samedi 29 mars 2014

"DU DANGER DE LA KUNDALINI, LA FIN D'UN MYTHE, LE DEBUT DE LA VIE" 4


 Par Jean-Michel Jutge
(Copyright 1999 - 2014)


Revenons plus précisément sur les différentes formes d’expression que peut emprunter la kundalini. Nous avions présenté la kundalini non pas comme un type de force en particulier mais comme un processus que peut emprunter l’énergie. Et selon ce qu’est cette énergie les résultats peuvent être tout à fait différents. Il est tout à fait important de souligner ce fait. Car dans l’ignorance et la confusion générale, nous avons tendance à considérer la kundalini comme un mécanisme unique, devant mener forcement vers le Divin, ou ce qui lui est associé. Or, bien souvent, ce n’est pas le cas. Et les courants actuels, s’ils empruntent un langage spirituel pour présenter le processus de la kundalini, ne font qu’orienter bien trop souvent les chercheurs vers des forces intermédiaires. La plupart s’en contenteraient, car grand nombre de ces forces nourrissent avec grande facilité les besoins sensuels du vital, ou la sensation de pouvoir et de puissance sur le monde. Si ce n’est que cela a lieu au détriment de l’âme, qui s’en trouve la plupart du temps étouffée, ou détruite lorsqu’un dieu quelconque a pris totalement le pouvoir de notre esprit. Certains des courants existant s’inscrivent toutefois dans une démarche spirituelle authentique.


Quels dangers y a t il à développer la kundalini ! Sachons donc de quelle kundalini nous parlons. Elles sont de trois types :


1-    Celles manifestant les forces inférieures ou astrales, éveillant l’esprit à la magie, la sorcellerie, ou l’occultisme.

2-    Celles manifestant les divinités supérieures de la conscience, éveillant l’esprit à la puissance, laissant le pouvoir du serpent dévorer l’identité. Et que ces divinités soient tantriques, égyptiennes, aztèques ou autres ne change rien à l’affaire.

3-    Et celles manifestant les forces divines ou forces créatrices, éveillant l’âme à sa propre existence et au Créateur.


Du danger des premières est la perte de la conscience et la perte de soi dans des sphères des dimensions astrales que l’esprit ne saura gérer, pouvant entraîner dans les cas extrêmes folie et suicide. Ou bien le développement hypertrophique de l’ego, par la mise à disposition de pouvoirs servant l’individu et les entités associées de ces mêmes sphères, entraînant manipulation, mensonge, mégalomanie, déviation sexuelle etc.… Ce type de kundalini se rencontre beaucoup dans les sociétés anciennes ou animiques empreintes de rituels magiques ou autres liés aux forces de la nature vitale inférieure. Les forces qui en résultent ont dominé l’humanité bien avant l’apparition de l’âme et de la nature divine dans l’homme. Bien qu’on trouve encore à notre époque quelques grands sorciers et occultistes développant de tels pouvoirs et les maîtrisant parfaitement, j’en ai moi-même rencontré, nombre de ces forces furent neutralisées au fil des siècles par l’évolution humaine, la prise de conscience de l’âme et le passage de quelques grands prophètes et avatars divins en notre monde.


Du danger du second type est l’étouffement de l’âme, au profit du développement de l’esprit, par la prise en possession des dieux qui se nourriront de la personnalité et de l’ego pour asseoir leurs pouvoirs à travers, par exemple, un prêtre, un religieux, un dévot, un gourou, un disciple, ou tout individu qui aura choisi de s’abandonner à ces forces. Jusqu’à ce que l’individu, ayant disparu, n’incarne plus que les forces et leurs dieux, tenant le vital et la conscience par la béatitude et le pouvoir. On rencontre encore beaucoup, à l’heure actuelle de telles puissances qui prennent le visage de la spiritualité et ont su se répandre sur la planète. La facilité avec laquelle elles se développent tient du fait qu’elles n’ont pas besoin de l’accord de l’individu pour le pénétrer. Ces forces se transmettent sans difficulté, nous donnant l’impression de détenir maîtrise et pouvoir, sans nous rendre compte que nous ne sommes alors que les instruments d’un monde invisible qui a rejeté le Créateur.


Du danger des troisièmes est la déstructuration de nos cristallisations, la perte de nos croyances, la confrontation à la réalité de la vie et de soi qui, dépouillée de son illusion, oblige à avancer sans cesse vers plus de vérité, de sagesse, de liberté et d’éternité dans une confrontation permanente à ce qui constitue son antithèse, la présence des pouvoirs inférieurs. Mais il n’y a pas plus de danger à vivre cette confrontation qu’à ne pas la vivre, car nous sommes déjà mortels, maladifs, ignorants, et cette confrontation n’est que l’émergence, la percée, l’échappée hors de cette obscurité. Si la Kundalini nous déstabilise alors, c’est que nous étions déjà instables. Sans elle, cette instabilité se serait révélée autrement, au travers d’une maladie, d’une psychose, ou autre. La faute n’en incombe pas à la Kundalini mais à notre nature. Elle n’agit que comme révélatrice de notre réalité, décuplant notre nature joyeuse ou notre nature dépressive selon le cas. Mais aucune fatalité en cela.


Les deux premiers types de kundalini sont commandés par le pouvoir du serpent, à la fois symbole et réalité inhérente à toutes les forces qui constituent le monde rebelle. Vu par les yeux du Créateur le serpent est la forme que prend le voile de la réalité lorsqu’elle est dominée par ce monde rebelle, un univers dans l’univers réel, qui a su se maintenir et se développer en usurpant les forces de vies et créatrices et en les pervertissant, créant ainsi toutes les shaktis du serpent par lesquelles beaucoup se laissent séduire. Le manteau du serpent fut jeté par Dieu Lui-même sur la création rebelle afin que l’âme sache où Il est et où Il n’est pas.


L’Esprit Divin commande au troisième type de kundalini et nous ne parlerons plus dans ce qui suit que de celui-ci, les deux premiers types ne présentant guère d’intérêt spirituellement parlant.


« Il n’y a pas plus de danger à travailler la Kundalini qu’à ne pas la travailler » Affirmer cela va à contresens des idées reçues, de la superstition et de l’ignorance régnant sur le sujet. Lorsqu’on entend ce mot : « Kundalini », il résonne souvent magiquement de l’envie et de la crainte de la merveille inaccessible et effrayante, comme une sorte de mythe. Mais au-delà du mythe et de la superstition se trouve le début de la vie, la réalité d’un phénomène qui porte en lui-même l’essence de la création et de sa composante dans l’homme. A moins que l’amour et l’humanisme habitent notre vie, ne pas travailler la Kundalini à son développement, ou ne pas développer l’âme à travers une force créatrice ou divine, qu’elle soit de source Christique, Bouddhique, Supramentale ou autre, nous prive de ce qui fera la nourriture de cette âme et favorisera sa croissance. A travailler et développer la Kundalini, on prendra un grand risque, certes, qui est celui de modifier nos structures cristallisées, structures de fixation, éclatement de ce qui constitue nos attaches illusoires à une vie qui n’est le plus souvent que recherche de sécurité et de plaisance. Non pas que cela soit condamnable, mais il ne peut y avoir de sécurité et de plaisir absolu sans une part de la vie spirituelle dans notre vie temporelle, et, précisément, nous en avons peur, de peur de perdre nos attaches qui sont d’abord attaches à soi-même et nos structures, car il n’y a que là que se situe l’attachement. Alors, face au vide de l’ignorance, l’esprit se remplit de croyances et de superstitions, et certains même, interprétant le bruit qui court, lui donnent vie et l’érigent en dogme.


Physiquement, quels sont les risques à développer une Kundalini de nature divine ? Aucun, si cela est fait correctement et si certaines règles de base sont respectées qui sont des règles d’hygiène physique et morale. Notre culture occidentale nous a déjà inculqué la plupart de ces règles d’hygiène et cela fait partie de la vie de la plupart des individus, et sauf exception pour le cas de toxicomanie, un dérèglement mental ou une dépression extrême, le corps affaibli par une maladie grave, une amoralité excessive ou toute autre situation exceptionnelle, tout le monde peut développer une Kundalini de manière supportable, souvent agréable, sans que cela ait des conséquences déstabilisantes sur l’individu. Trente années d’enseignement dans ce domaine viennent confirmer ces dires. Mais que l’on ne joue pas avec le feu. Une pureté d’intention est nécessaire. Celui qui recherchera consciemment à travers cela le pouvoir, la notoriété, la compétition ou toute autre forme malvenue sera vite confronté à ses propres déformations, engendrant alors un conflit intérieur duquel l’une ou l’autre partie sortira victorieuse : la force créatrice propulsant alors l’individu vers une remise en question, ou la force de l’ego éteignant parfois définitivement l’émergence de la vie. Mieux vaut alors ne pas commencer le travail que de le commencer dans de mauvaises conditions. Le développement de la Kundalini est une œuvre sacrée, et comme toute œuvre sacrée elle nécessite l’approche adéquate.


Mais rien de bien dangereux dans tout cela, pas plus dangereux que ce qu’est la vie elle-même et ce que nous y avons construit car la vie est un balancement permanent entre la sollicitation vers la créativité par la poussée de l’évolution, et la force du chaos s’y opposant plus par résistance et ignorance que par intention pure. Faire naître la Kundalini au sein de cette balance c’est faire pencher le plateau du côté de l’évolution, non pas parce que le poids de l’obscurité disparaîtra, mais parce que celui de la lumière augmentera, propulsant alors l’individu vers une évolution accélérée. Ne pas entreprendre cette œuvre, ou toute autre œuvre évolutive, c’est assurément laisser le poids de l’obscurité nous rattraper, car nous sommes mortels par nature, et le potentiel de vie reçu à notre naissance n’est renouvelable qu’en de rares exceptions. Notre peur n’est donc que celle existante déjà face à notre vie, car que savons-nous de l’inconnu, peut-on avoir peur de ce que nous ignorons, si ce n’est par projection de ce que nous connaissons ? La peur étant par nature un phénomène contagieux, nous pouvons observer avec quelle facilité nous pouvons perpétuer celle-ci. Ainsi, pour beaucoup, la Kundalini est devenue par ce fait un symbole d'angoisse. Il est dommage de constater à quel point un phénomène de la vie, sensé entre autre, nous apporter les réponses à notre condition traumatique puisse devenir exactement son contraire, l'objet même de nos peurs.


Indépendamment du fait que la Kundalini puisse s’éveiller chez tout être humain naturellement et sans condition particulière, qu’est-ce qui fait que le yoga puisse particulièrement favoriser le phénomène ou être utilisé pour cela ?

En fait, il suffirait que l’individu soit, ne serait-ce qu’un instant, totalement aligné sur la fréquence de sa nature divine pour que cela puisse se produire. Nous avons déjà parlé de cela dans un article précédent. Créer cet alignement n’est pas chose difficile si nous savons nous y prendre. Le hatha yoga ou yoga des postures, favorise l’équilibre des forces physiques, les pranayamas ou exercices respiratoires, la purification du corps d’énergie, et la méditation l’apaisement du corps subtil. Respectivement ces trois aspects du yoga, menés adéquatement suffisent à eux seuls à créer les conditions de cet alignement. L’Etre Divin peut alors intervenir et appeler sa composante inverse, la Kundalini enracinée dans le corps, car plus rien alors ne le sépare d’elle. Son éveil est alors spontané, puissant et complet. Mais tout ceci peut aussi se réaliser progressivement par une approche plus extérieure et un développement progressif de l’énergie. Dans un cas comme dans l’autre, nul risque particulier si ce ne sont ceux déjà cités, et même là le résultat final ne pourra être qu’un mieux de ce qui aurait de toute manière été sans.


