon « une base au-delà du temps » : l’ordre implicite ou implié, arrière-plan de la totalité de l’expérience. Esprit et matière se déploient donc à partir d’une base commune, au-delà de l’espace et du temps, dont les synchronicités sont en quelque sorte l’expression.

Autre apport de la physique quantique, l’objet observé est inséparable de l’observateur. « Lorsque ces phénomènes dépendent de la façon dont ils sont observés (agencement de l’expérience), n’y a –t-il pas alors peut-être aussi des phénomènes qui dépendent de la personne qui les observe (c'est-à-dire de la psyché de l’observateur) ? » avance Wolfgang Pauli. Autrement dit, l’observateur dans une certaine mesure, ne crée-t-il pas le monde ?

De ces échanges entre Jung et Pauli, on ne doit pas déduire que le phénomène de synchronicité est scientifiquement prouvé. Mais s’aventurant au-delà de leur discipline respective, mus par le désir de comprendre, ils nous invitent à porter un regard nouveau sur les coïncidences à l’œuvre dans nos vies.
 

L'inconscient collectif, une notion clé de la pensée de Jung

Selon le psychiatre suisse Carl Gustav Jung , l'inconscient collectif constitue « une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux ».
L’inconscient selon Jung comporte plusieurs dimensions. « Il ne s’agit pas de nier l’inconscient freudien mais de voir qu’il y a une couche beaucoup plus profonde d’inconscient dans lequel le sujet n’est plus enfermé sur lui-même mais ouvert à de l’inconnu » explique Michel Cazenave qui ajoute : « Il ne faut pas rester dans l’idée d’une créature qui est complètement enfermée dans son histoire personnelle. Ma psychologie n’est jamais que le champ dans lequel se manifeste quelque chose qui est bien au-delà de moi. C’est la différence fondamentale avec Freud. Pour lui, nous naissons ‘table rase’ et nous ne sommes que le résultat de toutes nos expériences, de nos refoulements. »

Dans l’âme, Jung distingue trois degrés : 1. La conscience ; 2. L’inconscient personnel (contenus oubliés ou refoulés, perceptions sensibles qui n’ont jamais atteint la conscience tout en pénétrant dans la psyché) ; 3. L’inconscient collectif, héritage de possibilité représentatives, qui n’est pas individuel, mais généralement humain, même généralement animal, et constitue le fondement proprement dit du psychisme individuel. Jung ajoute : « l’inconscient qui est l’ensemble de tous les archétypes, est le dépôt de tout ce que l’humanité a vécu, en remontant à ses plus obscurs commencements, non pas un dépôt mort, sorte de champ de ruines abandonnées – mais un système de réactions et de disponibilités qui déterminent la vie individuelle par des voies invisibles et par suite, d’autant plus efficaces. »

Dans L’Ultime Voyage, la conscience et le mystère de la mort, le psychiatre Stanislav Grof relate un cas qui selon lui illustra magistralement l’existence de cet inconscient jungien. Lorsqu’il travaillait à l’Institut de recherche psychiatrique de Prague, il avait pour patient Otto, un jeune homme qui souffrait de dépression et thanatophobie, une peur pathologique de la mort. Au cours de l’une de ses séances, Otto vécut une séquence très forte de mort et renaissance psychospirituelle. « Il eut la vision d’une divinité porcine terrifiante qui gardait l’entrée d’un souterrain sinistre. Au même instant, il éprouva le besoin impérieux de dessiner un motif géométrique précis. » Sanislav Grof raconte qu’Otto usa beaucoup de papier à essayer de dessiner « comme il fallait » de mystérieux motifs géométriques.

Il ne comprit pas cet épisode, et n’en eut la clé que bien des années plus tard, après sa rencontre avec le mythologue Joseph Campbell, à qui il raconta un jour ce qui était arrivé à Otto. « Comme c’est intéressant ! » s’exclama Joseph, et sans l’ombre d’une hésitation : « C’était visiblement la Mère Cosmique de la Nuit de la Mort, la déesse mère des Malékuléens de Nouvelle Guinée. » Joseph Campbell expliqua alors à Stanislav Grof que cette divinité avait l’apparence d’une figure féminine effrayante, aux traits nettement porcins. « D’après la tradition malékuléenne, elle se tenait à l’entrée du monde souterrain et gardait le labyrinthe sacré, très complexe. (…) Au cours de leur vie, les Malékuléens passaient beaucoup de temps à dessiner des labyrinthes, car la maîtrise de cet art était considérée comme essentielle à la réussite de leur voyage dans l’au-delà. »

Pour quelqu’un qui comme Otto, souffre de thanatophobie, le choix du symbolisme malékuléen semble particulièrement adapté. Mais dans ce cas, elle resta un mystère. « Le fait que ni moi, ni Otto n’avions la moindre connaissance intellectuelle de la culture malékuléenne corrobore une nouvelle fois la notion jungienne d’inconscient collectif » conclut Stanislav Grof.


http://www.inrees.com/articles/spiritualite-Jung-%20Cinq-decennies-plus-tard/

lundi 28 avril 2014

"LA DIVINE MATRICE"


Il existe un lieu où commencent toutes choses, un endroit de pure énergie qui "est", tout simplement. Dans cet incubateur quantique de la réalité, tout est possible. Nos succès et nos échecs personnels, l'abondance et les manques, la guérison et les maladies, nos plus profonds désirs comme nos plus grandes craintes, tout commence dans cette "soupe" de potentialité.

Au moyen des créateurs de réalité que sont l'imagination, l'espoir, le jugement, la passion et la prière, nous donnons l'existence à chaque possibilité. Par nos croyances - quant à ce que nous sommes, à ce que nous avons et n'avons pas, à ce qui devrait être et ne devrait pas -, nous créons nos plus grandes joies comme nos moments les plus sombres.

Pour maîtriser cette pure énergie, il faut d'abord en connaître l'existence, en comprendre le fonctionnement et, enfin, parler le langage qu'elle reconnaît. Toutes choses nous deviennent disponibles, en tant qu'architectes de la réalité, dans ce lieu où le monde commence : le pur espace de la Divine Matrice.

La Divine Matrice est le contenant de l’univers, le pont reliant toutes choses entre elles, et le miroir qui nous montre ce que nous avons créé.

Alors que je faisais une randonnée pédestre dans un petit canyon de la région de Four Corners [des Quatre Coins], dans le nord-ouest du Nouveau-Mexique, par une fin d'après-midi d'octobre, j'eus la surprise de voir un sage amérindien posté au sommet d'une petite déclivité vers laquelle je me dirigeais. Je me demandai depuis combien de temps il se trouvait là…

Je suis souvent allé marcher dans ce lieu, m'imprégnant de l'étrange beauté du paysage et m'efforçant de ressentir le passé. En cette fin d'après-midi d'octobre, le sage amérindien et moi étions venus tous deux dans ce coin isolé pour la même raison. Alors que nous partagions nos croyances sur les secrets que recèle encore ce site, mon nouvel ami me raconta une histoire.

Il y a longtemps ...

" Il y a longtemps, notre monde était très différent de ce qu'il est aujourd'hui. Il y avait moins de gens et l'on vivait plus près de la terre. On connaissait le langage de la pluie, des récoltes et du Grand Créateur. On savait même parler aux étoiles et aux peuples du ciel. On était conscient que la vie est sacrée et provient du mariage de la Terre mère et du Ciel père. À cette époque, il y avait un équilibre et les gens étaient heureux. "

Je sentis s'éveiller en moi quelque chose de très ancien en entendant la douce voix de cet homme se répercuter sur les parois de grès autour de nous. Soudain, cette voix prit des accents de tristesse.

" Il s'est alors produit quelque chose, dit-il. Personne ne sait vraiment pourquoi, mais les gens se sont mis à oublier qui ils étaient. Ils se sont alors sentis séparés de la terre, des autres et même de celui qui les avait créés. Perdus, ils erraient dans la vie sans aucune direction. Ainsi séparés, ils croyaient qu'ils devaient combattre pour survivre dans ce monde et qu'il leur fallait se défendre contre ces mêmes forces de vie avec lesquelles ils vivaient auparavant en harmonie et en lesquelles ils avaient confiance. Bientôt, ils employèrent toute leur énergie à se protéger de leur environnement au lieu de faire la paix avec leur monde intérieur. "

Cette histoire éveilla aussitôt en moi des résonances. En écoutant cet homme, j'avais l'impression qu'il me décrivait les humains d'aujourd'hui! Notre civilisation, à l'exception de certaines cultures isolées qui ont conservé leurs traditions, est assurément focalisée davantage sur le monde qui l'entoure que sur le monde intérieur…

" Même s'ils avaient oublié qui ils étaient, l'héritage de leurs ancêtres demeurait en eux, poursuivit-il. Ils en avaient encore le souvenir. La nuit, dans leurs rêves, ils savaient qu'ils possédaient le pouvoir de guérir leur corps, de faire tomber la pluie quand ils en avaient besoin, et de parler à leurs ancêtres. Ils savaient qu'ils pourraient retrouver leur place dans la nature. "

" Tandis qu'ils essayaient de se rappeler qui ils étaient, ils commencèrent à construire à l'extérieur d'eux des choses qui leur rappelaient qui ils étaient à l'intérieur. Avec le temps, ils construisirent même des machines pour guérir, des produits chimiques pour faire pousser leurs récoltes, et des réseaux de fils pour communiquer sur de longues distances. Plus ils s'éloignèrent de leur pouvoir intérieur, plus leur vij extérieure s'encombra de choses dont ils "croyaient qu'elles pouvaient les rendre heureux. "

En l'écoutant, j'établissais l'inévitable parallèle entre les gens dont il me parlait et notre civilisation d'aujourd'hui. Celle-ci s'est enfoncée dans l'incapacité de créer un monde meilleur. Nous nous sentons si souvent impuissants en voyant nos êtres chers en proie à la douleur et aux dépendances. Nous nous croyons inaptes à soulager la souffrance causée par d'horribles maladies qu'aucun être vivant ne devrait subir. Nous ne pouvons qu'espérer la paix qui nous ramènera nos jeunes gens soumis à la terreur des champs de bataille étrangers. Et, ensemble, nous nous sentons insignifiants en présence d'une menace nucléaire grandissante tandis que le monde se divise selon les croyances religieuses, les races et les frontières.

Il semble que plus nous nous éloignons de notre relation naturelle avec la terre, avec notre corps et avec Dieu, plus nous sommes vides. Nous tentons alors de combler ce vide intérieur par des "choses"…

Quand les jeux vidéo, les films, les relations virtuelles en ligne et la communication électronique sont des nécessités, qu'ils sont devenus des substituts de la vie réelle et des rencontres face à face, c'est peut-être un signe que la société est en danger. Bien que les médias électroniques rendent sûrement la vie plus intéressante, ils constituent peut-être aussi des signaux avertisseurs nous disant à quel point nous nous sommes éloignés de notre pouvoir de mener une existence riche, saine et signifiante.

De plus, quand notre préoccupation est d'éviter la maladie plutôt que de vivre en santé, d'échapper à la guerre au lieu de collaborer à la paix, et de créer de nouvelles armes au lieu de vivre dans un monde où les conflits armés sont désuets, il est évident que la voie sur laquelle nous sommes engagés est celle de la survie. En ayant une telle attitude, personne n'est vraiment heureux car personne ne "gagne" réellement. Quand on se rend compte que l'on vit ainsi, il faut absolument changer de cap. C'est précisément là l'objet de ce livre et voilà pourquoi je rapporte cette histoire.

