lundi 27 mai 2013

"LA PLUS HAUTE CONNAISSANCE"


Par Nicole Montineri

Je n’ai pas « vu » Dieu, cet Absolu qui n’a pas de nom. Cela aurait été une image de plus, une simple production de l’esprit. C’est le mental qui attribue à ce mot de Dieu une entité qu’il personnalise. Cependant, je savais être en présence d’une Intelligence qui se conçoit Elle-même, se manifestant en une énergie qui pénètre tout et en laquelle est tout pouvoir.
Au sein de cette énergie lumineuse qui se meut éternellement en elle-même, je perçus clairement la Transcendance qui répondit à Moïse : Je Suis Cela qui Est. Immédiatement, sans ambiguïté, une communication s’installa. Ce qui est depuis toujours apparut dans l’espace libre de ma conscience. Celle-ci recevait des informations dont elle percevait instantanément la signification. Tout était clair. Chaque information était parfaitement adaptée à ma conscience. Elle était investie de perceptions qui la dotaient d’une compréhension profonde et subtile de la vie. Tout était accessible, comme si ma conscience ouverte et la Conscience cosmique se reflétaient parfaitement, dans cet accomplissement d’une existence voulue par Elle.

Les informations semblaient toutes arriver simultanément, dans cette dimension atemporelle. Elles ne constituaient pas un savoir, ne passaient pas par la formulation de mots, l’élaboration de pensées ou d’images. La conscience, parce qu’impersonnelle et transparente, était devenue connaissance. La compréhension était directe et sans effort. Elle ne produisait aucune réaction, aucune émotion, car j’étais vide de toute mémoire. Elle dépassait de loin les capacités mentales. C’était comme si je percevais avec l’Intelligence, comme si je voyais avec Son regard. J’étais le fragile réceptacle de vérités intransmissibles, car intraduisibles par des mots. Ce que j’ai perçu se situe au-delà de l’expression de notre langage. Les mots ne peuvent traduire que des images ou des concepts liés à la dimension terrestre espace- temps au sein de laquelle nous évoluons. Ils ne pourront jamais exprimer les perceptions connues dans cette autre réalité. Bien que mon cerveau fût inactif durant toute cette expérience, je me souviens cependant avec précision de la connaissance essentielle de l’origine de l’univers et du sens de la vie à laquelle j’ai eu accès. Je compris la signification de l’univers, perçu comme un ensemble cohérent, comme un tout harmonieux qui me donna la certitude d’appartenir à une unité cosmique. Je saisis la raison d’être de tout ce qui existe. Rien ne se crée en vain. Chaque chose a sa juste place. L’Intelligence sait parfaitement ce dont la création a besoin, ce qui lui convient pour son développement. Je perçus la cohérence des événements de tous les temps, leur enchaînement sans commencement ni fin. Un processus cosmique, ayant un sens, se déroule. Il s’agit, pour ses créatures, de se laisser guider, de s’abandonner sans réserve à l’énergie de l’Intelligence qui façonne sans cesse la marche du cosmos. Tout, absolument tout, est contenu en elle : nos existences, bien sûr, mais aussi la moindre de nos pensées.

J’avais le sentiment que mon identité était parfaitement connue de cette Intelligence. Ce qui suggère un lien permanent indéfectible et montre l’extrême importance de notre vie sur la terre, de nos actions, de nos relations avec les autres, placées dans ce contexte du sens de la création et du rôle de nos existences en son sein. L’Intelligence ne m’est pas apparue comme une pure abstraction. Toutes les formes manifestées de l’univers sont inséparables de Sa conscience. Tout provient d’Elle et y retourne. Tout ce qui existe dans l’univers a sa source en Elle, sa substance en Elle, son sens en Elle.

La vie se présenta à moi éclairée depuis sa source. C’est dans la lumière de la Conscience suprême que se crée l’univers, que les formes naissent et se dissolvent. Cette lumière est aussi la substance de la part de notre conscience qui demeure reliée à la vibrante réalité. Cette conscience pure, conscience sans objet, est la claire connaissance. Elle est immuable, éternelle, absolue. C’est pourquoi elle est réelle. Elle est même la seule réalité. Elle est notre véritable nature. L’univers entier se trouve en son sein. Il n’y a rien qui soit à l’extérieur, parce que le monde et ses manifestations ne peuvent être appréhendés que par la conscience. Sans son miroir, on n’aurait aucune image, aucune représentation.

