vendredi 29 mars 2013

"ENTRE CORPS ET ESPRIT, UNE SCIENCE DU LIEN"


Les émotions, qu’elles soient positives ou négatives, ont-elles un impact sur notre corps et notre santé ? Le Docteur Thierry Janssen attire notre attention sur le lien, si souvent négligé, entre le corps et l’esprit.
Nous empruntons parfois de longs détours avant d’accepter certaines évidences remplies de bon sens. Et pour cause : de vieilles croyances nous empêchent d’envisager la réalité sous un angle neuf. Aveuglés par nos réponses toutes faites, nous sommes alors incapables de nous poser de nouvelles questions et, sans nous en rendre compte, nous vivons à la lumière de dogmes bien obscures. Songeons qu’au XVIIème siècle des philosophes comme John Locke affirmaient : « la négation de la nature est la voie du bonheur ». Curieux siècle des Lumières où l’homme s’attribua la mission d’influencer, de contrôler et de dominer la nature considérée comme une ennemie. Redoutable croyance qui, trois cents ans plus tard, nous incite encore à nier cette nature dont nous sommes constitués et dont nous faisons partie. C’est pourtant grâce à cette posture « en dehors du monde » que la science occidentale a connu ses plus grands développements. Réduire la réalité à ses constituants les plus infimes a permis la description de nombreux mécanismes du vivant. Malheureusement, à force d’analyser les détails, le réductionnisme scientifique est privé de la vision globale nécessaire pour reconstituer l’ensemble du puzzle. « La vie ne réside pas dans les molécules mais dans les relations qui s’établissent entre elles », faisait remarquer Linus Pauling, lauréat des prix Nobel de chimie et de la paix. Le tissu du vivant est fait de liens. Ce sont précisément ces liens que la science du XXIème siècle va devoir étudier si elle veut rester au service de la vie.

Loin des concepts cartésiens ayant abouti à la séparation du corps et de l’esprit, notre expérience quotidienne nous offre la preuve de la relation constante qui s’établit entre nos pensées, nos croyances, les émotions suscitées par celles-ci et les réactions de notre corps. Pour s’en convaincre, il suffit d’imaginer qu’au moment où vous lisez ces lignes, vous apprenez que vous avez gagné une importante somme d’argent. Dans l’instant, vous sentirez grandir en vous une immense énergie, la vie vous paraîtra merveilleuse, vous échafauderez toute une série de projets, vous serez joyeux, vous aurez envie de bouger, de courir ou de danser. Les autres vous percevrons « lumineux » et « en pleine forme ». Imaginons, au contraire, que vous apprenez le décès de votre meilleur ami. Immédiatement, vous aurez l’impression de vous videz de toutes vos forces, l’existence vous semblera absurde, vous vous sentirez confronté à un mur sombre, vous serez envahi pas une immense tristesse, vous serez prostré, fragilisé. Les autres vous trouverons « gris et terne » et, le lendemain, peut-être, vous serez cloué au lit avec une forte fièvre.
Au laboratoire de neurosciences de l’université du Wisconsin, Richard Davidson et son équipe ont montré que le simple fait de visionner des images déclenchant des émotions négatives comme la peur, l’anxiété ou la colère provoque une stimulation de la partie antérieure du cerveau droit, le cortex préfrontal droit. Automatiquement, le système nerveux sympathique est stimulé. Celui-ci prépare notre « réponse au stress ». Il en résulte une augmentation de la production d’adrénaline et de cortisol par les glandes surrénales. Le corps mobilise son énergie, ses forces musculaires et ses défenses immunitaires pour réagir par la fuite ou le combat. La démonstration est faite : une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stress et met le corps en état d’alerte. Il existe donc une véritable continuité entre nos états psychiques et physiques. De la même manière, lorsque les images projetées par l’équipe de Davidson provoquent des émotions positives comme la joie ou l’enthousiasme, c’est le cortex préfrontal gauche qui s’active préférentiellement, entraînant une stimulation du système nerveux parasympathique. Il s’en suit un relâchement des tensions corporelles, la mise en route des mécanismes de réparation et de récupération de l’organisme, et la stimulation des défenses immunitaires, en particulier les cellules NK (natural killer), sorte de gendarmes qui circulent dans le corps en permanence à la recherche de cellules « anormales », infectées ou cancéreuses.

Un fait paraît évident : la mise sous tension du corps engendrée par les pensées et les émotions négatives représente un atout pour notre survie. A condition toutefois que cette tension ne dure pas trop longtemps car, à la longue, des taux trop élevés d’adrénaline abîment le cœur et les vaisseaux sanguins, et un accroissement de la production de cortisol finit par provoquer un dérèglement du système immunitaire pouvant aboutir à l’emballement des réactions inflammatoires à l’origine de certaines maladies auto-immunes. Sans compter que la mobilisation de l’énergie en vue de la fuite ou du combat empêche toute une série de fonctionnements normaux du corps et, à terme, fragilise l’organisme, le rendant plus sensible à la maladie.
Ainsi on estime que le stress chronique est impliqué dans l’apparition de 75 à 90% de toutes les pathologies. Pathologies dont on se rend compte aujourd’hui qu’elles sont pour la plupart le résultat d’un déséquilibre de l’organisme engendré par un ensemble de facteurs : prédispositions héréditaires, mauvaise alimentation, toxiques de l’environnement, divers traumatismes et certaines tensions émotionnelles. Ce qui est admis pour une maladie comme l’ulcère gastrique (causé par la présence d’une bactérie et un terrain défavorable dû au stress et à de mauvaises habitudes alimentaires en relation avec les tensions psychiques) commence à être envisagé pour de très nombreux autres troubles. Ainsi les maladies rhumatismales, les pathologies cardio-vasculaires, la fragilité face aux infections (plusieurs études montrent que le fait d’être stressé prédispose à « attraper » plus facilement un rhume ou une grippe), et même le cancer. En effet, bien que l’on ne dispose pas encore de preuves formelles d’une relation de cause à effet entre les tensions psychiques et le cancer, certaines études attirent notre attention et invitent à la prudence. Ainsi, des résultats publiés en 2004 dans la prestigieuse revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences indiquent qu’un stress chronique provoque un raccourcissement des télomères – sorte de capuchons protégeant l’extrémité des chromosomes – et, par conséquent, entraîne un vieillissement prématuré des cellules.