1 Lorsque le K majuscule est employé il désigne uniquement la Kundalini du 3e type



 

Jean-Michel Jutge


Dossier complet:

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vendredi 21 mars 2014

"CE QUE LA SCIENCE DIT DE L'ENERGIE VITALE''


Entretien avec le Dr Thierry Janssen

Pour le Dr Thierry Janssen, auteur de La Solution intérieure, un ouvrage remarquable - qui fait la synthèse entre toutes les données scientifiques sur le corps, les émotions, les croyances, les pensées et même l'âme ! -, la « notion floue » d'énergie vitale a justement l'immense mérite de permettre de faire le lien entre les différents niveaux de l'être.

Formé en Belgique, en France et aux États-Unis, le Dr Thierry Janssen est spécialisé en gynécologie et en urologie. Très tôt cependant, la spécialisation à outrance de la médecine occidentale le choque. Sensible aux approches transdisciplinaires et aux médecines différentes, il s'engage dans une recherche à la fois scientifique et humaniste, qui l'amène à publier plusieurs ouvrages proposant une vision holistique - dont le dernier, La solution intérieure , est paru en 2006 (éd. Fayard). Pour lui, tout être est un dans ses différentes composantes : physiques (sensations et perceptions), émotionnelles (émotions manifestées physiquement et sentiments éprouvés mentalement), intellectuelles (raisonnement). Or, ce qui exprime le mieux la réunion harmonieuse du corps, de l'âme et de l'esprit est, selon Janssen, une notion extrêmement vague et même galvaudée, mais pour l'instant irremplaçable : l'énergie vitale. Nous nous sommes entretenus avec lui sur ce paradoxe.

Nouvelles Clés : Le mot « énergie » revient dans toutes les bouches. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Thierry Janssen : Dans nos systèmes de pensée médicaux occidentaux, basés sur un dualisme dichotomique entre corps et esprit, nous n'avons plus de modèle pour exprimer le lien qui existe entre les deux - et entre toutes choses finalement. Les approches qui se veulent holistiques sont obligées, dirait-on, d'aller chercher des modèles en Extrême-Orient, parce que là-bas, la pensée n'ayant pas été dans cette voie de dichotomie, elle a gardé une manière d'exprimer le continuum entre corps et esprit - et entre tous les niveaux du vivant. Or, on constate que, tant du côté de la Chine que de l'Inde, cette liaison est résumée sous la forme de concepts que l'on traduit chez nous par « énergie ». Les Chinois parleront du qi, les Indiens du prana, et nous, Occidentaux, nous avons beaucoup de mal à comprendre, cherchant à savoir s'il s'agit d'une énergie électromagnétique, ou nucléaire, ou mécanique, ou calorique... Et nous ne trouvons pas. Nous devrions nous rappeler qu'énergie vient du grec energia, qui veut simplement dire « force en action ». Ce concept flou permet à toutes ces médecines plus intuitives et holistiques - justement grâce à son imprécision - de montrer qu'elles agissent à tous les niveaux de l'individu, sans le cloisonner. C'est un continuum entre matière et pensée.

Selon l'équation d'Einstein, E = MC2, il y a équivalence entre matière et énergie, celle-ci se présentant tantôt comme « en réserve », tantôt comme « en action », tantôt comme les deux à la fois. C'est ce que veulent nous montrer les médecines orientales. Quand elles agissent sur le qi ou le prana (par l'acupuncture, ou les exercices respiratoires du yoga, ou le qi qong et son dérivé taï-chi), elles permettent une fluidité parfaite entre tous les niveaux de l'individu, entre sa pensée et son intellect, entre sa détente mentale et sa relaxation corporelle.

N. C. : Mais la vision scientifique d'aujourd'hui ne distingue-t-elle pas, d'une part, la matière/énergie (E=MC2), d'autre part, l'information (d'énergie nulle et donc démultipliable à l'infini) ? D'ailleurs, ne retrouve-t-on pas là un savoir ancien : ainsi, quand j'ai la sensation de « manquer d'énergie », je dis : « J'aimerais retrouver la forme » - or, la forme, c'est de l'information, pas de la matière/énergie !

T. J. : Oui ! Et j'ai justement le sentiment que l'Occident et la médecine occidentale trouveront leur nouveau souffle quand ils accepteront de se mettre à l'ère... où nous sommes déjà, c'est-à-dire à l'ère de l'information. Or, c'est très curieux : la médecine n'en est pas encore là. Elle utilise certes des instruments « informatiques », mais dans sa vision profonde, l'inertie la maintient dans l'ère précédente, qui était mécanique. Pour reprendre votre question, E=MC2, c'est l'idée que la matière est de l'énergie condensée, et le principe organisateur de cette matière/énergie est en effet de l'information. Donc matière, énergie et information sont trois façons d'aborder la nature des choses. Et il est amusant de voir que le problème de l'Occident, qui est en même temps son avantage, c'est qu'il a éprouvé le besoin d'explorer chacune de ces facettes le plus loin qu'il a pu, séparément du reste. Ce faisant, il a réussi à développer la science et toutes les technologies modernes, mais il s'est aussi enfermé dans des modes d'existence et d'expérience cloisonnés. Les Extrême-Orientaux n'ont pas atteint notre niveau technologique, précisément parce qu'ils n'ont jamais séparé comme nous la nature des choses en concepts distincts. L'avantage de cette limite, c'est qu'ils n'ont pas perdu le continuum et qu'ils interviennent, avec un seul outil (qi, prana... ou pneuma comme nos anciens Grecs), simultanément aux différents niveaux de l'être. Cette convergence, c'est ce que notre psycho-neuro-immunologie commence à retrouver, montrant comment on passe du psychisme au système nerveux, puis descendant jusqu'à l'expression cellulaire et génétique du corps.

N. C. : Quand je suis épuisé, surtout moralement, une simple information - par exemple un coup de fil amoureux - peut me redonner instantanément toute mon énergie, au point que je vais traverser la ville en courant ! N'est-ce pas le signe qu'en réalité, je n'ai jamais « manqué d'énergie », mais que celle-ci trouvait en moi un barrage, qui l'empêchait de circuler ?

T. J. : Mon premier chapitre parle du placebo, avec lequel nous avons beaucoup de mal dans la médecine occidentale. On ne peut comprendre comment un comprimé de sucre ou une attitude positive influencent la santé du corps que si l'on accepte d'abandonner le concept cartésien de séparation. C'est très simple quand on voit les manifestations de la pensée dans notre corps : une bonne nouvelle peut effectivement suffire à nous donner une montagne d'énergie ; inversement, en une fraction de seconde, un autre coup de fil peut nous jeter dans un malaise insupportable et nous vider. En termes biochimiques, on constate aujourd'hui qu'effectivement, quand on a des pensées positives et que le cerveau gauche est plus mobilisé, on active plus facilement le système parasympathique de la relaxation - et donc on a des sécrétions de molécules qui vont dans le sens de la réparation et de la récupération. Alors que quand on est dans des pensées négatives, on active plutôt son cerveau droit, qui va stimuler les glandes surrénales et tout le système orthosympathique du stress, avec l'adrénaline (pour s'enfuir ou combattre) et le cortisol (pour activer les défenses immunitaires), ce qui conduit finalement à un épuisement de l'individu. Donc une pensée ou une intention négatives auront pour répercussion physiologique une perte de potentialité d'action, alors qu'une pensée ou une intention positives relèveront au contraire cette potentialité. Et de nouveau, on ne peut pas préciser s'il s'agit d'énergie psychique ou d'énergie physique, puisque les deux sont étroitement liées.

N. C. : Vous placez les pensées positives dans le cerveau gauche et les négatives dans le droit ? Je ne connaissais pas ce découpage-là !

T. J. : Ce sont notamment les récents et extraordinaires travaux de Richard Davidson, qui ont montré qu'un contexte négatif ou dépressif provoque une activation préférentielle du cortex préfrontal droit. À l'inverse, des émotions positives nous font activer notre cortex préfrontal gauche. Considérant l'évolution du cerveau au cours des millénaires, il est de plus en plus admis que le cerveau droit est antérieur au gauche. Il est d'ailleurs un peu plus gros et plus vite formé chez le bébé. Les bébés sont plus facilement dans des émotions négatives, peurs, pleurs, malaises, douleurs, que dans des émotions positives. Pourquoi ? Probablement parce que les émotions négatives sont les signaux d'alerte du corps en danger, donc propres au nouveau-né et apparus au début de notre évolution, quand la question était de survivre dans un contexte dangereux, où il était vital d'avoir peur ou de se mettre en colère, pour fuir ou combattre. Ce n'est que plus tard, semble-t-il, que l'évolution nous a apporté un lot d'émotions positives, grâce auxquelles nous parvenons à vivre en groupe, à créer des relations, à aplanir des conflits, à obtenir une cohésion sociale. Aux États-Unis, des tas de laboratoires s'intéressent désormais beaucoup à cette approche, évidemment soutenus par le courant de la psychologie positive.

À sa façon, l'Occident commence donc lentement à comprendre toute une cascade de faits dont il ne voyait pas les liens jusqu'ici... C'est drôle, récemment j'ai fait une conférence devant des neurologues, qui ont ouvert de grands yeux et sont venus me dire à la fin : « Tout ce que vous avez dit est vrai, nous ne le savons par la pratique, mais nous n'avions jamais fait le lien. » La plupart n'avaient jamais ouvert un livre de psycho-neuro-immunologie ! Cela m'attriste que, dans ma culture, à force d'approfondir les détails, on ait à ce point oublié de faire les liens. Le Prix Nobel Linus Pauling disait : « L'important, c'est le lien. »

N. C. : Éclairez-nous donc sur un lien très quotidien. On dit qu'un produit de l'agriculture biologique est « énergétiquement plus vivant » qu'un produit de l'agriculture chimique. Pour vous, médecin et scientifique, cela a-t-il un sens ?

T. J. : Oui, en référence au principe de cohérence, qui va devenir central, je crois, en science, mais aussi en philosophie et en spiritualité. On sent aujourd'hui, que dès qu'il quitte sa cohérence, tout système, biologique ou pas, perd de la « vitalité », c'est-à-dire de sa potentialité et de sa force en action. Exemple psychologique : quelqu'un qui n'est plus cohérent avec lui-même, qui trahit ses intentions et ses aspirations profondes, entre en dépression et perd son énergie : il ne fait plus rien, reste dans son lit, voit l'avenir en noir, aplatit la vie. Dès que le thérapeute parvient à le remettre dans son système de cohérence, son énergie revient : il peut de nouveau agir dans le monde et sa pensée redevient créative. Malheureusement, aujourd'hui (il nous faut voir les limites de notre culture), l'Occident mondialise une vision prétentieuse de l'être humain, qui prétend se placer en dehors de la matière, notamment depuis le Siècle des Lumières, quand le philosophe John Locke disait : « La négation de la nature est la voie du bonheur. » Nous vivons toujours dans cette optique, où nous croyons que nous devons dominer la nature, la contrecarrer, l'empêcher de suivre ses cycles naturels. Ce faisant, nous créons des incohérences dans les systèmes naturels et nous leur enlevons de la vitalité, à tous les niveaux : mécanique, énergétique, intentionnelle - car tout être vivant a, profondément en lui, une intention, une sorte de logique de cause à effet... que le bouddhisme éclaire de façon intéressante. On pourrait dire qu'il y a risque d'incohérence dès que nous intervenons dans la loi de cause à effet et que nous provoquons des manifestations illogiques.