" Comment l'histoire se termine-t-elle ? demandai-je au sage. Les gens ont-ils retrouvé leur pouvoir et se sont-ils souvenus de qui ils étaient? "

Le soleil avait disparu derrière les parois du canyon et je pouvais maintenant voir très bien cet homme à qui je parlais. Il avait la peau noircie. Ma question le fit sourire. Au bout d'un moment, il murmura: " Nul ne le sait car elle n'est pas finie. Les gens qui se sont perdus, ce sont nos ancêtres, et c'est nous qui écrivons la fin de l'histoire. Que pensez-vous qu'il est arrivé? " …

Les implications de l'histoire racontée par le sage du canyon sont vastes. On croit communément que les anciennes civilisations étaient technologiquement moins avancées que la société moderne. S'il est vrai que ces peuples ne disposaient pas de notre science "moderne" pour régler leurs problèmes, ils avaient peut-être cependant quelque chose de mieux…

Se pourrait-il que ces anciennes civilisations, comme celles de l'Égypte, du Pérou ou du désert du Sud-Ouest américain, aient disposé d'une technologie si avancée qu'elles n'avaient nullement besoin de grille-pain ni de magnétoscopes ? Peut-être avaient-elles transcendé le besoin d'un monde extérieur complexe et encombré. Peut-être possédaient-elles une connaissance d'elles-mêmes leur procurant la technologie intérieure permettant de vivre autrement. Une connaissance que nous avons oubliée. Cette sagesse aurait pu leur donner tout ce dont elles avaient besoin pour vivre et guérir d'une manière que nous comprenons à peine.

Si c'est le cas, peut-être n'avons-nous pas besoin de chercher ailleurs que dans la nature qui nous sommes et quel est notre rôle réel dans la vie. Et peut-être que le savoir le plus profond est déjà disponible dans les mystérieuses découvertes du monde quantique. Au cours du siècle dernier, les physiciens ont découvert que le matériau dont l'univers et nos corps sont constitués ne suit pas toujours les strictes lois de la physique considérées comme sacrées durant presque trois siècles. En fait, à la plus petite échelle de notre monde, les particules dont nous sommes faits enfreignent les règles selon lesquelles nous sommes séparés les uns des autres et limités dans notre existence. En effet, quand il s'agit des particules, tout semble interconnecté et infini.

Ces découvertes portent à croire qu'il y a quelque chose en chacun de nous qui n'est pas limitée par le temps ni par l'espace, ni même par la mort. La conclusion qui ressort de ces découvertes, c'est que nous semblons vivre dans un univers " non localisé ", où tout est toujours interconnecté.

Dean Radin, de l'Institut des sciences noétiques, fut l'un des premiers à s'interroger sur le sens de notre vie dans un tel monde. " La non-localisation, explique-t-il, signifie que des choses qui nous paraissent séparées ne le sont pas en réalité. " Certains aspects de nous, affirme-t-il, s'étendent au-delà de l'ici-maintenant et nous permettent de traverser tout l'espace-temps. Autrement dit, le "nous" qui vit dans notre corps physique n'est pas limité par la chair qui constitue ce dernier.

Quel que soit le nom donné à ce mystérieux " quelque chose ", nous le possédons tous ; et le nôtre se mêle à celui de tous les autres dans ce champ d'énergie où baignent toutes choses. On croit que ce champ est le filet quantique qui unit l'univers entier, le modèle énergétique et infiniment microscopique de tout, de la guérison du corps à l'établissement de la paix mondiale. Pour reconnaître notre véritable pouvoir, nous devons comprendre la nature et le fonctionnement de ce champ.

Si les Anciens de ce canyon du nord du Nouveau-Mexique, ou de n'importe où ailleurs dans le monde, comprenaient le fonctionnement de cette partie oubliée de nous, il est tout à fait approprié que nous honorions le savoir de nos ancêtres et appliquions leur sagesse à notre époque.

Sommes-nous réellement connectés ?

La science moderne est en bonne voie de résoudre l'un des plus grands mystères de tous les temps. Il n'en sera sans doute pas fait mention dans les bulletins de nouvelles télévisés ni dans les grands journaux. Pourtant, après sept décennies de recherches, ce domaine de la science que l'on appelle la " nouvelle physique " en arrive à une conclusion incontournable.

Tout ce qui existe dans notre monde est connecté à tout le reste.

Voilà! Cette nouvelle-là change tout, car elle ébranle absolument les fondements de la science contemporaine.

" D'accord, direz-vous, mais nous avons déjà entendu ça. Qu'y a-t-il de nouveau dans cette conclusion? Que signifie réellement le fait d'être ainsi connectés? " Ce sont là des questions très pertinentes, et leurs réponses vous surprendront. Ce qu'il y a de nouveau dans ces découvertes par rapport à ce que nous croyions auparavant, c'est que l'on ne se contente pas de nous dire que cette connexion existe…

En plus de prouver que nous sommes liés à tout, la recherche démontre maintenant que la connexion existe à cause de nous. Notre connexion nous donne le pouvoir d'orienter notre vie comme nous le souhaitons. Qu'il s'agisse de notre quête d'amour, de la guérison de nos proches ou de la réalisation de nos plus profondes aspirations, nous faisons partie intégrante de tout ce que nous expérimentons quotidiennement.

Puisque ces découvertes nous démontrent que nous pouvons utiliser notre connexion consciemment, il en découle que nous pouvons puiser à même le pouvoir qui anime l'univers entier. Par l'unité qui vit en chacun de nous, tous les humains de cette planète sont liés directement à cette même force qui crée toutes choses, des atomes aux étoiles, jusqu'à l'ADN de la vie!

Un détail essentiel toutefois: ce pouvoir est dormant et nous devons l'éveiller. Pour ce faire, il nous faut modifier légèrement notre vision de nous-mêmes dans le monde… nous pouvons, grâce à un petit changement de perception, puiser à la plus grande force de l'univers pour résoudre les situations les plus difficiles. Cela se produit quand nous acceptons de voir différemment notre rôle dans le monde.

Comme l'univers nous semble vraiment énorme, presque trop vaste pour notre pensée, commençons par nous voir différemment dans la vie quotidienne. Le "petit changement" dont nous avons besoin, c'est de nous voir comme une partie du monde plutôt que séparés de lui. Pour être convaincus que nous ne faisons vraiment qu’un avec tout ce que nous voyons et expérimentons, nous devons comprendre comment nous y sommes liés et ce que signifie cette connexion.

Pour puiser à même la force de l’univers, nous devons nous voir comme une partie du monde plutôt que séparés de lui.

Par la connexion qui unit toutes choses, le "matériau" dont est fait l'univers (des ondes et des particules d'énergie) semble violer les règles du temps et de l'espace que nous connaissons. Bien que les détails fassent songer à de la science-fiction, ils sont très réels. Par exemple, on a observé des particules de lumière (photons) se bilocaliser, c'est à dire se retrouver à deux endroits distants de plusieurs kilomètres, exactement au même instant.

Qu'il s'agisse de notre ADN ou des atomes constituant toutes choses, les objets de la nature paraissent partager de l'information plus rapidement que la vitesse maximale prédite par Albert Einstein, celle de la lumière. Au cours de certaines expériences, les données sont même parvenues à destination avant d'avoir quitté leur lieu d'origine ! On a toujours considéré de tels phénomènes comme des impossibilités; pourtant, non seulement ils sont apparemment possibles, mais ils nous montrent peut-être quelque chose de plus que d'intéressantes anomalies de petites unités de matière. La liberté de mouvement dont font preuve les particules quantiques révèle peut-être comment fonctionne le reste de l'univers quand nous regardons au-delà de nos connaissances de la physique.

Bien que ces résultats semblent appartenir au scénario d'un épisode de la série télévisée futuriste Star Trek, ils sont maintenant observés par des scientifiques d'aujourd'hui. Individuellement, les expériences qui produisent de tels effets sont certainement fascinantes et méritent qu'on s'y intéresse. Prises dans l'ensemble, cependant, elles indiquent aussi que nous ne sommes peut-être pas autant limités par les lois de la physique que nous le croyons. Peut-être que les choses peuvent voyager plus vite que la lumière et peut-être qu'elles peuvent être à deux endroits à la fois ! Et si elles le peuvent, le pouvons-nous?

Ce sont précisément ces possibilités qui captivent les innovateurs et excitent notre imagination. C'est par la combinaison de l'imagination - l'idée de quelque chose qui pourrait être - et d'une émotion qui donne vie à une possibilité que celle-ci devient réalité. La manifestation commence par la volonté d'admettre dans nos croyances quelque chose qui, prétendument, n'existe pas. Nous créons ce "quelque chose" par la force de la conscience…

Cependant, pour que les idées imaginaires d'un moment du temps deviennent la réalité d'un autre moment du temps, ces deux moments doivent être liés par quelque chose. Il doit donc y avoir dans le tissu de l'univers une connexion entre les imaginations passées et les réalités présentes ou futures. Einstein croyait fermement que le passé et le futur étaient intimement liés dans la quatrième dimension, une réalité qu'il appelait espace-temps. " La distinction entre le passé, le présent et le futur, disait-il, n'est qu'une illusion bêtement persistante. "

Ainsi, nous découvrons et commençons à peine à comprendre que nous sommes connectés non seulement à tout ce que nous voyons aujourd'hui dans notre vie, mais aussi à tout ce qui a jamais existé, de même qu'à des choses qui n'existent pas encore. En outre, ce dont nous faisons l'expérience maintenant est le résultat d'événements qui se sont produits (au moins en partie) dans une sphère de l'univers qui nous est invisible.

Les implications de cette relation sont énormes. Dans un monde où un champ énergétique intelligent relie toutes choses, de la paix globale à la guérison personnelle, ce qui autrefois passait pour miraculeux ou fantastique devient soudain possible dans notre vie.

Ayant à l'esprit cette connexion, nous devons maintenant considérer d'une toute nouvelle manière notre rapport à la vie, à notre famille et même à nos relations fortuites. Que nos expériences soient bonnes ou mauvaises, on ne peut plus les écarter comme des événements accidentels, qu'elles soient porteuses de la plus grande joie comme de la plus horrible souffrance humaine. Il est évident que le secret de la guérison, de la paix, de l'abondance, ainsi que de la création d'expériences, de carrières et de relations qui nous rendent heureux, réside dans la compréhension de notre connexion profonde à tout ce qui existe dans notre réalité.


La recherche de la Matrice

Je me souviens de la première fois où j'ai parlé de notre connexion à mon ami indigène rencontré dans le canyon. L’ayant croisé par hasard dans un marché local, je lui fis part avec enthousiasme d'une information que je venais tout juste de lire dans un communiqué de presse. On avait découvert un " nouveau" champ d'énergie, un champ unifiant différent de toute énergie connue.

" C'est ce champ d'énergie qui unit tout ! m'exclamai-je. Il nous unit au monde, il nous connecte les uns aux autres et nous relie même à l'univers au-delà de la Terre, tout comme nous en avons parlé l'autre jour. "

À sa manière typique, mon ami se tut pendant quelques secondes, par respect pour mon enthousiasme, puis il respira profondément et répliqua, avec sa franchise coutumière: " Donc, vous avez découvert que tout est lié. C'est ce que notre peuple affirme depuis toujours. Il est bon que votre science s'en soit également aperçue! " S'il est exact qu'un champ d'énergie intelligent joue un rôle aussi important dans le fonctionnement de l'univers, pourquoi ne l'avons-nous pas découvert plus tôt? …

Bien que ce qui unit l'univers demeure un mystère, on a souvent tenté de lui attribuer un nom afin d'en reconnaître l'existence. Dans les soutras bouddhistes, par exemple, le royaume du grand dieu Indra est décrit comme le lieu d'origine de la toile qui unit tout l'univers: " Très loin, dans la résidence céleste du grand dieu Indra, un merveilleux filet a été suspendu par un habile artificier, de manière à s'étendre à l'infini dans toutes les directions. "

Dans la cosmogonie des Hopis, le présent cycle de notre monde a commencé il y a longtemps, quand la grand-mère Araignée a émergé du vide. Elle s'est aussitôt empressée de tisser la grande toile qui lie toutes choses, créant ainsi le lieu où ses enfants vivraient.

Depuis les anciens Grecs, ceux qui ont cru à un champ d'énergie universel reliant toutes choses le nommaient simplement l'éther. Dans la mythologie grecque, l'éther constituait l'essence de l'espace lui-même et il était "l'air respiré par les dieux". Pour Pythagore et Aristote, il était le mystérieux cinquième élément de la création, après les quatre éléments traditionnels : le feu, l’air, l’eau et la terre. Plus tard, les alchimistes ont continué à utiliser la terminologie des Grecs pour décrire notre monde. Cette terminologie a perduré jusqu'à la naissance de la science moderne.