L’impact négatif du stress sur la santé incite de plus en plus de chercheurs à s’intéresser aux bienfaits des émotions positives. Apparues plus récemment dans l’évolution, celles-ci constituent sans doute un avantage évolutif pour les animaux que nous sommes. En effet, si la peur et la colère sont indispensables pour notre survie, ces émotions négatives ne sont utiles que pour répondre à un danger réel ou prévoir certains risques à long terme. En revanche, des émotions positives comme le contentement, la joie ou l’enthousiasme permettent de se projeter dans un avenir serein et, du coup, économiser de l’énergie et préserver une meilleure santé. Plusieurs études, parfois réalisées sur des périodes de vingt à trente ans, le prouvent : les gens optimistes ont tendance à vivre plus longtemps et en meilleure santé que ceux qui se laissent envahir par le pessimisme. Apprendre à vivre dans le présent, ne pas se faire du souci inutilement pour des choses qui ne se produiront sans doute jamais, être capable de se réjouir du verre à moitié rempli au lieu de se lamenter à propos du verre à moitié vide. Ce sont les propositions du courant de la « psychologie positive », actuellement encouragée par l’American Psychological Association. Car, la capacité de raisonner du cortex préfrontal (en particulier le gauche, impliqué dans la gestion des émotions positives) permet de prendre le recul nécessaire et, du coup, d’éviter de sombrer dans le piège de l’anxiété, du stress et de l’épuisement physique. C’est tout un apprentissage. S’exercer à cette attitude positive semble provoquer de véritables remaniements du cerveau dans le sens d’une gestion émotionnelle plus équilibrée et, du coup, protège la santé psychique et physique des individus.

On sait aujourd’hui que le cortex préfrontal gauche est plus récent dans l’évolution du système nerveux que le cortex préfrontal droit. Or, le développement de l’embryon, du fœtus et du bébé retrace les différentes étapes de cette évolution. Il n’est donc pas étonnant que l’enfant doive attendre la maturation, plus tardive, du cortex gauche pour acquérir la capacité de relativiser ses émotions négatives. Plus tard, devenu adulte, il développera sa réflexion, élaborera une philosophie, voire même des croyances religieuses, pour garder l’espoir face à l’adversité. Car c’est l’une des particularités de notre condition humaine, nous avons besoin d’échapper à l’absurde pour continuer à vivre. « Avoir l’espoir ne veut pas dire que nous pensons que les choses vont se produire bien, mais que les choses auront un sens », a écrit Vaclav Havel. Attribuer un sens aux évènements de notre vie paraît essentiel à notre survie. Ainsi, de nombreuses études mettent en évidence un accroissement de la qualité des défenses immunitaires en fonction des croyances positives des individus. L’humour, la propension à se réjouir et la capacité de faire confiance. Ce sont là autant d’atouts en faveur de la guérison, intervenant notamment dans cet effet étrange que l’on appel « placebo ». Une capacité d’autoguérison qui repose avant tout sur la suggestion et l’autosuggestion positive face à la maladie et à son traitement.

mardi 26 mars 2013

"VERS UNE SCIENCE ET UNE SPIRITUALITE UNIVERSELLE?"

Charles Tart


Le 24 novembre dernier au Centre Malesherbes, le public découvrait le premier ouvrage de la toute nouvelle collection « Nouvelle Evidences » créée par l'INREES et publié par InterEditions. Le Dr Paul Bernstein, professeur en sciences sociales, présenta ce livre du psychologue américain Charles Tart : « Le spirituel est-il réel ? ».

Entre la science et la spiritualité, nous dit Charles Tart, la frontière est parfois bien mince... Une nouvelle évidence, refusée depuis des décennies par le monde scientifique. Il faut en effet, nous dit Paul Bernstein, une sacrée dose de créativité à un esprit scientifique pour oser même concevoir de mêler ces deux concepts relégués chacun dans un système de pensée fermé à l'autre. Science et spiritualité se regardent bien en face sans communiquer. Mais si l'on s'en tient à ce schéma restrictif, comment expliquer les résultats d'expériences de précognition, de télépathie, de clairvoyance, de psychokinésie (ou télékinésie) ou encore de guérison psychique ? Charles Tart, qui nomme ces phénomènes « les cinq Grands », estime qu'ils se sont produits suffisamment souvent, avec des preuves non contestables, pour qu'on ne puisse pas parler de hasard. Cela fait en effet près d'un siècle que les scientifiques reproduisent en laboratoire ces expériences extra-sensorielles. Les méthodes employées sont sérieuses, transparentes, fiables et intègrent tout une batterie de précautions pour qu'aucun sentiment humain, désir ou volonté, ne puisse parasiter les résultats... Ce qui serait encore, soit dit en passant, la preuve d'un effet de l'esprit sur la matière.

Plus pragmatiques, les Services de Renseignement ou Services Secrets des grandes nations ont tous utilisés des personnes présentant la faculté de communiquer ou de voir à distance, avec un certain succès resté bien entendu confidentiel. Ce fut particulièrement vrai pendant la Guerre Froide et Paul Bernstein nous raconte comment la CIA a alors mené tout un ensemble d'expériences très intéressantes de télépathie et de clairvoyance afin d'obtenir des informations sur des lieux où il lui était impossible d'envoyer des espions. Il précise avec sourire qu'au contraire du monde scientifique, « les univers politique et économique adoptent très rapidement un système, même quand son fonctionnement est inconnu, pourvu qu'il soit performant ! »

Le Dr Bernstein s'est interrogé sur cette difficulté, pour le monde scientifique, d'accepter ces expériences, de les considérer comme sérieuses et susceptibles d'ouvrir d'autres champs d'investigation scientifique. Les méthodes employées pour ces expériences sont pourtant les mêmes, nous apprend-il, que celles utilisées pour d'autres phénomènes que les chercheurs acceptent sans difficulté. Les résultats sont scientifiquement équivalents, et parfois même supérieurs, à un grand nombre de phénomènes que la science accepte comme ayant été prouvés. Mais la question reste toujours la même : comment expliquer cela ? Avec la même réaction immuable : si je ne peux l'expliquer, je préfère dire que cela n'existe pas ! Cependant, les scientifiques sont d'abord des êtres humains et les diplômes universitaires, aussi prestigieux soient-ils, ne peuvent empêcher nos croyances de conditionner notre façon d'appréhender le monde, transformant parfois l'esprit scientifique en « scientisme » tel que défini par Charles Tart.