N. C. : Pour déborder d'énergie, il faut donc se connaître soi-même ?

T. J. : Absolument. Et bien définir quels sont nos besoins essentiels. Cela peut prendre une vie (d'où le titre de mon premier livre, Le travail d'une vie ), d'aller jusqu'au fond de se soi, pour comprendre quel est l'essentiel singulier auquel nous devons répondre en nous, quelle est notre essence, autrement dit où s'allume notre vitalité profonde (l'essence ne fait pas seulement tourner les moteurs de nos voitures !). Si je m'imagine que mon essence est de passer du bon temps dans des lieux à la mode, je risque de perdre ma vitalité profonde si, en réalité, ma cohérence est ailleurs. Les lieux à la mode sont d'ailleurs remplis de gens qui consomment du prozac ! Pour le thérapeute qui soigne des gens très malades, il est souvent évident qu'ils ont choisi des voies de vie trop éloignées d'eux-mêmes. Si on leur permet de retrouver, couche après couche (parce qu'on triche avec soi-même depuis longtemps), leur intention profonde, ils gagneront en cohérence et donc en vitalité. À l'inverse, on est stupéfait de voir certains grands artistes, même âgés, déployer une énergie créatrice prodigieuse, travaillant nuit et jour, au-delà du concevable : c'est qu'ils sont en cohérence puissante avec ce qu'ils sont profondément. Et ça peut déplacer des montagnes ! D'un certain point de vue, oui, la vraie nature de cette « énergie » est de l'information. Une information globale, que plus tard, le public de l'œuvre en question recevra comme un choc hyper complexe, qu'il faudra des années pour analyser !

Propos recuillis par Patrice van Eersel


http://www.cles.com/enquetes/article/ce-que-la-science-dit-de-l-energie-vitale

vendredi 14 mars 2014

"GITTA MALLASZ LA BAROUDEUSE DES ANGES"


par Patrice van Eersel

Celle dont le nom restera synonyme du livre Dialogues avec l'Ange était-elle un simple « scribe », comme elle disait, ou un maître spirituel ? Aujourd'hui, ses anciens « élèves » divergent à ce sujet - les uns se sentant d'abord attachés au livre, les autres à la personne. Une chose est sûre, l'ancienne nageuse austro-hongroise, rugueuse, drôle et débordante d'énergie, fut le catalyseur d'une expérience hors norme, qui déboucha - aux portes de la Shoah - sur une sidérante leçon de joie. Une leçon qui répond exactement aux questions d'aujourd'hui.

Sans Gitta, l'expérience des Dialogues n'aurait certainement pas eu lieu. « Celle qui rayonne », comme la qualifiait la « voix de son ange », constitua l'un des deux pôles d'un arc extraordinairement puissant. L'autre pôle, « celle qui mesure », une femme également, de la bouche de qui sortirent les fameux Dialogues, était son amie Hanna Dallos. Tout l'inverse d'elle : douce et patiente, d'une intelligence fine et d'une grande culture. Gitta fournissait l'énergie animale. Hanna lui donnait une forme. Nulle opposition, mais un formidable bras de fer amoureux. Dans l'enseignement qui se dégagea finalement de leur questionnement réciproque, énergie et forme, matière et lumière, corps et esprit furent constamment décrits comme « amoureux l'un de l'autre », l'humain constituant la clé de leur rencontre, la clé du cosmos entier !

Mais il faut camper le contexte, pour ceux qui ne connaîtraient pas cette histoire sublime et tragique. Une histoire à laquelle nombre de nos proches auront la chance de se frotter, rétroactivement, après que Gitta Mallasz se fut enfuie de la Hongrie communiste et réfugiée en France, en 1960, où elle resta jusqu'à sa mort, en 1992.

Explosion de sens en pleine modernité

L'histoire commence dans l'Autriche-Hongrie impériale. Fille d'un général magyar et de son épouse autrichienne, Gitta Mallasz est une diablesse haute comme trois pommes de Slovénie, qui fait tôt parler d'elle dans tout le pays. Les Hongrois aiment la natation et la jeune fille est une championne - en piscine et dans le Danube. C'est aussi un pitre - elle gardera jusqu'à la fin un goût des blagues à vous faire tordre de rire (ses hôtes des dernières années, Bernard et Patricia Montaud, en savent quelque chose). C'est enfin une amoureuse redoutable, dont les fiancés tomberont les uns après les autres, sans qu'elle s'en soucie beaucoup. Quand elle rencontre Hanna Dallos, sur les bancs des Beaux Arts, tout les oppose. Fille d'instituteurs juifs raffinés et doux, Hanna est plutôt fragile. Mais elle a aussi beaucoup d'humour et Gitta l'amuse énormément. Contre toute attente, elles deviennent amies - après le mariage de Hanna avec le styliste ébéniste Joseph Kreutzer.

Budapest est alors une ville moderne très en vue. Nos jeunes gens se retrouvent dans un atelier de design, d'art graphique et de publicité, que dirigent Joseph et Hanna. Avec les ans, la fascination s'inverse. Gitta est folle d'admiration pour Hanna, plus mûre qu'elle et jouant vis-à-vis de ses collaborateurs et apprentis un rôle de guide artistique, intellectuel et spirituel. D'une culture éclectique, Hanna les entraîne dans des discussions passionnées. Un petit groupe se forme, auquel participe aussi Lili Strauß, une jeune femme connue pour sa douceur et sa capacité à enseigner, en Hongrie, une méthode de rééducation corporelle d'avant-garde, tirée du yoga...
Mais les temps s'assombrissent. L'idéologie antisémite envahit tout. Hanna, Joseph et plusieurs collaborateurs ne peuvent plus travailler. Fille d'un général antibolchevique (il a maté la révolution de Bela Kun en 1919), Gitta peut les « couvrir » et passer les commandes à leur place. Le petit groupe poursuit ses conversations en catimini. Si Hanna, Joseph et Lili sont nés juifs et Gitta catholique, aucun ne se reconnaît dans une religion. En avance sur leur temps, ils s'intéressent par contre à toutes les traditions spirituelles, d'Occident comme d‘Orient. La conversation tourne beaucoup autour du mensonge, « bien plus grave que la violence ». Sur de nombreux points, Hanna est influencée par les explorateurs orientaux de la « non-dualité », qui lui soufflent que « le corps et l'esprit sont un » et que « le mal n'est que du bien immature ». Mais les religions du Livre sont très présentes aussi. Question : si le Verbe crée le monde (thème judéo-chrétien omniprésent, de la Genèse à l'Apocalypse de saint Jean), le vrai péché n'est-il pas de le trahir, autrement dit de mentir ? Or, que font d'autre les dirigeants du monde, et pas seulement les totalitaires ? À ce stade, Gitta est une élève parmi d‘autres, à l'écoute de Hanna ; si elle dépasse ses camarades, c'est surtout dans le genre étourdi, zélé et chien fou.

La guerre éclate et l'atmosphère devient de plomb. Comme toute la noblesse hongroise, le dictateur Horthy n'aime pas les Allemands nazis. S'il collabore avec eux, c'est de loin, à la manière de l'Espagnol Franco ou du Portugais Salazar. Bien qu'antisémite, il refuse de livrer « ses » juifs, qui constituent l'essentiel de la bourgeoisie de Budapest, son économie. Presque jusqu'à la fin, les nazis, trop occupés ailleurs, toléreront cette indépendance... Résultat, pour 750 000 juifs, la Hongrie va devenir un balcon sur l'enfer. Une cocotte-minute. Dans tous les pays alentour on déporte à tour de bras... et ici non ? Cinquante ans après, ayant traversé la guerre dans le ghetto de Pest, Maria Torok, juive hongroise devenue psychanalyste en France, assurera que, dans cette atmosphère surtendue, plusieurs phénomènes similaires aux Dialogues avec l'ange ont littéralement « explosé ». De quoi s'agit-il donc ?
Le mystère de l'inspiration créatrice

Le petit groupe finit par se réfugier à Budaliget, un faubourg, sur les hauteurs de Buda. C'est là que, le vendredi 25 juin 1943, à 15 heures, tandis que Hanna et Gitta conversent, seules, éclate un événement qui va les catapulter à un autre niveau de conscience. Alors que rien ne l'annonce, Hanna change soudain de ton et déclare à Gitta : « Attention, ce n'est plus moi qui parle ! », avant de partir dans un discours extrêmement beau - et sévère - adressé à son amie. Sur le coup, Gitta se trouve écrasée. Son « guide » lui assène : « On va te faire perdre l'habitude de poser des questions inutiles ! » Le ton est donné. À partir de là, pendant dix-sept mois, ce phénomène se reproduira une centaine de fois, tous les vendredis à 15 heures - quatre-vingt-huit de ces « Dialogues » seront pris en note, dans des cahiers à couverture de moleskine noire qui deviendront célèbres... trente-trois ans plus tard.
Dès le premier entretien, c'est un enseignement de très haut niveau qui s'énonce, dans un hongrois somptueux, lapidaire et tranchant (que les traducteurs auront grand mal à rendre, comme pour toute poésie forte).

Très vite, Lili rejoindra ses deux amies - et la voix de son guide à elle sera infiniment douce. Joseph, sceptique de nature, mettra plusieurs semaines avant de suivre - le sien s'avérant presque aussi muet que lui. Finalement, c'est à quatre - structure carré servant d'« antenne » ? - qu'ils recevront les très frappants messages de leurs « guides » (le mot ange ne viendra que beaucoup plus tard). À chaque fois, c'est Hanna qui parle, tandis que Gitta et Lili notent, chacune son tour, ce que la voix répond aux questions de l'autre. Attention : ni parole automatique, ni transe - « Il faut absolument que vous compreniez que tout cela était parfaitement na-tu-rel ! » ne cessera de nous répéter Gitta, une fois exilée en France, avec le fort accent austro-hongrois qu'elle ne perdra jamais. Pas de channeling, ni de médiumité ! Encore que...