Lorsqu’on comprend que chaque chose fait partie de nous, on connaît tout de l’action de l’énergie cosmique sur l’univers, sur notre monde changeant et multiple, sur nos existences fragiles. C’est une compréhension sans la moindre réflexion, car aucun de nos raisonnements, aucune de nos facultés intellectuelles ne peuvent cerner la réalité ultime. La connaissance suprême ne prend pas sa source dans le mental, mais dans la conscience impersonnelle. Tout est perçu intensément dans la lumière qui la baigne, qui la fond dans la Conscience cosmique. Au sein de cette Conscience, notre propre conscience est légère, car vide. Seulement conscience-de-soi, et non conscience d’un objet. Débarrassée du poids de l’ego, dépourvue de toute identification. Ce vide, potentiel infini, est plénitude. Les anciens textes sacrés indiens expliquent que la vacuité est la plus haute forme d’énergie et que d’elle émerge la multitude des manifestations de l’univers. C’est cette plénitude que ressent la conscience lorsqu’elle s’immerge totalement dans l’énergie vide d’objet. Une plénitude vibrante d’amour et de connaissance, l’un toujours uni à l’autre. Un espace sans direction, immobile, non créé et qui permet à toutes choses d’exister. Notre conscience est alors Je Suis. Pleine de la Présence divine. Ce fut la plus haute connaissance qui me fut révélée.

Extrait de "N'ayons pas peur de mourir", Nicole Montineri, éditions Accarias-L'Originel.



http://eveilimpersonnel.blogspot.fr/2013/03/la-plus-haute-connaissance-nicole.html

Site de Nicole:  http://www.laconscience-espace.com/


dimanche 19 mai 2013

"CHANGER DE CROYANCES POUR CHANGER LE MONDE"

 

Immobilisé deux et mois et demi à la suite d’un accident, Marc de la Ménardière s’occupe en regardant des documentaires. C’est alors le début d’un cheminement philosophique et spirituel qui le pousse à changer de trajectoire de vie. Parcours d’un voyage initiatique.

Business développeur à New York, Marc de la Ménardière vit un rêve américain. Mais lorsqu’après une chute, il se retrouve immobilisé deux mois et demi, sa perception du monde et ses objectifs de vie se mettent à changer profondément. Il se met à regarder des documentaires sur le brevetage du vivant, le traitement des animaux destinés à la consommation, le commerce de l’eau… Et prend conscience qu’il ne peut plus exercer son métier consistant à positionner l’eau comme produit de luxe.

Il décide de tout quitter et de réaliser à son tour un documentaire axé sur les solutions et les acteurs du changement de ce monde en crise. Il se rend d’abord en Inde. D’après ses différents interlocuteurs, notre esprit cartésien séparant d’une part le corps et l’esprit, et d’autre part l’Homme de la Nature, serait à l’origine de nos problèmes de société. « Le fait d’avoir voulu tout séparer, tout diviser nous a fait oublier l’unité du vivant, la partie sacrée, la partie invisible », explique-t-il. Il part ensuite en Amérique Latine où il échange avec des représentants des communautés toltèques, aztèques et mayas. Pour eux, le monde est une grande pensée à laquelle nous participons tous. Ainsi, il se rend compte qu’il est important et nécessaire d’observer nos pensées car elles créent notre réalité et le monde dans lequel nous vivons. « En apaisant notre mental, nous accédons à une autre dimension humaine qui va nous faire évoluer, nous reconnecter avec la Nature, avec les individus », réalise-t-il. « Tout est interdépendant, tout est interconnecté », lui apprennent par la suite astrophysiciens, chercheurs et neuroscientifiques. En étudiant l’Histoire, Marc de la Ménardière s’aperçoit que « lorsque notre observation du réel change, notre représentation de nous-même change aussi et une nouvelle civilisation naît ».



Selon lui, le changement passera par nous tous. « C’est la somme des éveils individuels qui amènera cet éveil collectif. Et de cet éveil, ce sera vraiment ceux qui passeront à l’action qui inventeront le monde de demain », conclut celui qui, en livrant son expérience et ses réflexions, fait maintenant lui aussi partie des acteurs du changement.

dimanche 12 mai 2013

"DEVENIR L'EXPERT DE SA PROPRE VIE"


A la lumière des définitions du bonheur des grands textes de la philosophie occidentale et des plus récentes découvertes, Thierry Janssen définit les attitudes « positives » qui permettent de s’épanouir en lien avec les autres. Plus qu'un projet d'épanouissement personnel, l'écrivain propose avec son nouveau livre un « défi positif » à l'ensemble de la société. Extrait.

Il fallait la passion et la curiosité d'un chercheur comme George Vaillant - professeur de psychiatrie à Harvard - pour passer tant de temps à comptabiliser le nombre de lignes consacrées à différents sujets en rapport avec la santé mentale dans l'édition 2004 du Comprehensive Textbook of Psychiatry - un ouvrage de référence pour de nombreux professionnels de santé aux Etats-Unis. Son constat parle de lui-même : sur les cinq cents mille lignes du texte, quelques centaines concernent des sujets comme la honte, la culpabilité, la colère ou la haine, plusieurs milliers traitent de l'anxiété et de la dépression, cinq font mention de l'espoir, une de la joie et pas une seule de la compassion, du pardon ou de l'amour. Il existe donc un réel déséquilibre entre l'intérêt porté aux aspects négatifs et douloureux de l'expérience humaine et celui porté à ses aspects positifs et agréables.