Charles Tart va plus loin dans son ouvrage, avec ce qu'il appelle « de nombreux possibles », dans lesquels il inclut les expériences de mort imminente (EMI ou NDE), la médiumnité, les expériences de sorties du corps... qui se rapprochent de ce qu'on peut appeler des expériences spirituelles.Charles Tart a d'ailleurs invité des personnes disant quitter spontanément leur corps durant la nuit, à la Faculté. Au bout d'un certain temps, la personne arrivait à « quitter son corps », se retrouvant au plafond comme il est courant dans ces cas-là, et observant une carte posée à un endroit choisi pour l'expérience : tellement haut dans la pièce qu'il fallait vraiment flotter pour pouvoir la lire ! La carte comportait cinq chiffres. La probabilité qu'elle y parvienne par hasard était d'un sur plusieurs centaines de milliers. Pour les expérience de morts imminentes, de nombreuses personnes décrivent également ce qui s'est passé autour d'eux pendant le temps où ils était cliniquement décédés. Lors d'une étude menée pendant deux ans aux Pays-Bas avec la collaboration de treize pays, ces personnes ont décrit des choses que les chercheurs n'imaginaient même pas : la vison de parents ou de proches décédés, avec ou sans réception de message de leur part...

« Après ce genre d'expérience, les personnes changent radicalement » nous dit Paul Bernstein, « et souvent pour leur plus grand bien ». Leur sens de l'éthique change, elles sont moins attachées aux biens matériels, elles éprouvent plus de compassion pour les autres puisqu'elles se sentent totalement connectées, avec elles, à un Tout. « Leur comportement devient alors spirituel, tel qu'on peut le voir décrit dans les traditions anciennes. »

Mais si l'homme est doué de spiritualité, qu'est-ce que cela signifie ? Pour Charles Tart, la spiritualité c'est voir un univers qui a du sens, qui n'est pas juste aléatoire. Le fait d'imaginer plus que les faits change notre attitude envers la vie et envers les autres. Pour investiguer ces situations, le scientifique doit faire preuve d'une certaine créativité et d'ouverture afin de créer de nouveaux protocoles expérimentaux. Car pour passer du non matériel au spirituel, il nous faut changer de langage.

La Science est en train d'apprendre comment être plus à l'aise avec ces sujets. Le mur qui séparait science et spiritualité s'effondre, l'habitude que nous avons de les opposer s'effrite. Charles Tart affirme que lorsque science et spiritualité deviendront plus humbles et plus universelles, il n'y aura plus de conflit entre elles. c'est ce que nous avons à apprendre, individuellement et collectivement.

mardi 19 mars 2013

"VIVRE SANS PEUR"


Vivre sans peur, dans le contexte socio-économique actuel ? Un doux rêve, pensez-vous. C’est pourtant ce que nous enseigne Brenda Shoshanna dans son livre intitulé "Vivre sans peur". Voici un avant-goût de cette lecture. Suivez le guide.

Se sentir en sécurité

Bien souvent, notre besoin de sécurité, affective ou financière, ne nous permet pas de quitter une relation amoureuse ou un emploi qui ne nous conviennent plus. Car rien n’est plus rassurant que ce que l’on connaît déjà, quitte à devoir y laisser quelques plumes. Ce qui nous terrifie, c’est l’inconnu, le changement. Ils représentent une menace et nous figent. Lorsqu’une personne ou une situation s’éloigne, nous paniquons et tentons de nous accrocher, souvent en vain. Mais que cache cette soi-disant sécurité ? Vous demandez-vous à quoi vous vous cramponnez désespérément ? A contrario, qu’est-ce que vous tenez à distance ? Cela vous permet-il de vous sentir en sécurité et d’être heureux ? Que seriez-vous prêt à perdre sans en souffrir ? Pour vous, qu’est-ce qu’une vie réussie ? Toutes ces questions vous feront prendre conscience de vos vrais besoins.

Identifier ses peurs

Dès notre enfance, la peur s’immisce dans notre vie et ne nous quitte plus. Il faut avoir de bonnes notes à l’école. Puis, il nous faut réussir notre vie personnelle, et surtout professionnelle. Il faut gagner notre vie, épargner pour la retraite, souscrire à de multiples assurances-vie, maladie, décès, accidents de voiture, incendie, inondation, cambriolage, attentat... Les pires catastrophes nous attendent ! Et il suffit de regarder le journal télévisé pour s’en convaincre ! Pourtant, comme le disait l’ancien président américain Franklin Roosevelt : « La seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur elle-même. » Car elle nous paralyse et nous empêche de nous réaliser. Parfois, elle dirige même notre vie au point de nous faire prendre des décisions allant à l’encontre de ce que nous sommes. Avez-vous conscience de l’incidence de la peur dans votre vie ? Savez-vous de quoi vous avez le plus peur ? De manquer ? De ne pas être heureux ? D’aimer ? De perdre l’autre ? De ne pas réussir dans la vie ? Pour certains, c’est au contraire la peur de réussir qui les conduit à l’échec. En identifiant vos peurs, vous allez pouvoir repérer à quels moments elles se manifestent et reprendre du pouvoir pour les affronter et même les dépasser.

Prendre des risques

Avant de vous fixer de nouveaux objectifs, il est nécessaire de vous demander ce à quoi vous êtes prêt à renoncer pour avancer. Car vouloir réaliser ses rêves implique souvent de prendre quelques risques : financiers, professionnels, personnels. En prenant conscience que le changement fait partie du flux de la vie, vous éloignez la peur et la souffrance. Méfiez-vous des choix en apparence les plus sûrs, qui finalement conduisent à des impasses. Changez votre regard sur le risque. En se préparant, ces risques peuvent s’anticiper, dans une certaine mesure… On ne peut connaître le futur, on ne peut que se connaître soi-même. Une fois que vous êtes prêt, il ne vous reste désormais plus qu’à agir ! Et comme le disait Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que l’on n’ose pas… c’est parce que l’on n’ose pas que les choses sont difficiles. » L’action ici et maintenant est un antidote à la peur. Agissez ! Choisissez une démarche que la peur vous incite à ne pas réaliser et lancez-vous ! Arrêtez de vous poser des dizaines de questions et foncez ! Etape après étape, avancez.