Quelle différence entre l'inspiration d'un Mozart, avouant recevoir sa musique « sous la dictée des anges », et celle d'un médium proférant, endormi, des paroles venues d'on ne sait quel inconscient ? Interrogé à ce sujet, le théologien, philosophe et psychothérapeute Jean-Yves Leloup n'hésite pas à dire que, exception faite des tricheurs, les « inspirations » ne diffèrent pas en nature, mais en degré de conscience, le channel endormi représentant en quelque sorte le niveau zéro, et le grand prophète - mettons Moïse - l'autre bout d'une même échelle transpersonnelle (l'artiste présentant cette grosse différence avec le prophète qu'il conserve un ego, généralement énorme). Hanna, quand elle parle, est « transparente » et pourtant plus éveillée que jamais, tellement « en forme » qu'elle profère des paroles qui la surprennent elle-même ! Lesquelles par exemple ?
Un manifeste esthétique radical

Les Dialogues avec l'ange rassemblent un contenu très riche, dont on ne peut donner ici que de minces aperçus. Les « guides » des quatre amis (Celui qui mesure, Celui qui rayonne, Celui qui aide et Celui qui bâtit) se présentent comme leurs « moitiés créatrices », à jamais liés à eux - eux dont les consciences, encore prisonnières du rêve, se croient réduites à leurs « moitiés créées », à la fois « animales » et « mentales », deux états soumis au temps et donc appelés à disparaître avec la mort du corps. Jamais pourtant le corps n'est méprisé, bien au contraire. Un amour fou, disent les messagers invisibles, attire la lumière et la matière l'une vers l'autre. C'est un appel pressant à l'incarnation : « Le poids est la voie », dit l'entretien du 1er octobre 1943. Mais la participation à la pesanteur ne peut se faire que dans la joie : pour accomplir son destin, l'humain doit peser joyeusement ! On est loin des voyages astraux. Loin aussi du dolorisme. La souffrance n'est utile qu'à l'animal, à qui elle sert de boussole. Pas d'abstinence mortifère : la sexualité, par exemple, est vue comme une passerelle supérieure pour créer « l'Homme », et non pour faire « beaucoup d'hommes ». Le divin (désigné en hongrois par l'intraduisible pronom « Ö », ni masculin, ni féminin, ni neutre) se réalise Lui-Même dans un jaillissement en permanente innovation, dont chaque humain peut devenir acteur à condition d'oser hisser sa vie et ses questions à la hauteur de ce « manifeste esthétique radical », comme l'écrira Michel Cressole dans Libération, le 5 juillet 1990. Les « guides » insistent particulièrement sur cet aspect « éternellement nouveau » de la force divine, dont ils se disent les humbles messagers, pris à l'intérieur d'une hiérarchie angélique qui fait penser à la Kabbale juive.
Danser de joie dans la Shoah !?!

Sentant leur défaite inéluctable, les nazis envahissent la Hongrie en mars 1944. En quelques semaines à peine, ils déportent 95 % de la communauté juive, jusque-là épargnée et à présent jetée droit dans les fours ! C'est alors que, cessant d'être simple assistante ou catalyseur sidéré, Gitta Mallasz devient actrice de l'« expérience » que les anges disent « tenter » sur les quatre amis.

Poussée par une intelligentsia catholique d'exception, la fille du général accepte d'abord de prendre la tête d'une « usine de guerre » fabriquant des uniformes et servant, comme dans la Liste Schindler, à cacher des femmes juives transformées à la hâte en couturières. Mais si une centaine d'entre elles seront bien sauvées (avec leurs enfants), Hanna et Lili, elles, choisiront de mourir déportées (Joseph les y précède). Jusqu'à la dernière goutte d'énergie, ployant mais ne rompant pas, elles continueront à donner corps au plus incroyable et au plus insolent des messages. La guerre ? Un vieux réflexe, une habitude, une routine, un ennui mortel... - tous les signes du « Menteur ». La véritable Paix, les hommes ne la connaissent pas encore : c'est la danse des noces de la Terre et du Ciel, et celle-ci passe par l'Humain, conscient de sa part créatrice et donc immortel ! Jusqu'à la fin, dans la « cabane du commandant » de l'usine de guerre, et même ensuite à Ravensbrück, soutenue par Lili et deux autres femmes (dont Eva Dànos qui en réchappera et témoignera), Hanna et Lili, pourtant transpercées de tristesse, accueilleront l'invitation à « danser l'ébauche du nouveau monde » et à la transmettre aux déportées, transformées en cadavres ambulants, mais souriant une dernière fois et n'en croyant pas leurs oreilles.

Transmettre le message au monde entier

C'est toute seule que Gitta Mallasz vivra l'autre moitié de l'épopée. Ayant réussi à devenir la décoratrice des Ballets nationaux de la Hongrie communiste (malgré son père, général anti-bolchevique !), elle voyagera dans le monde entier, attendant que ses parents meurent pour demander l'asile politique en France. Commencera alors une longue ascension, occupée à survivre (en dessinant des pochettes de disque), puis à traduire le contenu des cahiers qu'elle a miraculeusement réussi à préserver. Avec l'aide de Laci Walder, un réfugié hongrois, épousé en mariage blanc, mais devenu son vrai (et seul) mari, et de quelques amis (dont Françoise Maupin et Marguerite Kardos), Gitta Mallasz mettra quinze ans à parvenir à un texte français publiable. C'est Dominique Raoul Duval, éditrice chez Aubier, qui trouvera le titre "Dialogues avec l'Ange"

(Gitta avait titré : Les 4 Messagers ). Quant à la promotion, elle sera assurée par trois hommes de radio, subjugués par la fougue de cette Hongroise inclassable : Claude Mettra, de France Culture, et Jacques Chancel, de France Inter - ce dernier, commencera sa « Radioscopie » de Gitta très sceptique et se retournera stupéfait, en cours d'émission, après que Gitta, inspirée, lui ait fait lire à l'antenne le passage sur le sourire...

En peu d'années, les Dialogues seront traduits dans le monde entier, sous la surveillance ultra attentive de Gitta Mallasz qui, aidée par Robert Hinshaw, éditeur de la Fondation Jung, réussira à faire parrainer plusieurs traductions par de grands esprits, souvent des musiciens, par exemple Narciso Yepes et Yehudi Menuhin . Refusant catégoriquement de devenir gourou et interdisant très explicitement à quiconque de s'ériger en interprète ou en exégète des Dialogues, Gitta, devenue veuve, s'apprêtera à finir ses jours dans un village de Dordogne. Mais le sort en décidera autrement...

Elle a 81 ans quand, roulant en pleine tempête, elle écrase sa 2CV sur une autre voiture et se fracasse les deux bras. Astreinte à ne plus rouler, elle est heureuse d'accepter, sur les conseils de Marguerite Kardos, l'invitation d'un homme chaleureux qui, depuis plusieurs années, organise les conférences qu'il lui arrive de donner : Bernard Montaud. Avec sa femme Patricia, celui-ci propose à la vieille baroudeuse de venir habiter chez eux, au milieu des vignes des Côtes du Rhône.

Là se déroulera une dernière et étonnante phase d'un parcours déjà chargé. Pressée par ses hôtes - et par des centaines de lecteurs - d'expliquer, le plus concrètement possible, comment chacun peut contacter sa « moitié créatrice », Gitta Mallasz, acceptera finalement d'enseigner la manière la plus simple, pour chacun, d'entendre la voix de son guide intérieur (et pas celle de son délire !), dans un dialogue intime dont elle finira par dire qu'il s'agit d'une « fonction naturelle » de la condition humaine.

À lire :

Les Dialogues avec l'Ange , éditions Aubier.

Quatre commentaires signés Gitta Mallasz : Les Dialogues tels que je les ai vécus , Les Dialogues ou l'Enfant né sans parents , Les Dialogues ou le Saut dans l'inconnu , et Petits Dialogues d'hier et d'aujourd'hui , éd. Aubier.

Quand l'ange s'en mêle , entretiens de Gitta Mallasz avec Bernard et Patricia Montaud, éditions Dervy.

César l'éclaireur et César l'enchanteur , Bernard Montaud, éditions Dervy/Edit'as.

La Source blanche , l'étonnante histoire des dialogues avec l'ange, Patrice van Eersel, éditions Grasset et Livre de Poche.


http://www.cles.com/enquetes/article/gitta-mallasz-la-baroudeuse-des-anges

jeudi 13 mars 2014

"METTRE SA PART D'OMBRE EN LUMIERE"


Des côtés sombres, nous en avons tous. Par quelle alchimie peut-on parvenir à les mettre en lumière et les métaboliser en une énergie constructive,
plutôt que destructrice ?

Accueillir


Égoïsme, jalousie, timidité, agressivité, trop ceci, pas assez cela… Ce qui mijote en nous n’est pas toujours de notre goût. Parfois au contraire, nos forces sombres semblent nous satisfaire, nous aimons nous y complaire. Faut-il les réprimer, de peur de ne plus être aimé, ou bien leur céder, en les laissant nous définir ? Pour la thérapeute psychocorporelle Caroline Jeannet, la clé est d’abord « d’accueillir ce qui est là », sans jugement, mais sans se laisser emporter.
Vous êtes en colère ? « Ah ! Je suis en colère. » Vous détestez telle personne ? « O.K., j’éprouve de la haine. » Une remarque vous blesse ? Notez la tension qui se crée dans votre corps. Est-elle nécessaire, maintenant ? Que pouvez-vous faire pour y remédier ? Respirer, vous masser le ventre ou les mains, relativiser... Traquez vos réactions avec curiosité, arrêtez de les estampiller « négatives », comprenez qu’elles sont simplement le fruit de circonstances, qu’il n’y a pas la vilaine ombre d’un côté et la belle lumière de l’autre : chacune a le pouvoir de faire de vous un être complet. « Si nous nions notre peur, nous minimisons notre courage. Si nous nions notre cupidité, nous réduisons d’autant notre générosité », note Debbie Ford. Plutôt que de les « mettre sous le tapis », reconnaissez leur existence ; c’est déjà un moyen de les dompter, d’éviter qu’elles vous rongent de l’intérieur ou vous explosent brutalement à la tête. Ayez envie de les débusquer, relevez le défi d’agir sur ces ombres plutôt qu’elles agissent sur vous.

Comprendre

Une fois ces ombres repérées, « identifiez leurs fonctions, c’est-à-dire les raisons pour lesquelles elles sont là », indique Caroline Jeannet. Car loin d’être des démons intérieurs auxquels on ne peut échapper, ce sont des « dragons protecteurs » mis en place dans l’enfance, en réaction à certaines expériences blessantes : soumission ou agressivité édifiée pour survivre dans un milieu violent, façade dure pour masquer une hypersensibilité…
L’ombre est une part de notre identité construite dans des moments de difficulté. Normaux pour un enfant, ces mécanismes n’ont très souvent plus lieu d’être à l’âge adulte. Assumez la responsabilité de chercher à les comprendre, de ne plus vous cacher derrière. « En contactant la souffrance de l’enfant, vous donnez du sens et de l’empathie à l’attitude qu’elle a engendrée », et commencez à la déconstruire. Prenez aussi conscience de vos stratégies de défense. Êtes-vous dans le déni total de vos parts sombres, ou plutôt dans le reniement – vous les connaissez mais les rejetez ? Êtes-vous dans la projection, le rejet de la responsabilité sur l’autre, ou dans une identification à 100 % à vos ombres, au point de vous dire : « Je suis nul, je ne vaux rien » ou de passer à l’acte, en devenant le jouet de votre Mister Hyde ? Observez également comment votre comportement change en fonction de votre degré de fatigue ou du contexte social. Vous êtes timide, mais sur une scène de théâtre, vous vous galvanisez et osez tout ? Vous êtes plus vaste que vous ne l’imaginez, alors cessez de vous conformer à l’image que vous vous êtes forgée de vous-même.