À l'encontre de l'opinion traditionnelle de la plupart des scientifiques d'aujourd'hui, certains des plus grands esprits de l'histoire non seulement croyaient à l'existence de l'éther, mais ils sont allés encore plus loin. Ils ont dit que l'éther était nécessaire au fonctionnement des lois de la physique. Au XVIIe siècle, sir Isaac Newton, le "père" de la science moderne, employa le mot éther pour décrire une substance invisible imprégnant l'univers entier et qu'il croyait responsable de la gravité ainsi que de toutes les sensations du corps. Il le concevait comme un esprit vivant, même s'il reconnaissait que le matériel pouvant en démontrer l'existence n'était pas disponible à son époque.

Il fallut attendre le XIXe siècle pour que James Clerk Maxwell, qui proposa la théorie électromagnétique, offre formellement une description scientifique de l'éther unissant toutes choses. Il le décrivit comme "une substance matérielle plus subtile que les corps visibles et censée exister dans ces parties de l'espace apparemment vides".

Au début du XXe siècle, certains des esprits scientifiques les plus respectés utilisaient encore l'ancienne terminologie pour désigner l'essence qui remplit l'espace vide. Ils concevaient l'éther comme une substance réelle ayant une consistance se situant quelque part entre la matière physique et l'énergie pure. Ils en déduisaient que c'était grâce à l'éther que les ondes lumineuses pouvaient se déplacer d'un point à un autre dans ce qui paraissait un espace vide…

Même après que ses théories eurent semblé écarter le besoin de l'existence de l'éther dans l'univers, Einstein lui-même croyait que l'on découvrirait quelque chose qui expliquerait ce qui occupe le vide de l'espace. Il dit: "L’espace est impensable sans l'éther." Tout comme Lorentz et les anciens Grecs, qui considéraient cette substance comme le conduit servant au déplacement des ondes, Einstein affirma que l'éther était nécessaire à l'existence des lois de la physique. "Dans un tel espace [sans éther], non seulement la lumière ne se propagerait pas, mais les normes de l'espace et du temps ne pourraient absolument pas exister." …

Aujourd'hui, la simple mention du champ éthérique déclenche encore un débat sur son existence. Du même coup, cela rappelle la célèbre expérience qui devait prouver une fois pour toutes l'existence ou la non-existence de ce champ. Comme c'est souvent le cas dans ce genre de recherche, le résultat suscita plus de questions et de controverses qu'il n'en régla.


Une brève histoire de la physique : des règles différentes pour des mondes différents

La science est simplement un langage servant à décrire la nature ainsi que notre relation avec elle et avec l'univers. Et elle n'est qu'un seul langage; d'autres (1'alchimie et la spiritualité, par exemple) furent utilisés longtemps avant l'apparition de la science moderne… "Que faisait-on avant que la science existe? Savait-on quelque chose de notre monde?" La réponse est un oui retentissant! On savait beaucoup de choses à propos de l'univers.

Ce que l'on savait fonctionnait si bien que l'on disposait ainsi d'une structure complète pour comprendre tout depuis les origines de la vie: pourquoi nous tombons malades et comment y remédier, ou comment calculer les cycles du soleil, de la lune et des étoiles. Même si cette connaissance n'était évidemment pas formulée dans le langage technique auquel nous sommes habitués, elle fournissait une explication satisfaisante du comment et du pourquoi des choses; si satisfaisante, en fait, que la civilisation a pu exister durant cinq millénaires sans s'appuyer sur la science que nous possédons aujourd'hui.

On fait généralement débuter l'ère scientifique au XVIIe siècle. C'est en juillet 1687 qu'Isaac Newton officialisa les mathématiques qui décrivent notre monde quotidien, dans son ouvrage Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (Principes mathématiques de la philosophie naturelle)

Pendant plus de deux siècles, les observations de Newton sur la nature ont constitué le fondement de la science appelée à ce jour "physique classique". Avec les théories de Maxwell sur l'électricité et le magnétisme, à la fin du XIXe siècle, ainsi que la théorie d'Einstein sur la relativité, au début du XXe, la physique classique a connu d'énormes succès, parvenant à expliquer les phénomènes du monde visible, comme le mouvement des planètes ou celui des pommes qui tombent des arbres. Elle nous a si bien servis que nous avons pu calculer les orbites de nos satellites et même envoyer un homme sur la Lune.

La définition de la physique quantique est incluse dans son nom. Quantum signifie "une quantité déterminée d'énergie électromagnétique"; il s'agit donc du matériau dont est constitué notre monde quand nous le réduisons à son essence. Les physiciens quantiques ont découvert très tôt que ce qui nous paraît un monde solide ne l'est pas du tout en réalité. L’analogie suivante nous aide à comprendre pourquoi.

Quand nous sommes au cinéma, nous savons que l'histoire qui se déroule sur l'écran est une illusion. L’idylle ou la tragédie qui nous émeut est en réalité le résultat de plusieurs images fixes projetées en une succession très rapide pour créer l'impression d'une histoire continue. Tandis que nos yeux voient ces images cadre par cadre, notre cerveau les unit en un mouvement que nous percevons comme ininterrompu.

Les physiciens quantiques croient que notre monde fonctionne à peu près de la même façon… De la même façon que plusieurs images qui s'enchaînent rendent un film si réel, la vie se produit en de minuscules jaillissements de lumière appelés " quanta ". Les quanta de la vie se produisent si rapidement que, à moins que notre cerveau ne soit entraîné à fonctionner différemment (comme dans certaines formes de méditation), il partage simplement les pulsations de manière à créer l'action ininterrompue que nous voyons chez le footballeur ou la patineuse.

La physique quantique est donc l'étude des choses qui se passent à la très petite échelle des forces qui sous-tendent notre monde physique. La différence de fonctionnement entre le monde quantique et le monde de tous les jours a créé deux écoles de pensée parmi les physiciens contemporains : l'école classique et l'école quantique. Chacune a ses propres théories.

Le grand défi, c'est d'unir ces deux pensées très différentes en une seule vision de l'univers, une théorie unifiée. Pour ce faire, il faut que quelque chose remplisse l'espace que nous concevons comme vide. Mais qu'est-ce qui pourrait bien l'occuper, cet espace ? …

Qu'y a-t-il dans l'espace vide ?

Les scientifiques croient que plus de 90 % du cosmos "manque" et nous paraît un espace vide. Cela signifie que, de tout l'univers tel que nous le connaissons, 10 % seulement est occupé. Croyez-vous vraiment qu'il n'existe que ce 10 % de la création que nous occupons? Et qu'y a-t-il dans l'espace que nous pensons "vide"?

S'il est vraiment vide, il faut alors répondre à la question suivante: comment voyagent d'un endroit à un autre les ondes d'énergie qui transmettent tout, de vos appels par téléphone cellulaire à la lumière qui vous permet de lire ces lignes? Tout comme l'eau transporte les ondulations créées par la pierre qu'on y jette, il doit exister quelque chose qui transporte d'un point à un autre les vibrations de la vie. Si c'est bien le cas, cependant, nous devons rejeter l'un des principaux dogmes de la science moderne: la croyance que l'espace est vide.

Lorsque nous aurons résolu le mystère de la nature de l'espace, nous aurons fait un grand pas vers la compréhension de notre propre nature et de notre relation au monde. Comme nous le verrons plus loin, cette question est vieille comme l'humanité. De plus, nous découvrirons que nous avons toujours détenu la réponse.

Cette impression d'être connectés les uns aux autres ainsi qu'à notre monde et à l'univers est une constante, depuis l'histoire aborigène gravée dans les falaises d'Australie (que l'on croit maintenant âgées de plus de 20 000 ans) aux fresques des temples de l'Égypte ancienne et à l'art rupestre du Sud-Ouest américain. Même si cette croyance semble aujourd'hui plus forte que jamais, la nature précise de ce qui nous unit demeure controversée. Pour que nous soyons connectés, il doit absolument exister quelque chose qui effectue cette connexion. Les poètes, les philosophes, les scientifiques et tous ceux qui cherchent des réponses au-delà des idées convenues ont le sentiment qu'il y a réellement quelque chose dans ce vide que nous appelons " l'espace ".

Des choses qui ont déjà été unies demeurent toujours connectées entre elles, quelles soient physiquement unies ou non.

Aussi énorme que puisse nous paraître à ce jour notre univers, et sans compter les milliards d'années-lumière que met la lumière de l'étoile la plus lointaine pour parvenir jusqu'à nous, il fut un temps où toute la matière de l'univers était comprimée dans un très petit espace. Dans cet état de compression inimaginable, tout était physiquement uni. Alors que l'énergie du big-bang provoqua l'expansion de notre univers, les particules de matière devinrent séparées par un espace de plus en plus grand.

Les expériences semblent indiquer que, quel que soit l'espace séparant deux objets, ceux-ci restent toujours connectés s'ils ont déjà été unis. Nous avons toutes les raisons de croire que l'état d'întrication qui lie les particules que l'on sépare aujourd'hui s'applique également au matériau dont est fait notre univers et qui était uni avant le big-bang. Techniquement, tout ce qui était fusionné en ce cosmos de la taille d'un pois, il y a de 13 à 20 milliards d'années, est toujours interconnecté! Et l'énergie qui effectue cette connexion est ce que Planck appelait la "matrice" de toutes choses.

Aujourd'hui, la science moderne a affiné notre compréhension de la matrice de Planck, la décrivant comme une forme d'énergie qui a toujours été présente partout depuis le big-bang du début des temps. L’existence de ce champ implique trois principes ayant une influence directe sur notre vie, nos actions, nos croyances et même sur ce que nous ressentons au quotidien. Il est vrai que ces idées sont en parfaite contradiction avec plusieurs croyances scientifiques et spirituelles établies. En même temps, toutefois, ce sont justement ces principes qui nous procurent une vision émancipatrice du monde et de la vie.

   1. Le premier principe indique que toutes choses sont interconnectées parce que tout existe à l'intérieur de la Divine Matrice. Si c'est le cas, ce que nous faisons dans une partie de notre vie doit avoir une influence sur les autres parties.

   2. Le deuxième principe affirme que la Divine Matrice est holographique, ce qui signifie que toute portion du champ contient tout ce qui existe dans le champ. La conscience elle-même serait holographique, ce qui signifie que la prière que nous faisons dans notre salon, par exemple, existe déjà chez les êtres chers pour qui nous prions. Autrement dit, nul besoin d'envoyer nos prières nulle part puisqu'elles sont déjà partout.

   3. Le troisième principe part du fait que le passé, le présent et le futur sont intimement liés. La Matrice semble être le contenant du temps, procurant la continuité entre nos choix présents et nos expériences futures.

Quel que soit le nom que nous lui donnions et quelle que soit la définition qu'en fournissent la science et la religion, il est évident qu'il y a là quelque chose - une force, un champ ou une présence - constituant ce "grand filet" qui nous lie les uns aux autres ainsi qu'à notre monde et à un pouvoir supérieur.

Si nous saisissons vraiment ce que signifient ces trois principes quant à notre relation aux autres, à l'univers et à nous-mêmes, les événements de notre vie prendront un tout nouveau sens. Nous deviendrons des participants, non des victimes, de forces que nous ne pouvons ni voir ni comprendre. Ce sera le véritable début de notre émancipation…


Une technologie intérieure pour changer notre monde

En définitive, que nous apprennent donc [ les trois expériences de Poponin, des Forces armées américaines et de HearthMath ] sur notre relation au monde ? Elles ont comme dénominateur commun l'ADN humain…

Dans la première expérience, Poponin nous a démontré que l'ADN humain exerce une influence directe sur la vibration de la lumière. La deuxième expérience, celle des militaires, nous a appris que nous sommes toujours connectés aux molécules de notre ADN et que l'effet est le même, que celles-ci se trouvent dans la même pièce que nous ou à des centaines de kilomètres. Dans la troisième expérience, les chercheurs de HeartMath ont fait la preuve que l'émotion humaine exerce une influence directe sur l'ADN, lequel, en retour, influence directement le matériau dont est constitué notre monde. Voici le début d'une technologie - une technologie intérieure - qui fait davantage que nous apprendre que nous pouvons exercer une influence directe sur notre corps et sur notre monde. Elle nous montre que cette influence existe et aussi comment elle fonctionne !