Définir ses rêves

Enfant, nous avons plein de beaux rêves en tête. Et puis, en devenant adulte, nous nous confrontons à la réalité et les abandonnons au profit de notre besoin de sécurité. La vie suit son cours et pour certains, un accident grave, une maladie ou le bilan de la quarantaine, fait voler en éclats nos croyances et nous renvoie parfois violemment à ces rêves d’autrefois, non réalisés. Faut-il attendre ces moments douloureux pour nous réveiller ? Pourquoi ne suivons-nous pas nos aspirations profondes ? Comme le dit un dicton zen : « C’est notre vision de nous-mêmes plutôt que notre véritable personnalité qui constitue les barreaux de notre propre prison. » Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous feriez là tout de suite, si vous n’aviez plus peur de rien ? Pourquoi ne le faites-vous pas ? Quelles sont les solutions aux freins qui vous empêchent d’agir ? Comment pourriez-vous vous organiser ?

Apprendre à dire non

Pourquoi ces trois petites lettres sont-elles si difficiles à prononcer ? C’est souvent la peur qui nous empêche de dire non, la peur de décevoir, d’être jugé, rejeté, la culpabilité de ne pas répondre aux attentes des autres. Brenda Shoshanna insiste : « Vous ne pouvez pas dire oui si vous êtes incapable de dire non ! » Pour elle, apprendre à dire non est l’un des remèdes les plus puissants contre la peur. Dire non, c’est s’affirmer, se respecter et se rapprocher de sa véritable nature. Faites l’expérience, dites non à une chose que vous savez néfaste pour vous. Et observez. Est-ce que l’on vous tient rigueur de votre décision ? Est-ce que votre entourage vous tourne le dos ? Ou est-ce que, finalement, il ne passe rien ? Comment vous sentez-vous ? Soulagé ? Alors continuez ! Plus vous serez capable de dire non à ce qui est mauvais pour vous, plus vous pourrez dire oui à ce qui est positif.

Donner aux autres

Lorsque vous donnez aux autres, vous dissipez non seulement la peur, mais également tous les autres sentiments négatifs. « L’humanité toute entière est une famille, un peuple », enseignait Mahomet. En manifestant de l’attention aux autres, vous vous renforcez vous-même. Un sourire, un geste amical, une parole, une visite, sont autant de gestes qui enrichissent la vie. Cela suppose de faire attention à ceux qui vous entourent, de ne pas vous laisser aller à vos colères ni à vos peurs justement. L’autre vous rappelle que chaque minute vous pouvez agir en ce monde. Pour le psychanalyste Erich Fromm : « Le bonheur c’est d’aimer, non d’être aimé. En privilégiant l’amour plutôt que la haine, non seulement vous guérissez votre vie, mais vous guérissez le monde » souligne Brenda Shoshanna.

Apprécier ses erreurs

La peur nous conseille de ne pas agir. Elle suggère que nous ne sommes pas prêts, que nous allons commettre des erreurs et qu’il vaut mieux attendre, remettre à plus tard quand toutes les conditions favorables seront réunies. Ce moment n’arrivera jamais. La vraie question à se poser est la suivante : quel mal y a-t-il à se tromper ? N’est-ce pas des erreurs commises que nous tirons les plus grandes leçons ? La peur de l’échec conduit à l’immobilisme. Il est alors impossible de progresser. Un grand maître Dôgen disait : « La vie n’est qu’une suite d’erreurs. » Lorsque vous commettez une erreur, réjouissez-vous ! Cela veut dire que vous avez osé prendre un risque en dépit de la peur. Souvenez-vous : la dernière fois que vous avez commis une erreur, que s’est-il passé ? Était-ce la fin du monde ? Avez-vous appris quelque chose ? Brenda Shoshanna nous conseille de ne pas nous concentrer sur les résultats mais sur l’action en elle-même.

http://www.inrees.com/articles/Vivre-sans-peur/

mercredi 13 mars 2013

"CES MYSTERES QUI NOUS SOIGNENT"


par Patrice van Eersel

Nous sommes de plus en plus nombreux à recourir aux médecines parallèles et à constater que ça marche. Pourtant, rien n'explique leur efficacité.

Notre drôle de monde métissé nous propose toutes sortes de médecines hétérodoxes (ou douces, parallèles, traditionnelles, naturelles…) que la Faculté refuse de prendre au sérieux, quand elle ne les poursuit pas en justice. La raison de ce rejet est qu’aucune explication thérapeutique ne peut être fournie, sinon par l’effet placebo. Pourtant, plus de 50 % d’entre nous font appel, au moins parfois, à ces médecines hétérodoxes, et affirment en tirer bénéfice. En 2003, David Servan-Schreiber osait dire, parlant des sept méthodes que propose son livre « Guérir » (Robert Laffont, 2003) : « Si ça les soigne, les gens se fichent bien de savoir pourquoi. Ils ont raison. » Nous avons enquêté sur trois de ces médecines : l’homéopathie, l’acupuncture et l’ostéopathie (ce qui ne doit pas faire oublier la phytothérapie, le magnétisme, la réflexologie…). Et nous sommes tombés sur des faits troublants. En un mot, si vous poussez la logique jusqu’au bout, chacun de nous mériterait sa médecine particulière.

Les médecines parallèles soignent-elles vraiment ? La réponse du monde médical tombe de la bouche du Dr France Haour : « Pas davantage qu’un placebo. » Endocrinologue de formation, elle a dirigé, de 1984 à 2005, les recherches de l’Inserm en neuro-immuno-endocrinologie, une « transdiscipline » révolutionnaire qui interdit les œillères. Mais elle n’en démord pas : « Comme tout placebo, l’homéopathie, l’acupuncture ou l’ostéopathie crânienne sont efficaces en moyenne dans 30 % des cas. Elles agissent en établissant une relation de confiance entre un soignant et son patient, mais en soi, elles n’ont pas le début d’une preuve d’efficacité. »

Le Dr Philippe Servais, qui a dirigé le « Larousse de l’homéopathie » (2005), dément bien sûr : « Nous sommes de plus en plus reconnus. Les dernières validations arrivent de Suisse où le Swiss Network for Technology Health Assessment vient de publier un rapport à la demande des assurances helvétiques. Toutes leurs recherches prouvent les effets positifs de l’homéopathie. Nous soignons ! Sans effets secondaires et à bien meilleur marché ! »

Philippe Servais assure soigner un large éventail de maladies, de la dépression à des troubles auto-immuns comme la maladie de Crohn. En 1998, son ami le Dr Jean-François Masson, de l’ONG Homéopathes sans frontières, m’avait emmené dans la brousse, au Bénin, voir soigner paludisme et choléra à coups de granules homéo. Et ça marchait.