Explorer

Fermez les yeux, détendez-vous, accédez à un état favorable à l’ouverture de conscience. En « héros courageux », posez l’intention de plonger dans « l’énergie de vos ombres pour voir ce qu’elle révèle », conseille le thérapeute psychocorporel Félix Haubold. Listez les défauts que vous détestez et les mots qui vous blessent : leur charge émotionnelle est révélatrice. Quelles sont les 5 choses que vous n’aimeriez pas qu’on écrive à votre propos ? Notez aussi celles qu’on pourrait dire sans que cela vous touche. « Ne sont-elles pas toutes des vérités ? », suggère Debbie Ford. Réfléchissez : quelles sont les croyances qui dirigent votre vie ? Comment sont-elles nées, sous l’influence de quelles personnes ou de quelles circonstances ? De quoi vous protégez-vous (et vous privez-vous) en les perpétuant ? Essayez d’identifier l’événement originel, afin de le dépasser et d’ouvrir la cage à la partie de vous qui s’y est cristallisée. Si c’est difficile, n’hésitez pas à vous faire accompagner.
Traquez aussi les comportements qui vous agacent ou vous interpellent chez les autres : ils sont souvent le miroir de ce qu’on refuse de voir en soi. Pourquoi vous perturbent-ils ? A quoi réagissez-vous ? Dans quelles situations avez-vous fait preuve d’une attitude similaire ? Petit à petit, vous commencerez à percevoir en vous un microcosme entier. Impossible dès lors de morceler, de porter des jugements péremptoires… Embrassez vos peurs, acceptez votre vulnérabilité, prenez le risque de vous ouvrir, de vous découvrir. Aussi déstabilisante qu’elle paraisse, cette mise en mouvement – comme la mise en mots de ce que vous ressentez – fera sauter vos carcans.

Métamorphoser

S’amorce alors « un processus alchimique », dit Caroline Jeannet. Prenez Milarepa ou Gandhi : à force de persévérance, ils sont parvenus à transmuter l’énergie de l’humiliation et de la vengeance liée à leur histoire personnelle, en une force d’amour et de paix. Dotez vos parts d’ombre de personnalités : Mathilde la timide, Gaspard le vantard… Imaginez leur physionomie, leur façon de parler, de se comporter. Elles vous seront d’emblée plus sympathiques ! Demandez-leur ce qu’elles ont à vous apprendre, de quoi elles ont besoin. La moutarde vous monte au nez ? Dites-vous : « Voilà Jojo le coléreux ! » Vous n’osez pas donner votre avis ? « Revoici Louise la soumise ! » Cette mise à distance est opérante ; vous commencerez à devenir spectateur de vous-même, à percevoir vos ficelles, à vous en dégager. Si l’émotion est trop forte, écrivez-la, peignez-la « pour engager le corps, la créativité et le plaisir », explique Caroline Jeannet – ou, comme le propose Debbie Ford, tapez sur des coussins ! Au bout d’un moment, la charge émotionnelle se tarira, ou une facette plus profonde de cet aspect de votre personnalité se révélera, qui vous éclairera peut-être sur son origine. Puis cherchez les qualités de chacune de vos sous-personnalités. « L’agressivité, par exemple, recèle une puissance », indique Caroline Jeannet.
Aller reconnaître la force nichée à ces endroits permet à celui qui parvient à canaliser cette part de lui-même de la récupérer et de l’utiliser. L’ombre peut être l’expression excessive d’une qualité, alors « baissez un peu le volume », conseille Debbie Ford, mettez-y de la souplesse et du cœur, vous en percevrez le potentiel. Et reprenez le pouvoir en imaginant une interprétation constructive de la raison pour laquelle cette ombre a émergé. Ainsi, Debbie Ford confie avoir longtemps eu un problème avec la laideur parce que son père, lorsqu’elle était enfant, l’appelait « face de souris ». Cette perception l’a minée, jusqu’à ce qu’elle décide de confronter l’humiliation et de la convertir : ces mots n’étaient-ils pas un signe d’affection, un moyen de la préparer à la rudesse du monde réel ?

Intégrer

Tout se joue ensuite au quotidien. « Les nouveaux chemins, pour être efficaces, doivent s’ancrer organiquement dans la tête et le corps », explique Félix Haubold. Créez-vous « des temps et des espaces » où vous immerger dans le plaisir de voir, de percevoir, de vous sentir vivant : vous faire couler un bain, partager la compagnie d’êtres aimés, sentir votre respiration s’ouvrir au gré d’un massage ou une larme couler à la lecture d’un roman, vous ménager un moment de silence le matin, en posture de méditation ou en sirotant votre thé… « Il n’y a pas de recette », à chacun de trouver sa manière de se ressourcer, de se découvrir là, présent, complet.
Puis reconnectez-vous régulièrement à cet état de conscience, car « nos parts d’ombre évoluent en permanence », rappelle Caroline Jeannet. Petit à petit, cette « proximité à soi » permet de mieux réagir aux aléas, de ne plus chercher à être « parfait » – ce qui reste la conformité à une norme – mais intègre, en pleine cohérence par rapport à soi, aux autres, aux circonstances. Dans cette unité, un étrange processus se met en place. Voyez comment votre justesse transpire dans chacune de vos attitudes, comment cette fluidité permet à l’entièreté de votre être de s’exprimer, sans crispation ni heurt. Alors vous rayonnez, sans même chercher la lumière.

"La part d'ombre du chercheur de lumière" Debbie Ford
(Éditions J'ai Lu)


http://www.inrees.com/articles/mettre-sa-part-ombre-a-la-lumiere/


mardi 11 mars 2014

"L'ESSENCE DIVINE" 3


l'Essence Divine
Par Jean-Michel Jutge
(Copyright 1999  - 2014)


Lorsque, dans le processus de la kundalini, l'Essence Divine est réalisée, apparaît une pulsion fondamentale qui anime tout votre Être et vous pousse à vouloir crier « Vous êtes Dieu » qui comprend intrinsèquement la pulsion « Je vous aime ». Au cœur de la conscience est né l’Être Divin, et celui-ci constitue le centre de l'individualité. Le soi n'est plus vécu alors comme une entité égotique mais comme un foyer d'où émane la Présence Divine, sorte de vortex transcendant rayonnant sur la conscience environnante. Comment décrire une telle chose sans en altérer la nature ? Quand bien même les mots adéquats puissent être trouvés, qui peut donc se représenter la chose sans en connaître la réalité ? Et celui-là même vivant celle-ci n'aurait aucun besoin de se la représenter. Mais l'appel de l’Être s'adressant à l'humanité et criant « Réveillez-vous ! » cherche alors mille moyens d'atteindre l'obscurité d'un être humain inachevé et ignorant de sa réalité. La première des actions est donc l'information car celui qui ne se croit que matière ne se donnera jamais la possibilité de se transcender ; à moins que la Grâce ne vienne l'atteindre, ce qui est le propre de l'amour, et assurément celui-ci agit en tout temps et toute circonstance comme un appel permanent du Créateur vers sa créature ignorante de ses origines. 


« Je vous aime » donc, là est la pulsion fondamentale de notre Être, et on comprend mieux, vivant cela, sous quelle force est née du Créateur la création elle-même. Car par identité, l'individualité humaine qui est Essence Divine en comporte les aspects essentiels. Il n'y a absolument rien à dire de tout cela, seulement à le vivre. Mais c'est là toute la difficulté. Comment vivre une telle chose sachant le gouffre intérieur qui nous sépare de cette réalité. Et l'on pourrait se demander s'il est souhaitable de rentrer en contact avec cette réalité car alors, sortant de notre état d'inconscience, l'échelle des valeurs bascule et assurément, nous devenons atypiques, étrangers et seuls au monde car l'autre reste inaccessible, l'illusion du moi ayant été démasquée ; sauf, sauf ... si l'amour naît entre les cœurs. Alors, et alors seulement l'autre est, et « je suis » par l'autre, au-delà du « je suis » par moi-même. Toutefois, cette solitude n'est pas celle de la souffrance, mais celle de celui qui se sait « je », unique et donc totalement ouvert. Car l'un ne peut naître que par contraste avec l'autre. Dans l'individualité totale naît l'amour total.

 

« Je suis » donc ; mais ce « je » qui se sait être n'existe pas pour lui-même ; son propre centre reste vide ; ou plutôt, il est rempli de la divinité car fondu et uni au Dieu total, l'un dans l'autre, main dans la main, comme deux amants se reconnaissent mutuellement, et, en vérité, que serait la créature sans son Créateur ? Si l'on se retourne alors vers le soi inaccompli, c'est-à-dire, l'aspect de la conscience périphérique, celle héritée de la vie et de la multitude des formes de la conscience issues de la création, alors l'amour devient créativité et œuvre, et se partage dans la forme. C'est alors l'évolution. L’Être quitte sa béatitude éternelle pour plonger dans la manifestation. La beauté prend forme, servante du bien, elle manifeste alors le germe d'une pulsion nouvelle telle une magnifique fleur au milieu d'un champ de chaos, exhalant un parfum disponible pour chacun. Parfois la fleur fane, d'autres naissent au gré de la circonstance. Mais la pulsion fondamentale demeure et si parfois le champ est vide, dans l'attente d'une nouvelle éclosion, l’Être au centre demeure inaltérable et prêt à ressurgir et renouveler son action créatrice. Ce qui est vrai pour soi l'est aussi à grande échelle et on voit parfois naître dans le monde une action créatrice de grande ampleur, une mutation de l'univers ou de la vie impulsant à l'évolution de nouvelles orientations. Qui peut croire encore qu'il n'y ait pas d'intelligence en œuvre dans l'univers ? Croyez-vous que le hasard et le chaos aient pu engendrer une telle merveille ? Pas une chance sur une infinité. Mais vous pouvez ne pas croire à cela, parce que c'est un autre qui vous le dit. Dans ce cas, vérifiez par vous-même.

 

« Je suis l'amour » mais je suis cela si je découvre ce cœur de moi-même créateur de l'amour. Ainsi si vous n'êtes que haine, alors, le « je » n'est autre que la haine, et la haine est ma nature. Or, précisément, la connaissance de soi n'est autre que la connaissance de cette nature. En cet instant je suis l'amour. Puis-je connaître et découvrir la source et l'origine de cet amour ? En cet instant, je suis la haine. Puis-je connaître et découvrir la source et l'origine de cette haine ? Que suis-je en cet instant ? Et sans mot, sans a priori, je regarde. Que suis-je ? Je ne cherche pas une entité Divine quelconque car le « je » n'est peut-être pas celle-ci, même si l'entité Divine existe quelque part. Voyez-vous ? Le « je » évolue. Il peut être haine, amour, pensée, peur, plaisir, joie, désir, conscience, obscurité, souffrance ... Le « je » n'est pas statique, figé. Il peut changer d'instant en instant. Que suis-je en cet instant ? Voir ce que je suis, sans mensonge, avec honnêteté, en y exerçant toute mon attention, est me découvrir. Je peux être vide, je peux être plein, qu'importe, je prends contact avec cette réalité en y exerçant toute ma sensibilité, sans obstination, pour mes loisirs ou avec sérieux, mais je prends contact. Et chaque fois que je verrai, alors je me rapprocherai un peu plus de moi-même et de ce cœur Divin et Absolu, qui est la part de Dieu dans l'homme.

 

« Vous êtes Dieu » ai-je envie de crier à l'humanité, de souffler dans l'oreille de l'homme. Mais crier ou souffler servirait-il à quelque chose si chacun ne partait pas à la conquête de lui-même qui est la conquête du monde et de l'univers.