Toutes ces expériences conduisent à deux conclusions semblables qui sont au cœur de ce livre :

   1. Il y a quelque chose "dans l'espace" : la matrice d'une énergie qui connecte chaque chose à tout le reste de l'univers. Ce champ connecteur est responsable des résultats inattendus de ces expériences.

   2. L’ADN de notre corps nous donne accès à l'énergie qui interconnecte notre univers, et l'émotion nous permet de puiser à même ce champ.

De plus, ces expériences nous montrent que notre connexion au champ est l'essence de notre existence. Si nous saisissons le fonctionnement de ce champ et comprenons comment nous y sommes connectés, nous aurons tout ce qu'il faut pour appliquer dans notre vie ce que nous savons de lui.

Je vous invite à réfléchir à la signification possible de ces résultats et de ces conclusions dans votre vie. Quel problème ne peut être résolu, quelle maladie ne peut être guérie et quelle conditionne peut être améliorée si nous sommes en mesure de puiser à même cette force et de modifier le modèle quantique qui en est à l'origine? Ce modèle est le champ d'énergie auparavant inconnu que Max Planck a défini comme "l'Esprit intelligent et conscient ".


La Divine Matrice

Les expériences démontrent que la Matrice est faite d'une énergie différente de toutes celles que nous connaissions déjà et c'est pourquoi les scientifiques ont mis tant de temps à la découvrir. Appelée "énergie subtile", elle ne fonctionne tout simplement pas comme un champ électrique conventionnel. Elle paraît plutôt être une toile tissée serrée qui constitue le tissu de la création que je nomme Divine Matrice.

Nous pourrions décrire cette Matrice de plusieurs façons, mais le plus simple est peut-être de la concevoir sous les trois aspects suivants: 1) le contenant de l'univers; 2) le pont entre notre monde intérieur et notre monde extérieur; 3) le miroir reflétant nos pensées, nos sentiments, nos émotions et nos croyances.

Il existe trois autres attributs distinguant la Divine Matrice de toute autre forme d'énergie. Premièrement, on peut dire qu'elle est toujours omniprésente et qu'elle existe déjà. Contrairement à une émission de radio ou de télévision, que l'on doit créer quelque part avant de l'envoyer ailleurs pour qu'elle y soit reçue, ce champ semble être déjà partout.

Deuxièmement, ce champ semble être apparu en même temps que la création, avec le big-bang, ou quel que soit le nom donné à ce " commencement ". À l'évidence, personne ne peut nous dire ce qu'il y avait avant, mais les physiciens croient que la libération massive d'énergie qui a projeté notre univers dans l'existence fut l'acte même de création de l'espace.

… Nous pouvons concevoir la Divine Matrice comme un écho de ce moment où commença le temps, ainsi qu'un lien fait de temps et d'espace qui nous connecte à la création de tout. C'est la nature de cette connexion omniprésente qui permet la non-localisation des choses existant à l'intérieur de la Matrice.

Troisièmement, et c'est peut-être la caractéristique la plus significative pour notre vie, ce champ paraît doté d'" intelligence ". En d'autres mots, il réagit à l'émotion humaine. Dans le langage d'une autre époque, les anciennes traditions ont fait de leur mieux pour nous transmettre ce grand secret. Nos prédécesseurs nous ont laissé, inscrites sur les murs des temples, écrites sur parchemin et enracinées dans la vie même des gens, les instructions en vue de communiquer avec l'énergie qui interconnecte tout. Ils ont tenté de nous montrer comment guérir notre corps et insuffler la vie à nos plus profonds désirs ainsi qu'à nos plus grands rêves. C'est seulement maintenant, presque 5 000 ans après que fut consignée la première de ces instructions, que le langage scientifique redécouvre cette relation entre nous et notre monde.

L’énergie découverte lors de ces expériences (et théorisée par d'autres) est si nouvelle que les scientifiques n'ont pas encore convenu d'un terme pour la désigner. Ainsi, on emploie plusieurs mots pour identifier ce champ qui interconnecte toutes choses. Par exemple, Edgar Mitchell, ex-astronaute d'Apollo, l'appelle " Esprit de la nature ". Le physicien et coauteur de la théorie des supercordes, Michio Kaku, l'a qualifié d'" hologramme quantique ". Ce sont là des étiquettes modernes servant à désigner la force cosmique que l'on croit responsable de l'existence de l'univers, mais nous trouvons des thèmes et même des mots similaires dans des textes écrits des milliers d'années avant l'apparition de la physique quantlque.

Au IVe siècle, par exemple, les évangiles gnostiques utilisaient aussi le mot esprit pour désigner cette force en décrivant comment " du pouvoir du silence naquit "un grand pouvoir, l'Esprit de l'Univers, qui gère toutes choses". Malgré leur différence, tous ces termes semblent désigner la même chose : l'essence divine constituant le tissu de notre réalité.

C'est à cet esprit que Max Planck fit allusion en 1944, au cours d'une conférence qu'il prononça à Florence, en Italie. Il fit alors une affirmation qui ne fut sans doute pas très bien comprise par les scientifiques de l'époque. Ces paroles prophétiques sont aussi innovatrices en ce XXIe siècle qu'elles l'étaient quand il les prononça.

"Ayant consacré toute ma vie à la science la plus rationnelle qui soit, l'étude de la matière, je peux vous dire au moins ceci à la suite de mes recherches sur l'atome: la matière comme telle n'existe pas ! Toute matière n'existe qu'en vertu d'une force qui fait vibrer les particules et maintient ce minuscule système solaire qu'est l'atome. Nous pouvons supposer sous cette force l'existence d'un Esprit intelligent et conscient. Cet Esprit est la matrice de toute matière."

Au-delà de tout doute raisonnable, les expériences rapportées dans ce chapitre nous démontrent l'existence de la matrice de Planck. Le champ qui interconnecte la création entière est bien réel, quel que soit le nom que nous lui donnons et quelles que soient les lois de la physique auxquelles il se conforme ou non. Il est ici en cet instant même ; il existe sous la forme de vous et de moi. Il est aussi notre univers intérieur et notre univers extérieur, le pont quantique entre tout ce qui est possible dans notre esprit et ce qui devient réel dans le monde. La matrice d'énergie qui explique pourquoi les trois expériences décrites plus haut fonctionnent démontre également comment les sentiments positifs et les prières à l'intérieur de nous peuvent être si efficaces dans le monde extérieur, autour de nous.

Notre connexion à la Matrice ne s'arrête toutefois pas là. Elle se poursuit dans les choses que nous ne pouvons voir. La Divine Matrice est partout et elle est tout. De l'oiseau qui vole dans l'air au-dessus de nous aux particules cosmiques qui traversent notre corps et nos maisons comme si nous étions de l'espace vide, toute matière existe à l'intérieur du même contenant de réalité: la Divine Matrice. C'est ce qui remplit l'espace entre vous et les mots sur cette page. C'est ce dont l'espace lui-même est fait. Cette subtile énergie existe partout où l'espace existe.

Qu'est-ce que tout cela signifie?

Comme au cœur d'un grand secret que tout le monde soupçonne, mais dont personne ne parle jamais, nous sommes tous connectés par la Divine Matrice de la façon la plus intime qu'il est possible d'imaginer. Mais que signifie réellement cette connexion? Qu'est-ce que cela sous-entend d'être chacun profondément entremêlé à notre monde et à la vie des autres au point de partager le pur espace quantique où vit l'imagination et où est née la réalité? Si nous sommes vraiment davantage que de simples observateurs superficiels voyant leur vie et le monde " se produire ", dans quelle mesure le sommes-nous ?

Les expériences décrites plus haut démontrent qu'il y a en chacun de nous un pouvoir différent de tout ce que peut créer une machine dans un laboratoire. C'est une force qui n'est pas soumise aux lois de la physique, du moins pas à celles que nous comprenons aujourd'hui. Et nous n'avons pas besoin d'une expérience de laboratoire pour savoir que cette connexion existe.

Combien de fois vous est-il arrivé, en décrochant le combiné du téléphone, de vous apercevoir que la personne que vous vouliez rejoindre était déjà au bout du fil? Ou encore de découvrir, après avoir composé le numéro, que la ligne était occupée parce que votre ami était en train de vous téléphoner?

En combien d'occasions avez-vous eu l'étrange impression, vous trouvant avec des amis dans une rue bondée ou dans un aéroport, d'avoir déjà vécu ce moment avec ces mêmes amis, en ce même endroit, et en faisant exactement la même chose ?

Certes, ces exemples simples sont amusants à évoquer, mais ils sont davantage que des coïncidences. Bien que nous ne puissions prouver scientifiquement pourquoi ces choses se produisent, nous savons tous qu'elles ont lieu. En de tels moments de connexion et de déjà-vu, nous voilà spontanément à transcender les limites imposées par les lois physiques. En ces rares occasions, nous nous rappelons que l'univers, ainsi que nous-mêmes, est sans doute davantage que ce que nous reconnaissons consciemment.

C'est ce même pouvoir qui nous assure que nous sommes davantage que de simples observateurs en ce monde. Pour le vivre, il s'agit de créer intentionnellement ces expériences, c'est-à-dire de connaître ces moments de transcendance quand nous le désirons, non lorsqu'ils paraissent nous " arriver ". Il semble y avoir une excellente raison pour laquelle, à l'exception de quelques individus qui possèdent ce don, nous ne jouissons pas de la bilocation, de la faculté de voyager dans le temps ou de communiquer plus rapidement que ne le permettent les lois de la physique. Tout cela est fonction de nos croyances quant à nous-mêmes et à notre rôle dans l'univers. C'est ce dont il sera question dans la deuxième partie de ce livre .

Nous sommes des créateurs et même davantage: des créateurs connectés. Par l'intermédiaire de la Divine Matrice, nous participons au changement constant qui donne un sens à la vie. La question n'est plus de savoir si nous sommes ou non des observateurs passifs, mais plutôt de découvrir comment créer intentionnellement.

Gregg Braden

[Extraits de son livre "LA DIVINE MATRICE"
(Ed Ariane)]




vendredi 18 avril 2014

"L'ESCALIER DE LA VIE"


 
QUEL EST LE SENS DE MA VIE ?

C’est une question souvent posée : " Ma vie a-t-elle un sens ? " ou d’une manière plus générale : " La vie humaine peut-elle avoir un sens ? ". Le sens de la vie est un souci actuel : les gens ne se contentent plus de survivre, ils veulent aussi servir à quelque chose, être utile.

Pourquoi est-il si difficile de vivre ? C’est que la vie est fournie sans son mode d’emploi et son absence nous manque cruellement. Alors on essaie de s’en construire un, mais hélas on met souvent une vie pour y arriver et lorsqu’on l’a, c’est déjà trop tard pour s’en servir. Le secret de la vie se paie fort cher. Qui veut sauver sa vie, la perdra, nous a-t-on répété. Mais de quelle vie donc s’agit-il ?

Il existe beaucoup de sous-vies ou de maladies de la vie, depuis la vie-prison jusqu’à la vie insensée. Il y a des vies limitées, mornes, tristes, routinières, etc. Mais il y a aussi des vies mortes ou au moins moribondes.

A l’opposé sont les vies éveillées, riches de sens et de joie, des vies pleines et bienfaisantes. Il y a aussi des moments où tout baigne dans une lumière parfaite et où l’on se plein de joie et d’espoir, capable de réaliser de grandes choses sans aucun effort apparent. Ces moments privilégiés où l’on est transporté au-dessus de soi-même suffisent à justifier toute une vie. Il faut donc s’éveiller à la Vie, dans la vie et à l’au-delà de la vie. Il faut arriver à une vie ouverte, reliée et épanouie.

Quel modèle peut-on bien utiliser pour classer les types de vies et savoir s’y repérer ? Quel est ce secret de la vie qui rend tout juste et parfait dans la plénitude de la joie ? Pour le mouvement transpersonnel, nous présentons l’escalier de la vie.