A la fois homéopathe et acupunctrice, le Dr Dominique Eraud, présidente de la Coordination nationale médicale Santé-Environnement, cite des « preuves sociologiques » de l’efficacité de ces méthodes. Par exemple, l’affluence dans les dispensaires « parallèles », comme le Centre Hahnemann à Paris, qui ne cesse d’augmenter (20 % de croissance en 2010). Ou les directrices d’école qui remarquent que les enfants soignés de façon « douce » sont moins absents. Plaidant pour une coopération entre médecines officielles et « écomédecines », le Dr Eraud signale que l’exigence des contrôleurs de la Faculté, de la Sécu ou du ministère est « dix fois plus sévère avec nous qu’avec les médecines orthodoxes. C’est irrationnel… sinon dans une logique de profit ».

Démonstration frappante : celle de la vétérinaire Jacqueline Peker qui a soigné les plus grands chevaux de compétition. « Ma méthode était simple : l’homéopathie. Ça marche aussi bien sur les animaux que sur les humains. Allez donc espionner les box des chevaux du tiercé : il y a des flacons de granules homéo partout ! Ça soigne à peu près tout. Et ne me dites pas qu’il s’agit d’un placebo, c’est gens-là sont pragmatiques, croyez-moi ! »

Quant à l’ostéopathe Philippe Petit, en dehors des cas de pure kinésithérapie, il réussit à soigner l’eczéma, l’infertilité ou l’impuissance, les maladies ORL, les troubles de la croissance, l’obésité, etc.

Avis commun à tous ces thérapeutes : si la médecine officielle est imbattable pour traiter les troubles aigus (infarctus, fractures, appendicites…), les médecines parallèles ont de bien meilleurs résultats sur les maux chroniques qui constituent la majorité des maladies. Seulement voilà, à supposer que « ça marche vraiment », il y a un gros hic, que tous ces thérapeutes admettent sans discuter : la reproductibilité, critère essentiel en science pour valider une méthode, est impossible. Pourquoi ? C’est en essayant de répondre à cette question que l’enquête va nous faire tomber sur un énorme paradoxe.


LE PARADOXE DE LA MODERNITE

Acupuncteur vétéran, le Dr Gilles Andrès le dit ainsi : « Chaque nouveau patient est une énigme. Ses ancêtres, son histoire, ses croyances, son ressenti… tout joue sur la façon dont l’énergie circule en lui. Les Chinois le savent depuis cinq mille ans : notre corps est modelé par notre culture, nos mots. Il y a des constantes universelles, mais chaque cas est différent. Les points d’acupuncture qui “marchent” chez l’un laisseront indifférent son voisin, pourtant atteint des mêmes symptômes. »

L’ostéopathe Francis Lautard approuve : « Quand je touche un corps, ce qui compte, c’est de sentir un “quelque chose” d’indicible qui voudrait bouger sous la carcasse. Mon travail consiste à aider le patient à découvrir quelle mobilité inattendue cherche à se déployer en lui. Mobilité physique qui aura un effet sur sa mobilité psychique. C’est le jeu inverse de la psychanalyse. Elle touche le corps à partir de la psyché. Nous touchons la psyché à partir du corps. »

Homéopathe, le Dr Philippe Geoffroy-Saint-Hilaire confirme : « Si vous me dites juste que vous avez mal à l’estomac ou à l’épaule, je ne pourrai pas faire mieux qu’un médecin allopathe : soigner un symptôme par un traitement. Par contre, si vous me dites que vous avez “l’impression qu’on vous broie l’épaule” ou “qu’elle se remplit de glace”, cela me met sur la piste de vraies causes. Je veux connaître vos impressions bizarres. Seules ces “individualisations” me parlent vraiment de vous. Pour un même symptôme, je prescrirai donc des médicaments différents selon les personnes. »

Tous le disent : ce qui les intéresse, ce sont nos sensations, nos états d’âme, nos fantasmes, bref, notre subjectivité. Pile le contraire de la médecine officielle où seuls comptent les critères objectifs : température, tension, nombre de globules, taux de cholestérol…

Que pèse le subjectif face à l’objectif ? Du vent ! Nous avons été éduqués à penser ainsi. Mais on tombe là sur un énorme paradoxe de la modernité. Est subjectif ce qui est relatif à un sujet, n’est-ce pas ? Et objectif ce qui est relatif à un objet…

La modernité a engendré deux logiques. D’un côté, elle promeut l’individu et les droits de l’homme, mais de l’autre, la science a établi des lois qui objectivent le monde, le transforment en objets. « Pour la médecine officielle, dit le Dr Dominique Eraud, un corps vivant est une collection d’objets biologiques, identiques et échangeables : on peut donc soigner tout le monde de la même façon. C’est commode, sauf que, dès qu’il s’agit de maladies chroniques, ça ne marche pas. Pour un homéopathe, la seule situation où le remède est le même pour tous, c’est l’épidémie. Mais sinon, il n’y a que la subjectivité qui nous permette de saisir une personne globale. Or, c’est elle que nous cherchons à soigner, et pas tel ou tel organe. »

Le philosophe Bertrand Méheust – qui a étudié les guérisons « magiques » – me tire par la manche : « Ce débat date du XVIIIe siècle ! D’un côté, la subjectivité livre l’être global, mais n’est pas mesurable ; de l’autre, l’objectivité ouvre la porte aux sciences, mais réduit le vivant à l’inerte. C’est une contradiction structurelle de la modernité. Bien qu’anticonformiste, j’avoue que je me sens mal à l’aise dès qu’on ne peut m’expliquer un processus. Et pourtant, qui nierait que la médecine officielle se fiche du sujet, donc de l’humain ? » En réalité, elle ne s’en fiche pas tant que ça. La chose lui pose même de gros problèmes…

C’est le Dr France Haour, juge sévère des médecines parallèles, qui, curieusement, m’a mis sur cette piste, en me rappelant l’histoire de la « psycho-neuro-immunologie » (PNI), inventée par les Américains George Solomon et Robert Ader entre 1964 et 1975. Quid ? On dit que les sciences médicales sont de plus en plus spécialisées, coupées les unes des autres. Mais à force de descendre de plus en plus profond dans les chairs, jusqu’au niveau moléculaire, les spécialistes – endocrinologues, neurologues ou immunologistes  – ont constaté un drôle de phénomène : les hormones, neurotransmetteurs ou anticorps sur lesquels ils travaillaient séparément reposent sur des molécules cousines, inscrites dans un seul et même vaste système hypercomplexe : une personne.