Le déséquilibre mis en évidence par Vaillant traduit une manière de penser très répandue dans nos sociétés. En effet, à l'instar des psychiatres et des psychologues, la plupart d'entre nous avons tendance à focaliser notre attention sur ce qui ne va pas au lieu de nous intéresser à ce qui va bien. « Le négatif est plus fort que le positif », résume Roy Baumeister - professeur de psychologie à la Florida State University de Tallahassee. Il suffit d'écouter les informations à la radio ou à la télévision pour s'apercevoir que nous sommes naturellement portés à nous abreuver de catastrophes et de prévisions pessimistes plutôt qu'à nous sustenter de réalisations constructives et de témoignages optimistes. La question est de savoir pourquoi il en est ainsi.
Selon Baumeister, nous sommes plus attentifs aux informations négatives qu'aux positives parce que, en termes de survie, il est plus important d'identifier une menace éventuelle qu'un bénéfice potentiel. Notre priorité est de repérer ce qui pourrait mettre notre vie en danger et de trouver le moyen d'y remédier ou d'y échapper. Ensuite seulement, nous pouvons nous préoccuper d'améliorer notre condition en développant les aspects agréables de notre existence. Notre intérêt pour le négatif serait donc le résultat d'un processus d'adaptation sélectionné par l'évolution, un moyen efficace d'assurer la pérennité de notre espèce.

Une autre explication réside peut-être dans le fait que, lorsqu'on interroge des gens sur la qualité de leur vie, il se révèle qu'ils ont tendance à penser qu'ils font environ trois fois plus souvent l'expérience d'événement positifs que d'événements négatifs. James Olson - professeur de psychologie sociale à la Western Ontario University, au Canada - a montré que cela nous prédispose à attendre surtout les événements positifs ; dès lors, il est probable que nous remarquons davantage ce qui contredit notre attente, c'est à dire les événements négatifs. Ce phénomène jouerait un rôle particulièrement important au sein de populations comme les nôtres, habituées au confort et à la sécurité. Car, à force de vivre sans tourment, la moindre difficulté provoque un désagrément et un stress.
Enfin, on peut également penser que, face à la difficulté, nous avons tendance à détecter et à corriger ce qui la provoque au lieu d'essayer de renforcer ce qui pourrait permettre de l'éviter. En d'autres mots, l'impérieuse nécessité de nous débarrasser du négatif nous fait oublier la possibilité de cultiver le positif. En médecine, cela se traduit par une volonté de soigner des maladies avant de promouvoir la bonne santé. Cette tendance a probablement été accentuée, dans la culture occidentale, par un postulat philosophique qui place l'être humain en dehors et au-dessus de la nature, lui imposant d'utiliser ses facultés intellectuelles pour comprendre cette dernière dans les moindres détails afin de mieux pallier ses défaillances et se protéger de ses débordements. « l'idéologie médicale est une véritable “idéologie“ », fait remarquer James Maddux - professeur de psychologie à la George Mason University de Fairfax, en Virginie. Force est de constater que notre médecine déploie davantage d'efforts pour corriger les défauts et suppléer les insuffisances des patients que pour développer les qualités et mobiliser les ressources des gens bien portants.

En janvier 1999, au cours d'une rencontre dans la petite ville d'Akumal, au Mexique (rencontre désormais annuelle), les premiers « psychologues positifs » ont défini le champ de ces applications : amélioration de la psychothérapie en développant des approches qui mettent l'accent sur l'espoir, le sens et l'autoguérison ; amélioration de la vie familiale grâce à une meilleurs compréhension des dynamiques de l'amour, de l'engagement et de la générativité ; amélioration de la satisfaction au travail tout au long de la vie en aidant les gens à mettre en oeuvre un engagement authentique, à vivre des expériences optimales et à avoir le sentiment d'apporter une réelle contribution à la vie de la collectivité ; amélioration des institutions et des organisations en découvrant les conditions qui facilitent la confiance, ma communication et l'altruisme entre les personnes ; enfin, amélioration du caractère moral de la société grâce à une meilleure promotion de la dynamique spirituelle chez les être humains.

Le projet de la psychologie positive n'est donc pas seulement orienté vers l'épanouissement personnel ; c'est aussi un projet social, voire politique. Cependant, ses promoteurs insistent sur le fait qu'il y a chez eux aucune volonté d'imposer aux individus une manière de penser ni de leur dicter une conduite. Au contraire, pour les psychologues positifs, chacun est l'expert de sa propre vie ; personne ne sait mieux que soi-même ce qu'il conviendrait de faire pour réaliser se buts, connaître le bonheur et rester en bonne santé. Il ne s'agit jamais de dénoncer, de culpabiliser ou de corriger, mais bien d'enseigner, d'encourager et d'aider ceux qui le souhaitent à développer le meilleur d'eux-mêmes, individuellement et collectivement.

http://www.inrees.com/articles/Le-defi-positif/