L’ESCALIER DE LA VIE

L’escalier de la vie est celui des Valeurs. Une valeur est ce pour quoi on est prêt à donner sa vie. On a autrefois commencé ces études en termes de besoins ou de motivations. C’est ainsi qu’ Abraham Maslow en 1965 parlait de " needs " et " meta-needs ". Pour nous, pour déterminer un sens il vaut mieux parler de buts et de valeurs. Nous cherchons à intégrer le triangle des besoins de Maslow dans l’escalier de la vie. Il est double et symétrique et se lit donc en montant et en descendant. Nous distinguons cinq valeurs montantes, la valeur suprême et cinq valeurs descendantes, qui sont en fait des anti-valeurs.

1.
2. Les valeurs physiologiques. La vie commence par les valeurs de la vie, les valeurs vitales, indispensables pour vivre. Après réflexion et étude, elles sont finalement peu nombreuses et réduites. Mais on commence toujours par elles et on est en droit de les exiger. Pour vivre on a besoin de respirer, manger, boire et dormir. C’est tout.

3. Le besoin de respirer est le premier qui se manifeste chez le nouveau-né, il emplit pour la première fois ses poumons qu’il gonfle et déplie. Il prend son premier souffle qu’il rendra avec son dernier souffle, car le souffle c’est la vie. Par la suite cela se complique avec la demande de bon air pour respirer, pas d’air pollué et vicié, pas de dioxine, d’amiante, de fumée de tabac, etc.
Puis le nouveau-né cherche le sein de sa mère pour s’allaiter et il utilise le seul instinct de l’homme, celui de téter. Par la suite le besoin de manger exige bien plus de complications, qui ne peuvent être résolues que par l’entraide. La chasse est ainsi plus fructueuse si l’on se met à plusieurs pour rabattre et encercler le gibier. Puis comme cela ne suffit plus, il faut passer au jardinage, à l’élevage et inventer l’agriculture. Pour lutter contre les famines des mauvaises années, il faut constituer des réserves de plus en plus importantes. Les silos et les greniers doivent être défendus et c’est l’origine des premières villes : Mohenjo-Daro, Sumer, Jéricho …
Boire est peut-être plus vital que manger, car on tient moins longtemps sans boire que sans manger. La lutte pour les points d’eau a toujours été vive et encore maintenant elle commande bien des politiques nationales. Il n’y a d’ailleurs presque plus d’eau naturelle, l’eau purifiée ou dessalée devient un produit industriel.
Dormir est une nécessité vitale qui met le dormeur à la merci des attaques et enclenche donc le besoin suivant qui est celui de sécurité. Le sommeil exige un endroit calme et un toit. Mais les expériences scientifiques ont montré que rêver était encore plus vital que dormir. L’homme ne peut pas rester sans rêver, même s’il ne se souvient pas au réveil de ses quatre ou cinq rêves du sommeil.
Par contre le besoin sexuel, bien qu’impérieux, n’apparaît pas comme vital, ainsi qu’en portent témoignage bien des vierges et des ascètes. La première justification de la vie est de survivre, de se perpétuer. La première valeur de la vie est donc de rester en vie, d’échapper à la mort qui nous guette à chaque instant (accident, maladie…). Et l’un des premiers buts dans la vie ordinaire, et plus spécialement dans celle des narcissiques, est de grandir et d’assurer sa subsistance jusqu’à ce que la maturité permette de se reproduire.

4. Les valeurs de sécurité. Tout être humain a droit à l’intégrité de son corps (pas de meurtre, de torture, de coups, de viols …). C’est l’Habeas corpus, contre l’emprisonnement arbitraire, accordant la protection de la loi même en prison.

5. La protection de l’abri pour dormir engendre le domicile et le droit de propriété, donc une protection accrue contre les effractions, les cambriolages, les vols … mais aussi contre les incendies, cyclones et autres catastrophes naturelles. Les forces de sécurité collectives n’ont cessé de se développer et de se complexifier depuis les Chevaliers du Guet et les patrouilles des gens d’armes, jusqu’aux brigades du feu et aux Armées. Et malgré tout cela le souci sécuritaire ne cesse d’augmenter.
Le travail aussi doit se faire en toute sécurité, ce qui implique l’organisation d’équipes de sécurité, du droit du travail, d’inspecteurs du travail et de la médecine du travail. En fait la partie montante de l’escalier correspond à toute l’organisation de la civilisation et plus particulièrement à tout le travail des syndicats de travailleurs des XIXième et XXième siècles. Les ouvriers ont réclamé une protection envers les accidents par des Caisses de solidarité, des Mutuelles, des Assurances, puis contre la maladie par la Sécurité sociale et contre la vieillesse par des Caisses de retraites.

6. Les valeurs d’affiliation. L’homme est un animal grégaire, qui est fait pour vivre en groupe, un zoov politikon, un animal qui vit en cités. L’antique malédiction Vaae solis, malheur à ceux qui sont seuls, ils finiront SDF, clochard sans domicile. D’ailleurs littéralement un être humain ne peut pas vivre seul, sans l’aide des autres.

7. Le besoin sexuel pousse à des rencontres qui dans l’espèce humaine n’ont pas de période fixes, mais s’étalent sur toute l’année. Et ce désir se double, surtout chez la femme, d’un sentiment amoureux. L’enfant manifeste un grand attachement à sa mère, sans laquelle il ne pourrait pas vivre. L’ensemble a créé le besoin de famille, plus ou moins favorisé par la société. La famille humaine est une quasi-réalité naturelle, même si à l’origine il s’agit plutôt d’un clan totemique.

Nous trouvons là une des plus fréquentes justification de l’existence : le besoin de se reproduire. Si on laisse un enfant après soi, on ne meurt pas tout à fait ; on vit par delà la mort par personne interposée. Si on a deux enfants, on a remboursé sa dette envers ses parents et l’espèce humaine : le couple a rendu la vie qu’il a reçu. Et cela peut suffire à justifier une existence : comme le disent certaines mères-célibataires ou certaines collégiennes enceintes " cela va donner un sens à mon existence ". Il faut ajouter que derrière le désir de l’individu, il y a la force de multiplication de l’espèce et c’est une force colossale. Les individus meurent mais l’espèce et la vie se perpétuent ainsi.

D’ailleurs lorsqu’il n’y a plus de famille les jeunes en recrée une sous forme de la bande. Et dans l’histoire humaine tout pousse les hommes inexorablement vers des groupes de plus en grands (villages, cités, régions, nations, Etats-Unis).
Les classes se groupent en écoles, collèges, Universités. Le travail se fait avec d’autres en équipe et les groupes de production ou de distribution deviennent de plus en plus grands avec la concentration industrielle et les multinationales.
Se croisent en plus avec tout cela des milliers d’associations sportives, touristiques, culturelles, humanitaires, musicales, éducatives, caritatives, religieuses, secrètes, politiques, révolutionnaires linguistiques, juridiques, psychothérapiques, scientifiques, littéraires, paramilitaires, informatiques, hygiéniques, écologiques … Dans les pays anglo-saxons ce besoin d’affiliation est poussé à l’extrême avec les Clubs qui tiennent lieu de famille.
A quoi il faut ajouter encore le cercle des amis, des copains et des relations qui prouvent l’universel besoin d’affiliation. L’on peut en sus préciser que l’affiliation ne suffit pas, que l’on recherche en plus une intégration et une reconnaissance.

8. Les valeurs d’estime. Tout le monde a besoin d’estime, nul ne peut vivre continuellement dans le mépris (sauf les masos). Mais l’estime est double, il y a l’estime de soi et l’estime reçue des autres. Il est difficile de vivre sans l’estime des autres : celle de ses parents, de ses enfants, de ses supérieurs, de ses collègues de travail, de ses voisins et de ses amis … Tout le monde est avide de reconnaissance et de signes extérieurs (médailles, décorations, titres …). Et il n’est pas facile de garder l’estime de soi dans l’indifférence ou le mépris des autres. C’est pourtant ce qui est arrivé à combien de peintres comme Van Gogh, de poètes comme Rimaud, de mystiques comme Jean de la Croix, d’inventeurs comme Hans Berger …

9. L’estime de soi vient de ne pas faire trop de choses qui trahissent son idéal, de réduire les lâchetés et les compromissions, d’éviter de faire ce qu’on ne pourrait pas se pardonner.
Une des formes de l’estime est la considération. Dans une époque où la considération est en baisse (le Temps du mépris) tous le monde en réclame : les policiers, les infirmières, les enseignants, les journalistes … Même les jeunes sauvages des banlieues, qui s’agonisent d’injures, réclament du respect. La politesse avec toutes ses prévenance est l’invention sociale pour régler ce besoin d’estime.

10. Les valeurs de réalisation de soi. Tout être tend à persévérer dans son être, tout être veut se développer, s’épanouir dans toutes ses dimensions, réaliser toutes ses possibilités.

11. On a commencé à se réaliser par le travail et le centre a été l’usine. Puis on lui a réclamé un restaurant d’entreprise, des logements sociaux pas chers, une infirmerie. Après ce a été la demande pour que l’usine prenne aussi en charge les loisirs, d’abord le club de football, le stade, la salle de gym, la piscine, la bibliothèque, la chorale ou l’orchestre, la troupe de théâtre, l’agence de voyage, la peinture et l’encadrement, etc. Puis est venu la formation permanente avec les clubs d’apprentissage de langues ou d’informatique … Le plus dur a été le salon de coiffure, l’institut de beauté, la crèche …
L’on a mis un siècle à obtenir tout cela. Et maintenant la même demande arrive dans le Collège (6ème à la 3ème). Il ne doit pas que fournir l’instruction, mais un métier et tout le reste. Il est vrai qu’il en est de même dans les Campus Universitaires américains, qui ont gardé la formule, qu’avaient les premiers monastères chrétiens, du lieu de vie total.
Ce qui est totalement nouveau est le souci de réalisation psychologique. Il y a la forme de la psychothérapie (individuelle ou de groupe, courte ou longue), qui permet de se réparer et de se nettoyer des mauvaises influences de l’enfance pour changer sa vie. Puis est venu le " Mouvement du potentiel humain ", qui au-delà de la réparation, vise exactement à se développer dans toutes ses dimensions et ses potentialités ignorées ou inemployées.
Longtemps cela est apparu comme le sommet du sommet : la totalité parfaitement réussie. L’équivalent du Chevalier du Moyen-Age, de l’honnête homme de l’âge classique ou du saint chrétien. Etre bien dans sa peau, totalement épanoui.
Et c’est là qu’intervient l’avertissement de Jung :
" L’existence qui n’a en vue que le moi est étouffante … Le Yoga nous apprend que seule mérite d’être vécue une vie qui nous déborde. "
Tout ceci était intéressé, avec un but égoïste. Alors quoi, au-delà ?

12. Les valeurs de dépassement. Dépassement est désintéressement, ce qui est gratuit, don généreux, sacrifice. Cela est nouveau, on ne l’avait pas encore rencontré : on vient de dépasser le niveau égoïste pour atteindre le niveau transpersonnel. On échappe à l’égoïsme originel.

13. Qu’est-ce qui dépasse la personne ? Les Valeurs, qui sont les raisons de vivre, les justifications d’une existence. La valeur est ce pour quoi on est prêt à sacrifier sa vie : la Liberté, l’Egalité, la Justice, la Patrie, l’Art, la Science, la Vérité, le Bien, etc. Les Valeurs sont assez curieuses parce qu’elles n’existent pas (réalisées sur terre). Par exemple, la Justice ne règne pas sur la terre, on ne peut citer aucune décision de juge qui soit juste, parfaitement, et pourtant bien que ne l'ayant jamais rencontré, combien de personnes (et de juges) luttent pour la justice et sont prêts à réparer une injustice. Il en est de même pour l’Amour. Le fait que les Valeurs ne soit pas réalisées ne les empêche pas de mener le monde.
Faire du développement personnel est encore très égoïste, c’est, comme le disait Hegel, sculpter sa propre statue. On ne s’occupe que de soi. Ce sixième niveau, celui des valeurs de dépassement, mène l’homme vers le dépassement de lui-même, vers le sacrifice et le dévouement, vers l’action gratuite et désintéressée. Aller au delà de soi, se dévouer pour quelque chose qui dépasse l’homme, croire en un espoir, un idéal, une Transcendance : tout cela permet de servir à quelque chose et d’être utile.