France Haour précise : « Aucun chercheur ne nie plus que le psychique influence le somatique, ni que les hormones et le système immunitaire jouent sur nos états émotionnels. Mais nul ne sait comment régler le gros problème que cela pose : chaque personne est différente ! C’est vrai jusqu’au fond de nos cellules, puisque notre ADN n’est superposable à aucun autre. Et prenez le stress : chez tel individu, il induit une sécrétion d’hormones qui stimule son système immunitaire et le ramène à la santé ; chez tel autre, il aboutit à une immunosuppression et à la maladie. La personne ne se met pas en équation, trop de facteurs sont en interaction. »


LES NOUVELLES PISTES

Panique dans les labos : comment ne pas standardiser la production de médicaments ? A suivre la logique PNI jusqu’au bout, chaque patient devrait avoir son propre traitement. Mais n’est-ce pas justement ce que disent les médecines alternatives ?

Trouver comment individualiser les traitements est un défi médical du xxie siècle. Face à ce casse-tête, plusieurs de mes interlocuteurs sont pessimistes. « Aucun art médical ne peut durer sans s’appuyer sur un corps de pensées, me dit le Dr Gilles Andrès. Je crains que les contradictions du monde moderne ne ravagent cette subtilité. » Dominique

Eraud, elle, regrette surtout que les études médicales soient à contre-courant de l’évolution nécessaire : « On favorise les matheux, qui seront forcément réductionnistes et mécanicistes, alors qu’il faudrait inventer de nouvelles “humanités” donnant aux futurs médecins le sens du facteur humain. » Et tous de souhaiter une meilleure information du public pour réfréner la boulimie de médicaments.

Mais il y a aussi des raisons d’être optimiste. L’écheveau complexe des interactions corps-esprit débouche sur de nouvelles pistes rationnelles. A commencer par le placebo. Vu jadis comme un parasite dont les laboratoires cherchent encore à se débarrasser pour prouver que leurs produits agissent « vraiment », le placebo a changé de statut. Il fait l’objet d’études pointues, car il se situe sans doute au cœur de toute guérison, quelle que soit la médecine employée.

« On a commencé à sentir le changement en 1993, raconte le Dr Thierry Janssen, avec le livre des journalistes américains Caryle Hirshberg et Marc Ian Barasch, “Guérisons remarquables” (Robert Laffont). Leur enquête rapportait des histoires où des médecines parallèles avaient guéri des cas désespérés de façon inexplicable. Ces cas avaient trois points communs : 1) la foi : ces gens étaient convaincus que ça allait marcher ; 2) la cohérence : leur démarche s’inscrivait dans une vision globale ; 3) la joie : ils en étaient rayonnants. Ce sont les trois clés de l’effet placebo. » Pour l’ex-chirurgien belge converti à la psychothérapie, cela ne disqualifie pas les médecines parallèles, au contraire : « Elles savent utiliser ces trois clés. Ce qui n’est pas le cas de la médecine officielle : on peut certes y “croire”, mais son action est souvent incohérente, morcelée et sans joie. »

Thierry Janssen n’en reste cependant pas au placebo. Il dresse la liste des nouvelles explications possibles. En deux mots, homéopathie, acupuncture et ostéopathie mènent à un révolutionnaire modèle « informationnel » et « électromagnétique » du vivant (lire p. 83 et 85).

Sommes-nous à la veille d’une mutation ? Les pessimistes disent que non, rappelant le poids du complexe pharmaco-alimentaire tenu par quelques multinationales qui achètent les experts et ont tout intérêt à nous faire manger du poison pour mieux nous inonder de médicaments. Les optimistes font remarquer que les thérapies hétérodoxes attirent un public croissant, même en France, en dépit de la rigidité de la Faculté. Mais surtout dans des pays émergents comme le Brésil, la Colombie ou l’Inde, où les médecins n’ont pas à craindre d’être radiés de l’ordre pour avoir soigné les pires maladies en usant de méthodes qui, paradoxalement, sont à la fois très anciennes et à la petite pointe du futurisme.


L'HOMÉOPATHIE

Quand Samuel Hahnemann fonde l’homéopathie, à la fin du XVIIIe siècle, c’est le plus scientifique des médecins : testant tout lui-même, il redécouvre l’ancienne “loi de la similitude” d’Hippocrate – les produits qui nous soignent d’un mal induisent aussi en nous les symptômes de ce mal. Pour éviter d’aggraver ces derniers, Hahnemann dilue. Et ça marche encore mieux ! Si bien que l’homéopathie triomphe : au xixe siècle, elle est enseignée partout. Mais d’où vient l’efficacité des hautes dilutions puisqu’il ne peut rester la moindre molécule du produit ? Quand la chimie devient dominante, au début du xxe siècle, l’hiatus logique ridiculise l’homéopathie qui demeure légale en France (loi de 1997) mais devient une voie marginale, niée par la Faculté (elle reste une voie majeure en Inde, en Allemagne…). Un troisième âge débute avec l’arrivée des thérapies électromagnétiques : selon Jacques Benveniste et le prix Nobel Luc Montagnier, dans l’homéopathie, ce ne sont pas des molécules qui soignent, mais des ondes, porteuses d’informations qui seraient “mémorisées” dans les dilutions.

L'OSTÉOPATHIE

Déçu par la médecine pendant la guerre de Sécession, le Dr Andrew T. Still fonde l’ostéopathie en 1874. Son intuition : en redonnant sa mobilité au système musculo-squelettique là où il s’est bloqué, on doit pouvoir soigner troubles fonctionnels et maladies chroniques. Les résultats sont si patents qu’en vingt ans, l’ostéopathie s’étend à tout l’Occident. Aux manipulations du squelette et des muscles, un élève de Still, le Dr William G. Sutherland, ajoute la palpation des fascias, ces tissus hyperfins qui enveloppent tous les organes, muscles, tissus et dont des mains entraînées peuvent sentir qu’ils pulsent six à douze fois par minute chez quelqu’un de sain. Baptisée “Mouvement respiratoire primaire” (MRP), cette pulsation apporte au thérapeute des informations sur l’état présent du patient, mais aussi sur son passé – jusqu’à sa vie utérine. Là où le MRP ne pulse plus, la vie s’est mise en veilleuse et il faut la rétablir, parfois juste par effleurement.

Fondée contre la médecine officielle, l’ostéopathie aura du mal à être reconnue. Elle l’est en France depuis 2002, mais uniquement comme une sorte de kinésithérapie et pas comme une médecine en soi, notamment parce qu’aucune machine ne parvient à capter le MRP.