Dossier complet:

http://serenagaia.blogspot.fr/search/label/KUNDALINI%20ET%20EVOLUTION%201

http://serenagaia.blogspot.fr/search/label/KUNDALINI%20ET%20SPIRITUALITE%202

lundi 10 mars 2014

"LES ANIMAUX ET NOUS: UN NOUVEL AVENIR?"


Qui sont vraiment les animaux à nos yeux ? Si une pétition fait le tour du web pour changer leur statut dans le Code civil, de nombreuses questions restent en suspens… Pourquoi ne les respectons-nous pas autant que les êtres humains ? Nos amis les bêtes sont des êtres bien vivants et sensibles, alors... Quel avenir leur réserve-t-on ?
Nos amis les bêtes ne sont pas cantonnés à des contrées sauvages et reculées. La moitié de la population française vit avec des animaux, auxquels il faut ajouter ceux qui sont en élevage. « Nous entretenons, avec ces autres formes de vie, des relations beaucoup plus étroites que la plupart des gens veulent bien l’admettre, nous dit le biologiste Rupert Sheldrake (…) Mais cette réalité est mal représentée dans les discours officiels. Il y a presque comme un tabou de parler de nos animaux ». Que ce soit pour le plaisir de leur compagnie, pour les utiliser ou les consommer, de manière directe ou indirecte, ces millions d’animaux font partie de notre quotidien. Quelle considération sommes-nous alors prêts à avoir pour cette « masse animale » qui vit parmi nous ?


Changer de regard

Deux singes sont placés dans deux cages différentes, côte à côte. L’un d’entre eux a la possibilité de tirer sur une chaîne pour avoir de la nourriture. Seulement, lorsqu’il fait cela, une décharge électrique est envoyée à son compagnon. Que va faire le singe, se demandent les psychiatres qui ont monté toute l’opération ? A mille lieues de ce qui avait été présagé, « ces singes se laissaient volontairement affamer pour éviter d’infliger une souffrance à l’autre », raconte Frans de Waal, primatologue, dans son livre L’âge de l’empathie. Cette histoire ébranle l’image de l’animal insensible, égoïste et animé d’instincts pulsionnels qu’il ne contrôlerait pas. Cet archétype implanté dans l’imaginaire populaire par une science maintenant poussiéreuse a sérieusement besoin d’être revu. « Une chienne est devenue célèbre pour avoir sauvé à Buenos Aires un bébé abandonné, en le plaçant à côté de ses chiots. On a vu une tigresse du Bengale, dans un zoo, nourrir des porcelets », poursuit Frans de Waal. Les animaux semblent tout à fait capables d’empathie, de tempérance, et de générosité.

Et des a priori sur les animaux, nous en avons plein. Autre exemple, notre vision de leur système hiérarchique. Comme nous l’explique la philosophe Vinciane Despret dans son ouvrage Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? , nous faisons des arrêts sur image pour décider de ce qui est vrai, là où les animaux changent constamment. Tels les coureurs qui font une course de relais, les animaux vivant en meute se passent régulièrement le bâton. Un coup l’un est le premier à avoir accès à la nourriture, un coup l’autre décide des déplacements du groupe, mais tout change régulièrement et les responsabilités varient entre mâles et femelles. « Une hiérarchie qui fluctue tous les trois jours mérite-t-elle encore le nom de hiérarchie ? », demande Vinciane Despret. Ce que cette spécialiste de la question animale met alors en évidence, c’est cette fâcheuse tendance qu’ont les humains à faire de l’anthropomorphisme : interpréter la nature depuis leur propre conditionnement culturel. Or les organisations pyramidales avec un individu alpha aux commandes, ne semblent en fait pas exister dans le monde animal.

Qu’en est-il alors de la compétition, soit disant moteur de toute évolution moderne ? Frans de Waal et son équipe décident d’offrir une nouvelle structure de jeu aux chimpanzés du Centre de primates de Yerkes, et enferment ces derniers dans des cages le temps de la construction. Tout excités à l’idée de voir les chimpanzés découvrir leur nouveau joujou, les paris vont bon train parmi le personnel du centre. Lequel des primates atteindra le haut de la structure en premier ? Le gros mâle qui aime bien faire le dur ? La femelle maligne qui comprend tout avant les autres ? Le vieux singe qui sait s’économiser pour plus d’efficacité ? « Leurs premières réactions nous ont pris de court. Les premières minutes qui suivirent leur libération se passèrent en mondanités. Certains chimpanzés se sautèrent au cou, s’étreignant et s’embrassant a qui mieux mieux », s’étonne Frans de Waal. Ayant été enfermés pendant plus d’un mois, la première joie des chimpanzés était surtout de se retrouver, pas de se jeter sur la nouvelle structure en mode compétitif pour asseoir un quelconque territoire.


Le monde moderne et les animaux

 
Nous pouvons fermer les yeux autant que nous le voulons, la réalité contemporaine de notre rapport aux animaux n’est pas honorable. Elevage intensif, expérimentation scientifique et déconsidération, font aussi partie du paysage, aux côtés de notre rapport affectif envers nos animaux de compagnie. Comment l’être l’humain justifie-t-il de faire subir à l’animal de telles situations de maltraitance ? C’est à se demander quelle est la réelle « bonne cause » pour laquelle des milliers d’animaux sont sacrifiés toutes les semaines au nom de la recherche. N’est-il pas sérieusement temps de modérer nos expérimentations animales ? Pensons-nous que les animaux sont des choses, à notre service ?

En dessinant un univers mécanique, dans lequel tout serait inerte et déterminé, Galilée au 17ème siècle, Descartes et Newton au 18ème siècle, ont promu un mode de pensée radical, fondateur de notre culture. « Ce que le matérialisme dit c’est que d’une manière imprécise, à un moment de l’évolution, la conscience humaine se serait allumée subitement, commente Rupert Sheldrake avec une pointe d’ironie (…) Tout le reste de l’univers serait totalement inconscient et mécanique ». Cette philosophie matérialiste, qui décrit la nature, et donc l’animal, comme totalement dénués de conscience et obéissant à des automatismes, a ouvert la voie à toutes sortes d’exploitations abusives par l’homme de son environnement. Car à partir du moment où l’animal est une machine qui n’a pas de conscience, tout est justifié.

Mais nous n’avons pas toujours eu ce rapport à l’animal. Vinciane Despret nous raconte comment, jusqu’au 18ème siècle, nombre d’animaux soupçonnés d’avoir commis des crimes, avaient des droits et étaient traînés en justice, avec procédures en bonne et due forme. « Ces procès témoignaient d’une sagesse que nous réapprenons, ça et là, à cultiver : la mort de l’animal peut ne pas aller de soi. La justice devait intervenir » raconte-t-elle. Et c’est ce qu’il s’est passé en 1713, à Piedade no Maranhao au Brésil, non pas avec des animaux domestiques, mais avec des termites accusées de la destruction d'une partie d'un monastère. Surprenant. « L'avocat qui leur fut attribué plaida de manière ingénieuse, poursuit Vinciane Despret (...) Le juge décida, au regard des faits et des arguments, d'obliger les moines à offrir un tas de bois aux termites ; ces dernières reçurent quand à elles l'ordre de quitter le monastère et de limiter leur louable industrie à ce tas de bois ». Si cet exemple paraît incroyable, il montre combien nous avons su par le passé considérer les formes de vie qui nous entourent comme étant conscientes et détentrices de droits, tout comme nous.


Une réhabilitation difficile

 
Aujourd’hui, c’est tout juste si les animaux ne doivent pas nous prouver qu’ils sont conscients. Nous ne cessons d’être étonnés de toutes ces nouvelles recherches scientifiques qui démontrent l’étendue de leur intelligence. Capables de fabriquer des objets, de faire des maths, de tenir des conversations structurées, de se reconnaître dans des miroirs, d’avoir de l’humour et de rire, de faire preuve d’empathie ou même d’un sens inné de l’éthique, de faire des œuvres d’art ou d’honorer leur morts - comme on le voit chez les éléphants… les animaux sont des êtres conscients, ça ne devrait plus être discutable. « Et ce qui est sûr c’est que nous ne connaissons pas encore l’étendue de la conscience animale. Tous les tests scientifiques sont basés sur notre façon à nous de concevoir les choses. Ils sont faussés parce que basés sur notre idée de ce qui fait la conscience ou l’intelligence », nous dit Laïla del Monte, formatrice en communication animale et dotée de la capacité à entrer en contact télépathique avec les animaux. Et c’est ce que soutient aussi Tom Regan, un philosophe, dans son livre Les droits des animaux. « Loin d'être sans pensée, comme l'affirmait Descartes, les animaux que nous mangeons, chassons ou livrons aux expériences scientifiques sont conscients du monde. Leur esprit est empreint de croyances et de désirs, de souvenirs et d'attentes. Ce sont, à ce titre, des êtres dotés d'une valeur morale propre ».

Alors petit à petit, certains pays changent leurs lois pour améliorer la condition animale. Depuis mai 2013, les cétacés sont par exemple considérés comme des Personnes non-humaines en Inde. Le ministre indien de l’environnement a même déclaré que leur mise en captivité et leur exploitation pouvait être assimilés à la séquestration de personnes et à l’esclavage. Et que ce passe-t-il chez nous ? La France, pays des droits de l’homme, pays des droits des animaux ? Malheureusement, non. « En France le code civil, pilier du droit français, ne prévoit que 2 régimes juridiques : celui des « personnes », et celui des « biens » incluant les animaux. Au regard de ce texte, il n’y a donc aucune différence entre une table et un animal », explique l’association 30 millions d’amis. C’est impensable, légalement un animal est un objet. 30 millions d’amis vient alors de lancer une pétition pour qu’un 3ème statut, « conforme à leur nature d’êtres vivants et sensibles » soit créé. Visiblement, il reste du pain sur la planche pour les nombreuses institutions qui se démènent de part le monde pour essayer de changer nos consciences et nos comportements. Avons-nous, par exemple, besoin de manger de la viande à tous les repas ?


Un savoir animal

Capables de percevoir les choses d’une manière remarquable, et dotés d’une faculté tout aussi incroyable de se souvenir d’informations hautement détaillées, les animaux seraient détenteurs d’un savoir que nous avons soit perdu, soit que nous n’avons peut-être même pas du tout. « Dans mes communications avec les animaux, je constate régulièrement qu’ils ont accès à des informations époustouflantes. On n’a pas idée de combien ils peuvent sentir. Une fois où j’ai communiqué avec un chien, j’ai senti des odeurs que je ne connaissais pas du tout. Et je sais que je n’ai senti qu’une infime partie de ce qui était possible, parce que je suis limitée par mes capacités humaines. Il y a tout un domaine de la sensibilité animale auquel on n’a pas accès et qui est très, très vaste. Ils peuvent alors nous communiquer des informations très pertinentes », explique Laïla Del Monte.