C’est cette mutation qui hausse l’homme au dessus de lui-même qui lui permet d’ajouter aux acquis de la civilisation et de remplir le but de l’espèce humaine sur la terre : s’éloigner de la bestialité et aller vers un transhumain. Il en est un beau comme pour l’Art, cela ne sert à rien, c’est gratuit et désintéressé, et justement c’est ce qui fait la grandeur et la noblesse de l’espèce humaine : être capable de faire du beau pour le plaisir.
Le dévouement aux Valeurs donne son sens à la vie humaine. Notre espèce est programmée pour cela : l’accès au niveau spirituel est instinctoïde par nature. Cela est apparu à Maslow lors de son enquête de 1969 où il a demandé " Quel est le moment le plus important de votre vie, l’instant inoubliable ? ". Et les réponses ont porté sur un état de conscience modifié, une extase, ce qu’il a appelé une expérience des sommets (peak-experience). Alors il est passé de " développement personnel " au Transpersonnel. Et il a bien compris que ceci était une nécessité vitale. Lorsqu’on se trouve face à ce que Desoille appelle " l’expérience du sublime ", le refus du dépassement de soi est catastrophique et pathogène. L’égo est la maladie du moi son exacerbation pathologique, formé de l’égoïsme, l’orgueil et la colère. La racine des échecs dans la vie est l’égoïsme et le refus du sublime. C’est la dégringolade. L’on chute de tout ce qui a été acquis précédemment. Et donc nous redescendons l’escalier marche par marche.

14. Les valeurs secondaires. Si l’accès au sixième niveau a été raté, la désespérance s’installe, car l’on sait que quelque chose d’essentiel a été perdu. On chute alors dans les valeurs secondaires, qui sont celles de l’avoir et non pas de l’Etre. On cherche la réussite, on veut réussir sa vie. Et la réussite c’est quoi ? Avoir la T.V., un chien, une auto, une femme et des enfants, une belle maison avec un jardin, une résidence secondaire avec piscine, un bateau, son hélicoptère ou son avion privé, etc. Etc. parce que c’est sans fin et sans limite, " toujours plus ", avoir un appartement dans chaque ville avec les plus belles filles qui vous attendent, son journal, ses avocats et conseillers financiers, sa chaîne de télé, sa banque, sa multinationale, sa fondation humanitaire et son musée …

15. Finalement pour beaucoup réussir c’est être riche, mais cette réussite extérieure est souvent une réussite de façade, une réussite extérieure pour les voisins, puis pour le public. Par contre certains recherchent plus le succès, la célébrité, les fans, la gloire, entrer vivant dans le dictionnaire … D’autres ce sont les honneurs, les médailles et décorations, les titres nobiliaires, être élu président ou Immortel à l’Académie française. Le Rouge et le Noir de Stendhal et tous les romans de Balzac illustrent bien cette soif d’ascension sociale, pour compenser un total vide intérieur.
Une variante se trouve dans le goût du pouvoir : commander, se faire obéir, donner des ordres, être au sommet. On peut le trouver dans les systèmes hiérarchiques (armée, église, administration, usine, prison, école, secte …) et d’autres l’installent dans la famille, ou son substitut la bande de jeunes ou le " milieu ".
De toute manière on ne s’accroche à ces biens périssables que faute de pouvoir accéder aux impérissables. On ne chute dans l’accumulation des avoirs que faute d’Etre. On ne sombre dans l’égoïsme que par impossibilité de désintéressement et de générosité. Et l’on camoufle son culte de l’égo sous une Fondation humanitaire qui perpétuera son nom.
Donc ces valeurs sont la dégradation et la caricature de la volonté de développement personnel tout ce qui était centré sur la réalisation de sois (dans sa psychologie) se retrouve aussi égoïstement dans la réussite sociale.

16. Les valeurs de l’oubli. Un échec de plus et l’on se retrouve dans les valeurs de l’oubli. Ce qu’il faut c’est s’étourdir et oublier. Ceci se camoufle assez souvent sous le désir de plaisir, de jouir, d’en profiter. Il faut user et abuser de tous les plaisir en niant absolument que cela puisse entraîner une dépendance. Le cas le plus typique est celui des drogués. Ils peuvent présenter leur utilisation des drogues douces puis dures comme une exploration des états intérieures, un changement d’état de conscience, une expérimentation, voir chez certains un culte religieux. Dans la réalité l’égoïsme est forcené, sans aucun scrupule, sans rien respecter, ils sont capables de voler (et même de tuer) ceux qui les aiment et les aident, pour arriver à satisfaire une fois de plus leur terrible passion.

17. Il en est de même pour les joueurs de tous acabits, les grands malades les joueurs de casino et les petits parieurs à la petite semaine aux Courses de chevaux ou de lévriers, au PMU, au Loto, Bingo et tous les systèmes d’exploitation de la Française des Jeux. Leur dépendance est totale, ils sont hors de la vie et ne respectent rien. Mérite tous les sacrifices pour eux, l’instant d’exaltation hors d’eux-mêmes où la Chance va enfin leur donner ses faveurs et où ils pouvoir se refaire. Sont-ils donc si défaits ? Là aussi leur rituel est souvent la parodie d’un acte religieux, qui les transporteraient au dessus d’eux-mêmes.
En fin viennent les alcooliques, si nombreux (masculin, féminin, professionnel, chic, discret, honteux, délirant …). Il est souvent lié à un échec professionnel, familial, sentimental, etc. L’alcoolique a toujours une souffrance à oublier : un drame, une tragédie, une honte, une souillure, une blessure … Il vit une profonde déchéance et une impuissance dont il n’est pas fier, mais il ne peut pas s'arrêter dans cette descente vertigineuse sans fin qui le mènera au délirium trémens.
Lorsque l’on veut entrer dans une relation d’aide, il faut être bien conscient de tout cela. Rien ne peut être obtenu directement sur le comportement, il faut agir d’abord sur la perte d’estime. Les valeurs de l’oubli sont l’inverse exact de l’estime de soi et des autres. Rien nepeut être obtenu tant qu’on a pas agi sur la perte, la honte, l’égoïsme et rendu à la personne l’idéal dont elle s’estime indigne.

18. Les valeurs de la solitude et de l’absurde.

Un degré de moins et l’on descend de l’oubli dans le désespoir. C’est l’état d’une vie qui n’a de sens, d’une vie absurde, inutile. Les matérialistes qui nient tout idéal, sont centrés sur eux et ont présenté une image de l’homme tronqué, coupé, réduit, comme Procuste ils coupent tout ce qui les dépasse. Cette apologie de l’absurde et de non-sens a été très à la mode à l’époque de Sartre et des caves de Saint-Germain-des-Prés à la Libération. Cette glorification du désespoir ne pouvait mener qu’à la Nausée sartrienne. Ce qui n’était que matière à amusement chez ces brillants intellectuels est vécu comme un drame dans leur chair pour bien de leurs victimes.

19. Avoir une vie stupide et qui ne sert à rien peut mener à couper tous les liens. Faire l’expérience de la solitude vient souvent de ce que l’on s’est coupé de tout et de tous. C’est ce qui conduit à se marginaliser et il y a bien des formes de la marginalisation. On parle beaucoup actuellement de l’exclusion, mais on oubli que dans bien des cas il y a plus eu marginalisation qu’exclusion. C’est l’individu qui n’a pas pu adhérer aux valeurs du groupe et qui s’est mis à part tout seul. C’est par un désinsertion sociale que l’on tombe dans le vagabondage, la clochardisation et ce que l’on nomme les SDF (sans domicile fixe). La perte de tout espoir est à l’origine de cet abandon de tout, à commencer par la famille et les amis. Il y a la volonté d’avoir raison seul contre tous, ainsi que l’illusion de ne dépendre de personne et de n’obéir à personne. Alors qu’en réalité le SDF est le plus démuni et le plus faible des hommes.
Il est vrai qu’il y a pire dans cette décision d’avoir seul raison contre toute l’humanité. On commence alors à se couper des hommes, à se sentir étranger et seul. Devant l’horreur de ce qu’ils étaient en train de réaliser ou de ce qui allait s’installer, certains se sont séparés, étrangers dans l’étrange (aliénus), aliéné et fou. Combien ont préféré s’absenter et entrer dans le vide de la folie, la plus absolue solitude. Dans la conviction de ne pas pouvoir être compris et de ne pas pouvoir communiquer, on devient un malade mental, retranché de l’humanité.
On est là dans le contraire exact des valeurs d’affiliation et d’intégration. personne ne peut avoir raison tout seul et personne ne peut vivre seul. Ce ne peut être qu’illusion, comme celle du fou qui croit qu’il est seul alors qu’une dizaine de personnes s’occupent de lui pour lui préparer sa nourriture, faire son lit, le soigner, l’habiller et le surveiller.

20. Les valeurs destructives. Par contre il est possible de tomber encore plus bas, au lieu d’être inutile, on peut devenir un nuisible. Ces valeurs négatives sont celles de la délinquance, qui cherche à organiser une anti-société. Son principe de base est que tu n’as pas le droit de me faire ce que je te fais. Je ne reconnais que ma loi, mon désir. Et sous la forme actuelle " tu n’as pas le droit de m’empêcher ce pratiquer mon " métier " ". On passe de la récup. à la fauche, puis au cambriolage et au hold-up. Mais certains dans le désespoir le plus total ne respectent rien et veulent simplement qu’on les laisse tranquillement tout casser et tout détruire.

21. Un autre degré est celui des criminels, les assassins, les sadiques, les violeurs, les pédophiles et les tortionnaires … Nous sommes là dans le contraire complet du besoin sécuritaire, ces êtres dangereux ne respectent rien. Certains ont pourtant une conscience morale et regrettent beaucoup leurs actes, mais ils savent que lorsque la pulsion et la crise reviendront, ils ne pourront pas s’empêcher de recommencer à nouveau.
Pire sont les terroristes, car ils se drapent dans une apparence de légitimité et même se prétendent au sommet au stade 6, celui du dévouement à un idéal. Mais cet idéal, qui est celui de la domination d’un peuple ou d’une langue, est un idéal de mort et de destruction, qui justifie amplement la mort de nombreux innocents. Comme le proclamaient les premiers soviétiques " la fin justifie les moyens ", la victoire du prolétariat justifie les attentats, les guerres et les goulags. Ce n’est pas un ennemi que l’on cherche à cibler, mais une violence aveugle, qui utilise la prise d’otage ou les bombes pour engendrer la terreur en tuant des innocents non-concernés.

22. Les valeurs de mort. Le cycle est bouclé avec le contraire des valeurs de vie. Tout le monde a faim et réclame à manger sauf l’anorexique, qui vit la faim comme le plaisir suprême. Il est vrai que l’anorexie est une conduite suicidaire inconsciente. * Dans le suicide la pulsion de mort est à son comble et la plus grande agressivité possible est retournée contre soi, dans le désespoir. C’est le néant et l’auto-destruction, on ne croit plus à rien. L’alcool ne suffit pas, on ne veut plus penser, on ne veut plus souffrir et se faire des reproches. La peur et l’angoisse se conjuguent à l’idée, je m’évanouis, je ne suis plus là, je ne vais plus souffrir puisqu’il n’y aura plus de " Je ". De toute manière, comme ils disent, je n’ai pas demandé à vivre et je choisis de défaire la vie et de retourner dans le néant. Comme s’ils étaient surs qu’il n’y a plus rien après la mort, mais s’ils savaient ce qui les attend ils n’attenteraient pas à leur vie.
Il faut maintenant échapper à toutes ces vies pathologiques et à toutes ces maladies de la vie pour trouver ce qu’est la vraie vie, celle qui mérite d’être vécue ;


LA VIE QUI VAUT LA PEINE D’ETRE VECUE

La question a été posée dès les Grecs. Les Epicuriens assuraient qu’une vie de plaisir est ce qu’ils recherchaient, à quoi Aristote objecte que le plaisir ne suffit pas pour être heureux et qu’il préfère une vie de bonheur. Et finalement a été envisagée la qualité de la vie avec l’axiome : " Il vaut mieux être un Socrate mécontent qu’un pourceau satisfait ". Le plaisir c’est pour les porcs, ce n’est pas ce que recherche le héros. Son " plaisir " est d’un autre ordre, il est dans son sacrifice joyeux à son idéal et au bien de l’humanité. La morale du Héros présentée par Bergson est déjà une préparation au Transpersonnel.