LE PLACEBO SELON DAVID SERVAN-SCHREIBER

“Une étude récente estime à 70 % le taux d’efficacité de plusieurs placebos (des pilules de sucre, sans principe actif mais prescrites par un médecin) dans le traitement de maladies telles que l’ulcère à l’estomac, l’angine de poitrine ou l’herpès. A titre de comparaison, celui des antibiotiques destinés à lutter contre la pneumonie est d’environ 80 %. Des cas de ‘guérisons’ célèbres témoignent également de l’efficacité de placebos sur la fonte de tumeurs cancéreuses ou la régénération des cellules immunitaires chez les malades atteints du sida. Comment expliquer cela ?

A travers l’hypothalamus, situé à la base du cerveau, nos pensées et croyances peuvent présider à la distribution d’hormones essentielles et contrôler le réseau diffus de l’innervation des viscères. Le mécanisme le plus intrigant est celui proposé par le Pr Candice Pert. Elle a démontré que les peptides – molécules servant à la transmission de messages entre les neurones du cerveau – affectent aussi le comportement de la quasi-totalité des cellules du corps. Donc, ce que l’on appelle ‘l’esprit’ ne serait pas localisé uniquement dans le cerveau, mais dans l’ensemble du corps. Animé par le va-et-vient incessant de ces messages moléculaires, il constituerait un immense réseau de communication englobant toutes les fonctions de l’organisme. L’effet placebo ? Ce serait tout ce qu’on ne sait pas de la capacité du cerveau à guérir le corps. C’est sans doute là que réside le secret des chamans et autres guérisseurs : leurs rites et chants s’adresseraient aux parties les plus archaïques du cerveau, qui régulent notre organisme et peuvent participer à sa guérison.”

Extrait de “Notre corps aime la vérité”, recueil des chroniques de David Servan-Schreiber dans “Psychologies” (Robert Laffont, 2012).


L'ACUPUNCTURE EST-ELLE ÉLECTRONIQUE?

Depuis 4 700 ans, les médecins chinois disent que “l’énergie vitale du qi” nous traverse par 72 méridiens, des orteils au sommet du crâne. La maladie surgit quand le qi est bloqué quelque part. L’acupuncteur rétablit alors la circulation, en plantant des aiguilles en des points précis. Depuis le xvie siècle, les médecins occidentaux cherchent en vain à retrouver tout cela dans leur propre modèle. Mais des pistes nouvelles s’ouvrent.

La plus intéressante est celle du biologiste américain Donald Ingber, de Harvard : en stimulant des points d’acupuncture sous scanner IRMf (par exemple sur le petit orteil), il fait résonner dans le cerveau les zones prévues par les anciens Chinois (par exemple le cortex visuel). Mais par où passe l’information ? Ingber, spécialiste de la cellule, a bâti un modèle qui pourrait l’expliquer : la living matrix. Depuis les membranes qui contiennent nos noyaux cellulaires jusqu’à celles qui enveloppent nos organes, notre organisme est tapissé d’un seul et même tissu conjonctif : un cytosquelette, aussi appelé fascias, dont la tension plus ou moins grande régule les multiplications cellulaires. Or, cette régulation se fait par voie électronique. Ce cytosquelette pourrait donc fort bien véhiculer aussi les informations induites par l’acupuncture.


LES MEDECINES"DOUCES"

CLES a déjà enquêté sur les « coupeurs de feu » auxquels les hôpitaux font parfois appel (n° 70, avril-mai 2011). Bien d’autres médecines hétérodoxes méritent notre attention :


 En mémorisant l’« esprit » des fleurs, les élixirs de Bach sont encore plus mystérieux que l’homéopathie (lire CLES n°79, octobre-novembre 2012).


 La réflexologie et l’auriculothérapie, cousines de l’acupuncture, retrouvent le corps entier : la première sous la plante du pied, la seconde dans le pavillon de l’oreille.


 La très controversée kinésiologie utilise un test stupéfiant : votre tonus musculaire répond par oui ou non, sans se tromper, à une foule de questions vous concernant.


 L’EMDR soigne des syndromes post-traumatiques, même lourds, en faisant balancer les yeux (ou une autre partie du corps) de droite à gauche. De nombreux labos cherchent l’explication.


 L’ancienne et universelle phytothérapie doit résister au lobby des labos pressés de remplacer les principes végétaux actifs par des ersatz de synthèse – qui ont parfois des effets différents, voire contraires !

56 % des Français ont recours à l’homéopathie, dont 36 % de façon régulière.

40 % des Français ont déjà consulté un ostéopathe. Et 10 % le font régulièrement.

Sources : sondage Ipsos pour les laboratoires Boiron, janvier 2012 ; sondage Opinion Way, octobre 2010 ; Syndicat français des ostéopathes.


BIEN CHOISIR SON THÉRAPEUTE

Dans toutes les médecines alternatives, le soignant accorde beaucoup d’attention et de temps à son patient pour en appréhender la “personne globale”. Donc si vous optez pour l’une de ces médecines, faites comme en psychothérapie : choisissez un thérapeute avec qui vous vous sentez vraiment à l’aise.


A LIRE

« Qu’est-ce que l’homéopathie uniciste ? », de Dr Philippe Servais (Josette Lyon, 2012, 200 p., 14,90 €). Pour les unicistes, l’idéal est de trouver LE médicament qui vous boostera contre toute maladie.

 « Etre vivant », de Dr Jean-Pierre Guillaume (Anne Carrière, 2009, 266 p., 18,30 €). Un esprit éclairé explique l’aspect « magique » de l’ostéopathie.

« Pratique du massage chinois », de You-Wa Chen (Marabout, 2006, 320 p., 5,90 €). Apprendre à se connaître à travers une grille étrangère.

« La Médecine personnalisée », de Dr J.-C. Lapraz et M.-L. de Clermont-Tonnerre (Odile Jacob, 2012, 349 p., 22,20 €). Un généraliste confirme : chaque organisme est un « terrain » habité par une logique spécifique.