Renversement de vapeur, les animaux pourraient carrément avoir des choses à nous apprendre. Seraient-ils même capables de nous accompagner dans des passages difficiles ? Le cas du fameux chat Oscar qui, dans un hôpital américain, venait comme par hasard sur le lit des mourants, est souvent cité en exemple. Dominique Gutierrez, équithérapeute, nous parle de cette aptitude thérapeutique chez les chevaux : « de Pégase à Chiron en passant par la licorne ou Epona, tous ces archétypes équins sont des « passeurs d'âmes », ils accompagnent à la métamorphose. Le cheval, si toutes ses fonctions vitales sont satisfaites, est un thérapeute d’une grande finesse. Il peut rester longtemps dans cet accueil inconditionnel en étant très attentif au besoin de chaque personne avec qui je facilite la rencontre. Et les résultats thérapeutiques sont visibles ». C’est ce que souligne aussi Laïla Del Monte : « Les animaux ne nous jugent pas, ils ont une patience innée et nous acceptent. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux. La plus importante d’entre toutes, c’est l’amour inconditionnel. C’est ça qui nous touche si profondément ».

Des animaux amis, des animaux thérapeutes, des animaux dotés d’un savoir insoupçonné auprès de qui nous pourrions peut-être acquérir des informations précieuses - comme semblent le penser toutes les traditions chamaniques, qui entrent en contact avec des esprits du monde animal pour leur demander conseil… Notre relation à l’animal prend des dimensions que l’Occident a encore parfois du mal à accepter. « Notre imagination est bien pauvre ou bien égocentrique lorsque nous pensons que, si des extraterrestres venaient sur terre, c'est avec nous qu'ils entreraient en contact, raconte Vinciane Despret. Quand je lis ce que les éleveurs racontent de leurs vaches, je me plais à penser que c'est avec elles que les extraterrestres pourraient entreprendre les premières relations. Pour leur rapport au temps et à la méditation, pour leurs cornes - ces antennes qui les lient au cosmos -, pour ce qu'elles savent et ce qu'elles transmettent, pour leur sens de l'ordre et des préséances, pour la confiance qu'elles sont capables de manifester, pour leur curiosité, pour leur sens des valeurs et des responsabilités; ou encore, pour ce qu'un éleveur nous dit d'elles et qui nous surprend : elles vont plus loin que nous dans la réflexion ».

Signez la pétition de 30 millions d’amis soutenue par Christophe André, Boris Cyrulnik, Matthieu Ricard, Frédéric Lenoir, Pierre Rabhi, Edgar Morin et beaucoup d’autres
: 

 http://www.30millionsdamis.fr/agir-pour-les-animaux/petitions/signer-petition/pour-un-nouveau-statut-juridique-de-lanimal-22.html

http://www.inrees.com/articles/destin-animaux-petition-droits/



dimanche 9 mars 2014

"LA PSYCHOLOGIE DE L'AYURVEDA"


La connaissance de la psychologie ayurvédique offre plusieurs outils en ce qui concerne l'approche des différentes constitutions et, en conséquence, nous aide à mieux établir les relations avec nos proches, nos amis et avec les gens qui sont inévitablement dans notre entourage.

Comprendre la psychologie, et le profil de chaque type de constitution est la clé vers une relation harmonieuse. En regardant les caractéristiques psychologiques, les tendances mentales et émotionnelles des différents Doshas, on comprend que les gens sont différents et que la même méthode ne s'applique pas à tous.

Un bon résultat dans l'approche avec les gens est basé sur le rapport que nous réussissons à établir avec eux. Il n'est pas nécessaire de devenir trop ouvert et personnel avec tout le monde, mais il est essentiel d'établir une relation de respect mutuel.

Il est aussi important de comprendre que les gens de même constitution ne sont pas pareils. Par exemple, une constitution Vata aura une tendance plus vers l'anxiété, une constitution Pitta vers la colère et celle Kapha vers l'attachement et le sentimentalisme. Par contre, les gens peuvent être de constitutions mixtes ce qui va déterminer une manifestation unique des doshas sur le plan psychologique. Même à l'intérieur d'une même constitution, on va trouver des différentes formes de manifestation des doshas. Plus les gens travaillent sur eux même, plus il est difficile de remarquer ce genre de tendances.

On dit que nous ne pouvons pas changer notre constitution, mais que nous devrons viser une constitution équilibrée et aussi sattvique. Nous ne pouvons pas changer le fait d'être Vata, Pitta ou Kapha, mais nous pouvons nous diriger vers les aspects purs, ou sattviques de notre personnalité.


La psychologie Vata

Une personne d'une structure psychologique Vata aura une tendance vers la nervosité, l'anxiété, l'agitation et la peur. Une personne Vata tend de parler beaucoup, de faire beaucoup de gestes, de rencontrer beaucoup d'histoires ; son discours sera habituellement chaotique. Elle se montre rapidement intéressée par tout ce qui est nouveau, mais elle sera la dernière à mettre en application ses intentions. Les personnes Vata changent facilement d'avis; ce qui est valide et valable aujourd'hui ne sera plus valable demain. En conséquence, par rapport à une thérapie ou un traitement, soit ils vont essayer plusieurs choses en même temps, en combinant différentes thérapies, ou ils vont changer de thérapie trop rapidement sans prendre le temps qu'il faut pour obtenir des résultats d'une thérapie ou d'une autre. Ils peuvent arrêter le traitement même si celui-ci avance bien, du à leur nature Vata, très changeable.

Leur tendance vers l'anxiété les rend négatifs par rapport à leur état de santé et ils vont avoir beaucoup d'inquiétudes à ce sujet. Les Vatas cherchent à être rassurés et confortés; mais plus on partage avec eux, plus ils vont avoir de nouvelles sources d'inquiétude. Des longues conversations ne leur sont pas bénéfiques; elles ne vont faire que les renforcer dans leurs idées et dans leurs inquiétudes. La meilleure approche en tant qu'ami, parent ou tout simplement collègue est d'être confiant et ferme avec eux; au moment où ils nous demandent un conseil, il est important de leurs donner des conseils pratiques, car ils ont tendance a être trop dans l'abstrait. En même temps, il ne faut pas leur donner non plus trop de conseils ou trop de suggestions.

La partie la plus difficile avec une personne Vata est qu'elle recherche trop d'assurance et trop d'aide de l'extérieur, alors qu'elle ne fait rien pour prendre le contrôle de sa vie. Les Vatas sont souvent dans leurs univers, dans leurs pensées, et ils descendent avec difficultés vers les choses pratiques. Pour cette raison, il est très important de les aider à être plus dans le corps, d'être plus dans les sensations et dans le concret, car ils sont souvent coupés de cette réalité et leur expérience est purement mentale. En d'autres mots, ils doivent être dirigés plus vers la pratique que vers la théorie. En même temps, il est important de les encourager a faire une seule chose avec régularité et persévérance, plutôt que de faire plusieurs choses à la fois de façon superficielle.

Transcender sa nature mentale Vata implique en effet de passer d'un esprit indécis, hyperactif, agité, distrait, nerveux, bavard, superficiel, bruyant, excité vers un esprit flexible, adaptable, enthousiaste, avec des excellentes aptitudes de communication, et capable de vivre des changements.


La psychologie Pitta

Les personnes Pitta savent généralement ce qu'il ne va pas avec eux. Même s'ils viennent nous voir pour un conseil, ils vont avoir déjà une théorie par rapport à leur difficulté. Souvent, ils vont vous dire aussi ce qui est bon à faire dans leur cas, et ce qu'ils veulent que vous fassiez pour eux. Ils peuvent être défensifs, critiques même agressifs. Les Pitta sont d'habitudes des chefs, et ils n'ont pas l'habitude de suivre les conseils qui viennent d'autres personnes. Leur discours va être assez structuré, défini, et ils vous parlent plus pour vous convaincre de leur opinion sur le sujet.

Les Pittas aiment beaucoup les discussions contradictoires qui leur permettent d'exprimer leur nature argumentative et dominante. Avec les Pittas il vaut mieux ne pas rentrer dans l'argumentation. Dans la relation avec un Pitta on est comme avec un ami. Si on essaye les dominer ils vont réagir et ils vont rentrer dans la défensive, si on cède, ils vont essayer de nous contrôler. Si on les traite comme des égaux, ils vont mieux réagir et vont donner des meilleures réponses.

Les Pitta doivent développer l'amitié, alors une approche amicale est la meilleure façon de les aborder. Leur nature de feu, facilement irritable, irascible, est balancée par un entourage " cool ", frais, amical, calme et harmonieux.

En même temps, les Pitta sont les plus ponctuels des Doshas, et les plus fiables. Une fois convaincues de l'importance d'une certaine action les Pittas deviennent les meilleurs exécuteurs en allant au bout des choses. Ils ont aussi tendance a être un peu fanatiques et extrémistes dans leurs démarches; pour les aider on devrait s'assurer qu'ils soient modérés dans leurs actions et les aider ne pas en faire trop.

Transcender la nature mentale Pitta implique de passer graduellement d'un esprit impulsif, agressif, contrôlant, critique, dominant, manipulateur vers un esprit intelligent, illuminé, amical, courageux, leader, un bon guide.


La psychologie Kapha

Les Kaphas ont besoin d'être stimulées et motivées à faire des choses. La caractéristique principale d'une personne Kapha est la lenteur, la léthargie. Ils se motivent avec difficulté à faire des choses. Même s'ils le demandent, les conforter n'est pas la meilleure façon de réagir avec eux. Au contraire, ils réagissent beaucoup mieux à des chocs. Dans leur cas, l'attachement est la source de leur souffrance, les conforter ne fait que les encourager dans leur tendance et dans leur dépendance.

Par rapport au Pittas, qui sont capable d'aller à l'action par la compréhension même de la nécessité d'un certain acte, les Kaphas ont besoin d'être poussés encore plus. Par rapport au Vatas, qui ont besoin d'être encouragés vers le positif, les Kapha ont besoin d'arguments plus solides, et d'être en quelque sorte apeurés avec les conséquences négatives des certaines tendances.

Ils donnent les meilleures réponses par une attitude d'amour associée à la fermeté et à la persistance. Avec une personne Kapha, on doit toujours prendre plus de temps et d'insistance pour les aider à arriver à leur but.

Transcender la nature mentale Kapha implique passer d'un esprit contrôlant, attaché, avide, matérialiste, sentimental, recherchant le confort et le luxe, vers un esprit calme, content, stable, consistent, loyal, capable de ressentir l'amour et la compassion, capable de pardonner, patient, et avec une forte croyance.

"METHODES PRATIQUES POUR EQUILIBRER LE PRANA DANS LA TETE"


Le contrôle du Prana est un des plus importants outils de thérapie parmi les techniques Yoga employés par l'Ayurvéda. Selon certains auteurs, le Pranayama est l'un des moyens les plus directs de guérison encore plus efficace que la pratique des Asanas (et ceci, pour la simple raison que les asanas demandent parfois de la flexibilité, tandis que les exercices de respirations sont facilement accessibles à tous).

La pratique des exercices de Pranayama est la méthode la plus facile et accessible d'auto guérison que nous pouvons suivre dans le confort de notre maison. Adresser le Prana représente un niveau plus subtil et plus profond du traitement ayurvédique.

Même si souvent associé à la respiration, le Prana est beaucoup plus subtil que le souffle. En effet, on dit que ce n'est pas la respiration qui donne la vie, mais plutôt que la respiration est une fonction du Prana. On est en vie aussi long temps qu'on respire. L'air de l'extérieur sert de véhicule et de carburant pour le Prana. En fin du compte, à l'inspiration, nous ne prenons pas la force vitale à l'intérieur de nous. C'est le Prana déjà existant en nous qui extrait la force vitale de l'air inspiré. Pour mieux illustrer cet aspect, Dr Frawley compare le Prana au feu, l'air que nous inspirons au carburant nécessaire pour le maintien et la vie qui anime notre corps, à la chaleur et à la lumière générée par les flammes.