Comme l’a écrit Albert Einstein : " L’émotion la plus magnifique et la plus profonde que nous puissions éprouver est la sensation mystique".

Là est le germe de toute science véritable.

Celui à qui cette émotion est étrangère, qui ne sait plus être saisi d’admiration ni éperdu d’extase est un homme mort ".

Ainsi nous est indiqué le secret de la vie. Pour avoir une vie vivante et non morte, il faut découvrir la Vie de la vie, ce que cherche le mystique toute sa vie. " Pour quoi ai-je mérité de vivre ? ".

Une vie qui vaut la peine d’être vécue est une vie riche et intense, une vie de don, de joie et d’espoir. Ce ne peut donc pas être une vie égoïste à la recherche du plaisir, au prix bien souvent de la souffrance d’autrui. La vie véritable est une vie généreuse, une vie qui donne et qui se donne. La vie qui a un projet de vie et qui se dévoue à une œuvre, reçoit beaucoup plus que celui qui ne pense qu’à lui et exige tout des autres. Une vie épanouie est une vie reliée, reliée à autres, à soi et ses différentes composantes et aux forces qui nous dépassent. Il n’y a pas de vie épanouie sans Amour et l’amour véritable demande tous les sacrifices. Aimer c’est s’unir et c’est le souhait de l’univers de se rassembler uni vers un centre par l’Amour universel.

Pour trouver la source de la vie, il faut rentrer en soi et partir au pèlerinage de la vie intérieure. Le secret de la vie est dans la présence du Sacré, qui est sa source. Il convient donc de réaliser que ce n’est pas nous qui avons produit notre vie, mais que nous sommes habités par la vie, ce qui conduit à être plein de respect pour cette vie et par conséquent pour nous-mêmes. La source de la vie n’est pas notre petit moi, mais quelque chose de plus grand et de plus mystérieux qui nous dépasse infiniment. Une vie illuminée est une vie qui permet de retrouver la joie, de pouvoir s’émerveiller et de remercier à chaque instant pour ce don inestimable et gratuit qu’est la Vie. Le secret de la Vie c’est : les Vivants vivent dans la jubilation d’être en vie dans la Vie.

Marc-Alain DESCAMPS



(Marc-Alain Descamps, né en 1930, est un philosophe et psychologue français, professeur de philosophie, de psychologie, psychanalyste, enseignant de yoga, animateur de formation, conférencier et écrivain.)


jeudi 17 avril 2014

"LE PARDON, CLEF DE LA GUERISON DU COEUR"


Cercles de pardon, rituels de pardon entre hommes et femmes, événements rassemblant les témoignages de pardon de victimes face à d’innommables drames. Un vent de pardon souffle sur notre époque, comme pour mettre fin à des cycles de rancœurs et de violence. Que recouvre ce terme ? Quelles sont les vertus du pardon, et comment s’y prendre ?

« Je te demande pardon, pour toutes mes incompréhensions, au nom de toutes les femmes ». « Je te demande pardon pour tous les abus, au nom de tous les hommes ». Nous sommes au cœur d’un rituel de pardon, en clôture d’un stage de tantra. L’événement n’est pas isolé, il semblerait que le pardon ait le vent en poupe ! En 2012, Olivier Clerc, écrivain essayiste d’origine suisse, lance les Cercles de Pardon, des ateliers/rituels inspirés d’un enseignement reçu de Don Miguel Ruiz, à Teotihuacan, au Mexique… 14 ans auparavant. Le succès de cette initiative est fulgurant. Il en existe aujourd’hui une vingtaine en France, Belgique et Suisse. En Angleterre aussi, le pardon est d’actualité. En 2003 naît The Forgiveness Project, sous l’égide de la journaliste Marina Cantacuzino, rassemblant de bouleversants témoignages de pardon de « victimes » face à d’innommables drames. Son objectif ? Explorer comment cette voie de réconciliation et de résolution des conflits impacte positivement la vie, mettant fin à des cycles de vengeance et de violence. Pourquoi cet engouement autour du pardon ? Que recouvre ce terme ? Comment s’y prendre ? Et peut-on tout pardonner ?


Le pardon, entre prière et quête de sens

Immanquablement, au terme de pardon est associée cette prière destinée au Très Haut, qu’enfants nous égrenions, très concentrés : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». « Ces images infantiles de demande de pardon sont fatalement empreintes d’un sentiment de culpabilité », expose la psychanalyste Nicole Fabre dans son livre Les paradoxes du pardon (Ed. Albin Michel). Au pardon font souvent écho également les mots de faute, de pêché, ou d’irréparable que nous aurions commis. Que ce soit pour avoir mangé toute la confiture, ou avoir espéré si fort que son camarade d’école tombe malade, et plus tard adulte pour avoir blessé par des mots, des actes ceux qu’on aime. Sans oublier les brisures et atrocités à travers le monde dont nous sommes devenus les témoins aujourd’hui, qui elles aussi appellent le pardon. Alors comment en cerner les contours ? Dans une préface à un ouvrage qui lui est dédié, Alain Héril, écrivain de formation psychanalytique, tente d’y apporter une réponse : « La notion de pardon oscille entre le religieux, le spirituel, le psychanalytique et le philosophique. Elle engage toutes les possibilités de compréhension à notre disposition pour trouver un sens à ce qui parfois n’en a que très peu. »


Les vertus du pardon

« Nous nous gâchons de nombreux moments de bonheur à cause de nos difficultés à pardonner », affirme Christophe André dans son dernier ouvrage, Et n’oublie pas d’être heureux ! (Ed. Odile Jacob) Le médecin psychiatre ne parle pas des pardons difficiles à accorder, mais plus simplement des micro pardons du quotidien : des paroles maladroites émises à notre encontre, des négligences… Pardonner ne signifie pas effacer ce qui a été fait, oublier, absoudre. Mais décider qu’on ne veut pas rester prisonnier du ressentiment, qu’on ne souhaite pas faire durer la peine. Le médecin est formel : « S’accrocher à l’offense, c’est s’accrocher à la souffrance ! »

Cette vertu du pardon prend toute sa dimension dans des situations plus tragiques. « J’ai décidé d’arrêter d’entretenir la souffrance conséquente à un viol », témoigne Françoise dans le documentaire « Pardonner », réalisé par Mireille Darc (16.10.2012 France 2). La réalisatrice part à la rencontre de personnes marquées par des épreuves difficiles, trahison amoureuse, erreur médicale ou judiciaire, viol… Quels ressorts si mystérieux peuvent animer ce besoin presque irrépressible de pardon face à ce qui semble irréparable ? « Lorsque nous sommes amenés à faire face à la douloureuse expérience de la trahison, de la douleur, du conflit ou de la perte, qui parfois peuvent même être ressentis comme insurmontables, nous cherchons le moyen de mettre un terme à la souffrance », répond Jack Kornfield, maître bouddhiste et docteur en psychologie (Une lueur dans l’obscurité, Ed Belfond). Si le premier pas consiste à nous protéger nous-mêmes, ce qui nous est nécessaire plus tard pour aller de l’avant, c’est le pardon ! « Le pardon a été ma seule chance de survie face au suicide de l’homme que j’aimais, emportant avec lui mes deux enfants dans l’incendie de notre maison », expose Meena Compagnon, psychothérapeute en Gestalt. Pour Olivier Clerc (Le Don du pardon, Ed Guy Trédaniel), « Il existe plusieurs approches pour arriver à cicatriser les blessures du cœur, le pardon en est sans aucun doute la voie royale ». D’après lui, blessures et traumatismes entament notre capacité d’aimer, la réduisent, et parfois même l’éteignent. « Le jour où nous parvenons à pardonner, l’amour renaît de ses cendres avec une intensité que nous ignorions auparavant », ajoute-t-il. Un point de vue que partage Marisa Ortolan, thérapeute en psychologie biodynamique, qui en observe les effets au sein des groupes de tantra : « le pardon est un rituel de catharsis, de purification profonde. Opérant un nettoyage en profondeur, il permet de cesser de projeter sur l’autre les blessures du passé, souvent de façon inconsciente, comme s’il en était responsable. » Les témoignages sont éloquents : « Accueillir les pardons des hommes m’a rendu ma dignité », confie Luce. « Pardonner m’a permis d'avancer sur un chemin de liberté », affirme Nathalie.


Se pardonner à soi-même !

« Vous ne pouvez pas parvenir au pardon en refoulant vos sentiments douloureux », prévient Jack Kornfield. Un écueil qu’évoque également la psychothérapeute Sylvie Tenenbaum, auteur de Pardonner : Tyrannie ou libération (Ed Interéditions), particulièrement en cas de maltraitance dans l’enfance : « La culpabilité est telle, que le pardon en thérapie est à manier avec précaution, sous peine d’en subir les effets pervers ». Certains patients éprouvent le besoin de parler à leurs parents, de leur expliquer combien ils ont souffert. « Ce partage peut être cathartique, à condition que les désespoirs d’enfant et la colère se soient atténués, suffisamment en tout cas pour que cesse ce chemin d’autodestruction », poursuit-elle. C’est pourquoi si pardon il y a, c’est le pardon à soi-même qui prime, dans le sens d’une réhabilitation. C’est seulement lorsque l’adulte s’est réhabilité à ses yeux, qu’il a accepté de ne pas avoir été suffisamment aimé enfant par un (ou les deux) parent(s) ou encore protégé d’un proche maltraitant, qu’alors il peut espérer ressentir des sentiments positifs à leur égard. Comme l’exprime si bien Jack Kornfield : « Ce qui nous est nécessaire pour aller de l’avant, c’est nous pardonner à nous-mêmes, aux autres, et aux évènements qui ont causé notre souffrance. » Le facteur temps est bien sûr à prendre en compte. Pardonner ne se décide pas, c’est plutôt comme si, à moment précis, cette option s’imposait. C’est seulement 13 ans après le meurtre de sa mère par son père, que Samantha (USA) pourra déposer sa haine : « Je n’ai pas pardonné son acte, mais les circonstances imparfaites qui l’ont poussé à commettre l’irréparable. » Cet homme n’avait pas supporté que sa femme le quitte !


La dimension collective et transpersonnelle du pardon

Au delà de notre histoire personnelle, certains pardons peuvent influer toute une collectivité, voire notre histoire, notre humanité… Ainsi, récemment, en mai 2013, il a été demandé à l’Etat guatémaltèque de demander pardon publiquement aux indiens mayas-ixiles, victimes de génocide en 1982/1983 (source AFP 14.05.2013). Ce simple pardon peut sembler bien futile face à l’ampleur du drame. Bien au contraire. « Sans le pardon, nous sommes prisonniers du passé, perpétuant et réitérant d’une génération à l’autre les souffrances que nous avons vécues », affirme Jack Kornfield, évoquant les conflits ancestraux opposant hutus et tutsis au Rwanda, palestiniens et israéliens. Par le rituel de pardon, des nations, des peuples, tout comme chacun d’entre nous, peuvent se libérer de ce cycle de souffrance et de châtiment, en refusant de le transmettre à ses enfants. Lors de pratiques de pardon en groupe, cette dimension collective et transpersonnelle est également présente. « Dans le rituel de pardon des hommes aux femmes, et inversement, le pardon est demandé au nom de toutes les générations pour les mémoires qui ont été perpétuées à travers eux », explique Marisa Ortolan. Comme en témoigne Marie, 52 ans, « J’ai ressenti une profonde réparation, à la fois dans ma lignée, mais aussi avec les hommes qui ont jalonné ma vie, à commencer par mon père. »


En pratique : les cercles de pardon !

La force des cercles de pardon provient d’un renversement, d’un changement de posture. « On demande pardon », pointe Olivier Clerc. D’où un paradoxe. Pourquoi demanderais-je pardon, alors que c’est moi qui ai été blessé ? Sa réponse s’appuie sur les principes de la voie toltèque. « Nous cessons d’attendre en victime que l’autre reconnaisse ses torts pour nous libérer, nous nous occupons de notre part de responsabilité, à savoir de nourrir nos sentiments de rancoeur. » Ainsi nous ne donnons plus à l’autre ce pouvoir de nous maintenir dans la souffrance et la haine. Ca peut paraître difficile à comprendre intellectuellement, bien sûr, pourtant l’effet produit est bien réel, « comme un relâchement, un lâcher-prise, une libération », témoigne Jean Christophe, 37 ans, un participant. Le travail est intérieur ; une fois de retour chez soi, Olivier Clerc recommande de répéter ce rituel, « comme une méditation intérieure, pour continuer à décristalliser en nous certaines émotions négatives. »

http://www.inrees.com/articles/Le-pardon-cle-de-la-guerison-du-coeur/


lundi 14 avril 2014

"DECOUVREZ LA PORTE VERS L'EVEIL ET LE BONHEUR"


ZaChoeje Rinpoché est un Lama Tibétain enseignant aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande. Dans la vidéo dont est extrait ce passage il présente un livre qu’il a co-écrit, « The Backdoor to Enlightment » (« La porte arrière vers l’éveil »).

Question :
Cela va être un peu difficile d’expliquer tout cela avec des mots. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de comment trouver des repères intérieurs, des façons de juger ce qu’est l’éveil. Une fonction principale du mental est de nous empêcher de réaliser que nous sommes déjà éveillés. Personnellement, je médite régulièrement et je suis des pratiques Bouddhistes depuis quelques années. Plus je mets d’efforts dans ma pratique, plus j’ai des aperçus de ce qu’est l’éveil. Par contre quand j’arrête, je m’épuise avec l’impression que c’est impossible de rester éveillé. Je suis près de me laisser totalement conscient au moment présent, de vivre ce qu’il se passe au lieu de juger ce qui se passe. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de comment de votre expérience personnelle vous faites pour reconnaitre l’éveil, pour être parfaitement dans le moment présent ?

ZaChoeje Rinpoché :
Bouddha a dit : « vous ne pouvez pas créer l’éveil ». Il a également dit : « vous ne pouvez pas produire l’éveil ». Vous pouvez créer une idée de ce qu’est l’éveil, une construction mentale, une conception sur ce que serait l’éveil. Bouddha a également dit quelque chose qui va vous aider à comprendre : « Il n’y aucun chemin vers le bonheur, le bonheur en lui-même est le chemin. » Pensez à cela.
L’éveil est l’état ultime. Il n’y a aucun chemin vers lui, l’éveil en lui-même est le chemin. Vous pouvez être heureux sans aucune raison particulière mais le mental va créer cette idée de bonheur. Et c’est cette idée qu’on va poursuivre toute notre vie. Chaque fois que nous arrivons à être heureux, alors cela ne correspond pas à notre idée de ce qu’est le bonheur. Et nous voila reparti vers quelque chose d’autre.
Pour notre mental, l’herbe a toujours l’air plus verte chez le voisin. Quand on « poursuit » le bonheur, qu’on est à sa recherche, on le remet toujours entre les mains du futur ou alors du passé. On se dit : « Ce jour là, j’avais été si heureux et peut-être que dans le futur je serais à nouveau si heureux ». En faisant ainsi, on ne voit jamais le bonheur dans le moment présent tel que : « Suis-je heureux maintenant ? Est ce que je peux juste être heureux maintenant en ce moment précis ? »

Vous savez quelle est la réponse. Pouvez-vous être heureux juste maintenant. Je pense que la réponse est OUI, nous pouvons être heureux juste maintenant.
Et c’est là que notre mental donne des raisons, se demande pourquoi nous pouvons être heureux. On va faire une recherche intérieure pour cette raison et on obtiendra 1101 réponses nous trouvant pleins de raisons de ne pas être heureux juste maintenant. Et c’est juste notre mental qui le dit.
Le bonheur, l’éveil est quelque chose que l’on ressent sans aucune raison. Le bonheur que l’on vit sans aucune raison particulière est un bonheur pur et authentique. Le bonheur venant avec une raison, venant avec certaines conditions particulières n’est en fait pas le véritable bonheur.
Nous ne devrions pas attendre d’être heureux, nous devrions juste être heureux maintenant. C’est exactement comme le dit la publicité de Nike « just do it ! » (Fais-le !). Soyez juste heureux. Qui vous empêche d’être simplement heureux maintenant. Vous vous empêchez vous-même d’être heureux.
Nous passons toute notre vie à essayer d’être heureux et quand nous essayons d’être heureux, nous ne sommes jamais heureux. Voici un simple petit exemple, vous êtes assis en ce moment. Essayez de vous levez. Quand vous essayez de vous lever, vous êtes en fait toujours assis et non pas debout.
Quand vous essayez d’être heureux, vous n’êtes pas heureux. N’essayez pas d’être heureux, soyez juste simplement heureux. C’est la même chose concernant l’éveil, n’essayez pas d’atteindre l’éveil. Quand vous essayez, dans le fait d’essayer cela crée une tension, une lutte et ainsi vous n’êtes pas heureux. C’est pour cela que le bonheur n’est pas quelque chose que vous pouvez essayer, tout comme l’éveil. Libérez-vous simplement du fait d’essayer et laissez-vous expérimenter, ressentir l’éveil.

Je vais conclure cette question avec une petite histoire. Cette histoire vous aidera peut-être.
Il y avait un homme dans un petit village, il servit les villageois, fit son travail et pensa alors qu’il voulait maintenant faire quelque chose pour lui. Il a alors pensé à la méditation et à dédier sa vie à la spiritualité. C’est alors qu’un maître est arrivé dans le village.
Il alla alors voir le maître pour lui expliquer qu’il a choisi de dédier sa vie à la spiritualité. Il lui demanda des instructions pour devenir un être éveillé, pour obtenir une réalisation spirituelle. Le maître fut ravi et lui donna des instructions, des techniques, des enseignements…..
L’homme était très heureux et alla dans une grotte pour pratiquer comme le maître le lui a expliqué. Et il essayait ainsi d’obtenir une réalisation spirituelle.

20 ans s’écoulèrent et rien ne se passa……
Il avait l’impression que tout était pareil depuis ses débuts. Il songea à arrêter un peu découragé puis le même maître qu’il avait rencontré 20 ans plus tôt apparu de nouveau dans son village. Il alla le voir. Il demanda au maître s’il se souvenait de lui. Le maître ne se souvenant plus très bien, il lui expliqua son histoire et leur rencontre 20 ans plus tôt quand il était venu lui demander des instructions.
Il demanda alors au maitre : « j’ai pratiqué pendant 20 ans, j’ai utilisé vos instructions, vos techniques. Je suis toujours au même point. Est-ce que je fais quelques choses de façon incorrecte ?»
Le maître lui demanda de lui expliquer à nouveau les instructions pour lui rafraîchir la mémoire. Une fois que l’homme lui expliqua, le maître secoua la tête pour lui dire que les instructions sont complètement fausses.
L’homme fut naturellement déçu après avoir passé 20 ans à pratiquer avec des instructions fausses. Il repartit en réfléchissant à d’autres options pour sa vie puis comme il avait passé 20 ans à faire la même chose encore et encore, il n’avait pas vraiment d’autre choix que de continuer à faire encore la même chose.

Il retourna à sa grotte pour méditer. Il fit alors la même chose mais cette fois sans aucune attente particulière. A sa grande surprise, le jour suivant il atteignit l’état d’éveil.
Il alla voir le maître et lui dit « vos instructions n’étaient pas fausses, pourquoi m’avez-vous dit qu’elles étaient fausses ? »
Le maître lui répondit : « Parce que tu avais de grandes attentes pour devenir éveillé. Quand tu appliques mes techniques, tu crées une tension, une lutte. Tu fais cela avec un fort attachement. Quand je t’ai dit que tout était faux, tu l’as juste fais parce que tu aimais le faire, pas parce que tu voulais obtenir quelque chose de particulier. »
Voila le truc.


Pourquoi « la porte arrière vers l’éveil » ?
Parce que chacun peut atteindre l’éveil. Chacun peut vivre sa vie en utilisant tout son potentiel. Mais au travers de l’histoire, au travers des siècles, l’éveil fut interprété comme une sorte de récompense, d’accomplissement, une sorte de prix que vous pourriez obtenir seulement en faisant de nombreuses choses.

La porte principale vers l’éveil est pleine de barrières, pleine de règles et il y a de nombreuses listes de choses à faire. La métaphore utilisée avec le titre du livre « la porte arrière vers l’éveil » par rapport à « la porte principale vers l’éveil » est de dire que vous n’avez en fait pas à faire toutes ces choses. L’éveil est seulement quelque chose que vous pouvez réaliser. La réalisation joue un rôle très important. Par exemple, quand Bouddha a atteint l’état d’éveil, la première chose qu’il ait fait est de sourire, de rigoler. Plus tard ces disciples lui demanderont : « Pourquoi as-tu souri, pourquoi as-tu rigolé ? quand tu as atteint l’état d’éveil ? ».
Bouddha répondit : « J’ai cherché l’état d’éveil tout au long de cette vie et j’ai réalisé que tout était déjà là, j’étais assis dessus quand je l’ai enfin trouvé. » C’est comme réaliser ce que vous êtes.

C’est la même situation que nous avons par exemple dans notre vie quotidienne quand nous avons nos lunettes sur notre visage. Nous cherchons partout où elles sont. Nous cherchons alors dans tous les coins de la maison et puis par accident nos mains touchent les lunettes sur le visage. C’est toute l’histoire derrière l’éveil. Nous avons tous cet état d’éveil en nous. D’un point de vue Bouddhiste, nous appelons cela la nature de Bouddha. Cela signifie que nous avons ce potentiel pour devenir éveillé et nous n’avons pas à faire toutes ces choses. C’est comme être assis dans une pièce pleine de lumière en pensant que c’est sombre parce que vous avez fermé vos yeux. La seule chose que vous avez à faire est d’ouvrir vos yeux. Vous n’avez pas besoin de créer de la lumière dans cette pièce. Vous n’avez qu’à ouvrir vos yeux et voilà vous y êtes, vous êtes éveillé.

Ceci est la métaphore utilisé « la porte arrière de l’éveil ». Quand j’ai démarré ce livre avec ma co-auteure Ashley, c’est intéressant comme le livre a commencé par une question. La question est venue d’Ashley: « Si Bouddha a dit que tous les êtres vivants ont la nature de Bouddha alors pourquoi Bouddha a donné une longue liste de choses à faire pour atteindre l’éveil ? »

Je suis un moine Bouddhiste qui a étudié et grandi dans un monastère. Au début, cette question était un peu comme questionner ma foi dans le Bouddhisme tibétain. Nous avons tellement de choses à faire. Par exemple pour devenir éveillé, il ne suffit pas d’attendre seulement dans cette vie, mais des milliers de vies, parfois un nombre infini. Vous devez faire 100000 prosternations, vous devez réciter 100000 mantras « vajrasattva » où vous devez aller faire une retraite, pas seulement pour 3 trois ans, peut-être même 3 fois 3 ans.

Donc quand Ashley m’a posé cette question, si nous sommes tous éveillés par nature, pourquoi avoir toute cette liste de choses à faire pour atteindre l’éveil, c’est ainsi que l’on a démarré le livre et j’ai réfléchi à cette question. J’ai réalisé que du point de vue Bouddhiste, nous avons la nature du Bouddha et que l’éveil n’est pas un accomplissement, c’est une réalisation. Vous réalisez seulement ce que vous êtes et qui vous êtes. Quand vous réalisez cela, il n’y a plus besoin de faire quoi que ce soit d’autre. (...)


http://les2infinis.canalblog.com/archives/2013/01/11/26119041.html