On dit que le Prana provient directement de la conscience et que c'est l'AMOUR qui contient et transmet la plus grande quantité de Prana. La respiration est la pompe qui permet à la force vitale - infinie et éternelle - de faire circuler une particule ou une réflexion de soi-même sur le plan physique. Le Prana est la force qui tient en vie notre corps physique, et qui assure le lien entre le corps physique et le corps subtil. Sans Prana, le fonctionnement du corps physique, et la vie en général, ne seraient pas possibles.

Dans ce contexte, toute maladie peut être adressée par le Prana, car toute modification d'énergie a des répercussions dans le corps physique. Certainement l'effet est assez subtil et il est perçu avec le temps, cependant, une des plus directes méthodes de traitement est le Pranayama, ou le contrôle du souffle. La vraie guérison a lieu au moment où la circulation du Prana est normale, correcte et fluide. On retrouve le même principe dans la médecine chinoise. Prana doit être aussi vu et compris dans son sens plus vaste et plus profond de l'intelligence qui assure le bon fonctionnement du corps.
Dans le corps humain, il y a 4 différents canaux de réception du Prana : les narines, les poumons, la peau, et le colon. Cet article analysera le Prana absorbé par les narines.

Le Prana est absorbé premièrement par les narines et la cavité nasale. Elle est ensuite immédiatement absorbée par le cerveau. Une portion du Prana absorbé au moment de l'inspiration est directement dirigée vers le cerveau pour le stimuler et le garder fonctionnel, actif et adaptable. C'est dans la région de la tête que le Prana principal réside. Au moment où le Prana n'est pas bien absorbé par les narines, toutes les autres formes de Prana seront affectées dans leur fonctionnement; pour cette raison l'absorption du Prana au niveau du cerveau et aussi du système nerveux entier est essentielle pour la santé. Par une mauvaise absorption de Prana dans la tête, le cerveau devient lent, paresseux, léthargique, confus, la perception est alors voilée et la méditation devient difficile sinon impossible.

Un blocage nasal assez fort, comme dans le cas d'une grippe, affecte parfois le goût et l'odorat; cependant, il peut aussi causer le manque de transpiration et de circulation périphérique tel que dans les cas des douleurs musculaires dans le corps ou dans le cas d'une grippe. Tous les effets que nous ressentons pendant un état grippal sont principalement causés par la congestion des narines et à l'absorption inappropriée du Prana dans la tête. Le Prana absorbé par la respiration est directement relié au système immunitaire. Alors si le Prana à ce niveau n'est pas fonctionnel, l'énergie du corps entier est affectée. Quand les narines ne sont pas bien fonctionnelles, les poumons, la peau, le colon et le système digestif sont affectés.


Stimuler l'absorption du Prana dans la tête

Une des plus simples et plus directes façons de traiter le Prana pour la santé du corps est de traiter les narines.
Pour assurer un bon passage du Prana dans la tête, il est important de nettoyer les narines tous les jours, le matin et le soir, même plusieurs fois par jour dans les cas des blocages des sinus. Pour ceci utilisez 1 tasse d'eau tiède avec 1/8 d'une cuillère à café de sel dans le Neti Pot en laissant l'eau passer par une narine et sortir par l'autre, ou tout simplement en inspirant l'eau salée par une narine à la foi du creux de la main.

En plus, les narines demandent une certaine lubrification, alors l'application d'huile dans les narines (sésame pour Vata, Ghee pour Pitta ou huile médicamentée pour Kapha) est aussi importante; ceci peut se faire soit avec un applicateur (compte-gouttes) ou avec le petit doigt en faisant un massage circulaire dans la narine.

La circulation du Prana dans les narines est également stimulée par l'utilisation d'huiles essentielles, encens et des herbes aromatisées qui peuvent agir directement sur le Prana dans la tête. Des huiles essentielles telles que la menthe, le camphre, l'eucalyptus sont particulièrement bonnes pour ouvrir les sens. Ces huiles peuvent être appliquées en petites quantités au millieu des deux sourcils, aux tempes et à la base du nez, de chaque côté des narines. Ceci favorise la stimulation des marmas (centre d'énergie) localisés dans la région de la tête et une meilleure circulation d'énergie dans cette région du corps.

Le Pranayama - les exercices de contrôle du souffle - est la forme la plus active de traitement du Prana. Pratiquer la respiration par une narine à la foi est une des plus importantes et accessibles formes de pranayama pour tenir propres et ouverts les narines et les sinus. Ces techniques doivent être pratiqués régulièrement, à tous les jours pour un minimum de 10 minutes. les narines, un nettoyage ou un entretien des autres organes de sens localisés dans la tête est aussi nécessaire :

- Nettoyer les yeux régulièrement, surtout si on sent une irritation ou de l'inflammation. L'application de gel d'aloès, de l'infusion de camomille ou de GHI (beurre purifié) est aussi efficace surtout dans le cas d'inflammation.
- Le nettoyage de la langue le matin et le soir est aussi important ; ceci peut se faire avec une petite cuillère ou avec un racleur de langue en cuivre. Ceci stimule le trajet digestif entier et aide à régulariser le Prana et ses 5 courants. L'usage des dentifrices ayurvédiques ainsi que des nettoyages de la bouche avec des épices (cardamome & fenouille) sont aussi importants pour une bonne hygiène de la bouche.
- Les oreilles peuvent être nettoyées avec les petits bâtonnets pour les oreilles avec un peu d'huile de sésame ou de Ghi, selon sa constitution.

Ces techniques devraient être intégrées dans nos habitudes de vie et devraient devenir aussi naturelles que se brosser les dents ou prendre sa douche. Elles favorisent la santé, le bien-être et l'équilibre Pranique du corps.


Ayurveda Montreal


 http://www.ayurvedamontreal.com/content/articles3_fr.html

"LA PRATIQUE DE L'ECOUTE"


"Le principal objectif de la pratique, c'est de tout faire en pleine conscience : nous établir ici et maintenant et vivre pleinement l'instant présent ; écouter avec de la compassion dans notre coeur ; parler de la peur, de la colère et de la haine qui sont en nous. Quand nous nous sentons écoutés pour la première fois, cela nous soulage d'une bonne partie de la souffrance qui était en nous.

Nous souffrons et nous causons de la violence parce que nous ne savons pas communiquer et que nous ne comprenons pas la souffrance de l'autre. Nous devrions pratiquer l'écoute profonde et compatissante et la parole aimante. Il me semble très important de mettre en place un environnement semblable à celui du Village des Pruniers, de manière à ce que la pratique de l'écoute profonde et de la parole aimante soit possible. Quand vous arrivez à la table de négociations, vous voulez la paix, vous espérez la paix. Mais si vous ne maîtrisez pas l'art de l'écoute compatissante et de la parole aimante, vous aurez du mal à obtenir des résultats concrets, parce que la haine et la colère sont toujours là et qu'elles entravent notre capacité d'apporter la paix.

Nos gouvernements devraient savoir que la pratique qui consiste à restaurer la communication est un facteur de succès très important. Le simple fait d'écouter peut prendre un ou deux mois. Mais si nous ne sommes pas pressés de tirer une conclusion, la paix sera possible. La pratique peut faire disparaître beaucoup de peur et de désespoir. Et si les gens sont capables de communiquer les uns avec les autres, la paix sera beaucoup plus facile (...).

La qualité de l'écoute profonde est le fruit de la pratique. Si nous n'y sommes pas entraînés, nous aurons beaucoup de mal à écouter les autres. Nous savons qu'il y a beaucoup de gens, des pères et des mères, qui sont incapables de parler à leurs enfants, même si leur plus grand désir et de communiquer en profondeur avec leur fils, leur fille ou leur partenaire. Mais ils n'y arrivent pas. Malgré leur désir d'utiliser la parole aimante et l'écoute profonde pour leur dire ce qu'ils ressentent, au bout de quelques minutes, ils ont tant de colère dans leur coeur qu'ils ne peuvent plus continuer. Et tandis que l'autre personne écoute, cela arrose des graines de colère en elle et elle n'est plus capable d'écouter. Quant à la personne qui est déterminée à parler avec bonté aimante, nous savons qu'en parlant, elle touche les blocs de souffrance, de désespoir et de colère qui sont elle, c'est pourquoi ses paroles sont très vite pleines de jugement, de reproches et d'irritation et que l'autre ne plus écouter.

Sans entraînement, ce n'est pas possible, mais cinq jours d'entraînement peuvent suffire à restaurer la communication entre nous et l'autre personne.

Le secret du succès est le suivant : quand vous écoutez l'autre, vous êtes conscient que vous n'avez qu'une chose à faire : offrir à l'autre une occasion de vider son coeur. Si vous êtes capable de garder la compassion vivante et de rester assis pendant une heure pour écouter, même si ce que dit l'autre est plein de perceptions erronées, d'accusations et d'amertume, vous êtes déjà protégé par le nectar de la compassion dans votre coeur. C'est pourquoi vous pouvez continuer à écouter. Si vous ne pratiquez pas la respiration consciente afin de maintenir la compassion vivante, vous perdez votre capacité d'écoute, votre colère va monter et la personne va cesser de parler.

L'écoute n'a qu'un seul but : permettre à l'autre de vider son coeur. Si vous pratiquez ainsi, la compassion sera toujours là. Si la conscience est là, je suis sûr que vous savez tous ici que la haine, la violence et la colère ne peuvent être neutralisés et guéris que par une seule substance : la compassion. L'antidote de la haine et de la violence est la compassion. Il n'y a pas d'autre médecine. Malheureusement, la compassion n'est pas quelque chose que l'on trouve dans les supermarchés. Il faut générer le nectar de la compassion dans la lampe de votre coeur.

Pour générer l'énergie de la compassion, si la compréhension est là, la compassion sera là. La compréhension est le fruit du regard profond. Prendrons-nous le temps de nous arrêter pour regarder profondément telle personne ou tel groupe de personnes ? Si nous sommes débordés, emportés par nos projets, notre peur de l'avenir, notre incertitude, notre avidité, comment aurons-nous le temps de nous arrêter pour regarder profondément la situation - la situation de notre bien-aimé, de notre famille, de notre communauté, de notre pays et des autres pays ?

Avec le regard profond, nous voyons que nous souffrons, mais que l'autre souffre aussi. Non seulement notre groupe souffre, mais aussi les autres groupes. Dès lors que ce genre de conscience est né, nous savons que punir n'est pas la réponse.

La violence est une injustice. Toutes les formes de violence sont des injustices. Nous ne devrions pas imposer cette injustice, que ce soit à nous-même ou aux autres. Celui qui veut punir est habité par la violence. Celui qui se réjouit de la souffrance infligée aux autres est habité par la violence. La violence ne doit pas être la réponse à la violence. Répondre à la haine avec de la haine ne fait que multiplier la haine par mille. La seule façon de désintégrer la haine consiste à répondre à la haine par la compassion. Comment faire ? Que faire pour que l'énergie de la compassion puisse apparaître ? C'est précisément notre pratique, notre pratique quotidienne. Comment nous nourrir du nectar de la compassion et de la compréhension, tel est notre objectif premier. "

VÉNÉRABLE THICH NHAT HANH

Traduit par Marianne Coulin