DES SITES

 http://www.solidarite-homeopathie.org . Créée en 1984, cette association humanitaire mène des actions en France et dans le monde.


 www.acupuncture-france.com. Le site de l’Association française d’acupuncture, présidée par le Dr Gilles Andrès.

 www.osteopathie-france.net. Un site d’informations générales sur l’ostéopathie.


http://www.cles.com/enquetes/article/ces-mysteres-qui-nous-soignent





Note: je vous recommande vivement le visionnage des trois vidéos ci-après:

http://www.thierryjanssen.com/videos/des-maux-et-des-mots/174-l-invite-de-la-semaine-partie-1

http://www.thierryjanssen.com/videos/des-maux-et-des-mots/175-l-invite-de-la-semaine-partie-2

http://www.thierryjanssen.com/videos/omega-tv/19-thierry-janssen-comprendre-le-cancer#.UUAQPyCZTfo.facebook


lundi 11 mars 2013

"LE CERVEAU AUX COMMANDES DE NOTRE SANTE"


Et si un jour nous étions capables d'agir sur le fonctionnement de notre cerveau afin d'augmenter notre mémoire, notre concentration ou encore la perception de nos sens ? Invité dans une émission de radio, Denis Le Bihan, directeur de Neurospin, présente les dernières expériences menées à l'aide de la neuro-imagerie, démontrant les capacités extraordinaires de notre cerveau sur notre santé.
Lors de l’émission Science Publique du 12 octobre 2012, que j’ai animée sur France Culture, il est arrivé ce qui se produit parfois lors d’une émission de radio. L’un des invités, Denis Le Bihan, directeur de Neurospin, a relaté des expériences qui ont été menées par différents laboratoires et dont les résultats ont été publiés dans des revues scientifiques. Et sa description s’est révélée tout bonnement sidérante. Elle est arrivée à un moment de l’émission où étaient évoquées les limites des thérapies actuelles. Qu’elles soient chimiques, avec les médicaments, ou électriques, avec les électrodes implantées à l’intérieur du cerveau, pour soigner, par exemple, la maladie de Parkinson.

La douleur disparaît

« Mais le cerveau peut aussi se soigner lui-même », a alors lancé Denis Le Bihan. Pas de quoi être ébouriffé. Nous avions tenté de réaliser une émission sur ce thème. Sans grand succès d’ailleurs… La surprise est venue de l’expérience particulière qu’il nous a racontée. Le patient souffrant de douleurs chroniques est installé dans un appareil d’IRM fonctionnelle (IRMf). Les neurologues règlent l’instrument pour mesurer l’activité du cerveau dans le centre de la douleur. Ils établissent ensuite une liaison entre cette mesure et l’image d’une flamme de bougie qui est projetée sur un écran devant le patient. Les expérimentateurs demandent ensuite à ce dernier de tenter de faire baisser la hauteur de la flamme jusqu’à l’éteindre. Le patient n’a aucune clé, aucune méthode, aucune technique pour y parvenir. En se concentrant, il parvient toutefois à obtenir ce résultat. La hauteur de la flamme baisse. Et la douleur aussi ! Lorsqu’ils sortent de l’IRM, les patients restent capables de contrôler leur niveau de douleur. Mieux, ils expliquent que « leur douleur (a) baissé d’intensité sans qu’ils aient besoin d’y faire expressément attention », note Denis le Bihan dans l’ouvrage intitulé Le cerveau de cristal qu’il vient de publier chez Odile Jacob.

Cela s’appelle le biofeedback par IRM. Le résultat est encore plus spectaculaire sur des patients déprimés chroniques. Dans ce cas, la région du cerveau qui est choisie est celle du plaisir. Et les patients doivent, à l’inverse, tenter d’augmenter la hauteur de la flamme sur l’image qui leur est présentée. Il s’agit ainsi de stimuler l’activité de ce centre du plaisir. Et ils y parviennent. « Là encore, le résultat fut remarquable, certains patients sortant complètement de leur dépression après l’examen IRMf, et ne prenant plus aucune médication », écrit Denis Le Bihan dans son ouvrage. Ainsi, un “simple” appareil de mesure devient un instrument thérapeutique !

Résultats également positifs sur la maladie de Parkinson. Les malades apprennent, de la même façon, à contrôler leur cerveau et ils améliorent leurs performances motrices. Denis Le Bihan ne met guère en valeur ces expériences dans son livre. Lors de l’émission, il n’a pas parlé des résultats obtenus sur la dépression. Cette discrétion n’est pas due au hasard. Le chercheur veut à la fois dévoiler ses avancées et ne pas faire naître des espoirs démesurés ou prématurés. « Il reste encore beaucoup à faire pour mieux cerner cette méthode de biofeedback, (mesurer) son efficacité à long terme, et préciser quels patients peuvent en bénéficier (certainement pas tous) », écrit-il. « Cette approche n’est pas encore totalement validée, mais son potentiel est énorme », poursuit-il.

Un divan en forme de miroir

Et d’envisager, encore avec prudence, ce que peut être l”avenir de l’IRM : « Il est encore trop tôt cependant pour dire si le lit de l’imageur IRM remplacera un jour le divan des cabinets de psychiatrie ». L’IRMf servirait alors de connecteur direct, sans l’intermédiaire d’un médiateur humain, entre l’individu et son cerveau. Les psychanalystes, déjà passablement mals en point, pourraient alors se faire du souci. Et peut-être se remettre en cause. Ce qui ne fait jamais de mal à personne. Pour les patients que nous sommes, les perspectives sont vertigineuses. Nous nous retrouverions devant une image réelle de l’activité d’une certaine région de notre cerveau. Avec le pouvoir d’agir sur son fonctionnement.

Comment comprendre qu’une douleur chronique, une dépression ou un tremblement puissent être maîtrisés aussi facilement que Denis Le Bihan le décrit ? On connaît aujourd’hui, et les invités de Science Publique se sont attachés à l’expliquer, la complexité mais également la plasticité des cellules nerveuses du cerveau. Sans cesse, elles se reconfigurent pour “faire le travail”, c’est à dire répondre aux besoins de l’organisme qu’elle contrôlent. 100 milliards de neurones ! Comment imaginer cette population grouillante, ces dizaines de milliards de synapses acheminant des messages électriques et chimiques en permanence ? Que, comme dans un ordinateur, cette complexité engendre des bugs est plus facile à concevoir. Que ces bugs se traduisent par des états anormaux, comme une douleur chronique ou une dépression persistante, semble également plus que probable. Toute la question est de trouver un moyen de rétablir un fonctionnement normal. Pas question de rebooter… Pas de bouton de reset… Que faire ?

Comme un pli anormal

L’expérience de biofeedback de Neurospin démontre que l’action est possible. Même si le modus operandi reste mystérieux. Tout se passe comme si le bug avait engendré un pli anormal dans le tissu cérébral. Sans fer à repasser, le pli perdure. Et il engendre une douleur, un malaise, un tremblement bien après que la cause première ait disparu. Le plus étrange, c’est que la volonté seule ne puisse pas effacer ce pli. Comme s’il restait inaccessible au fer à repasser. Or, avec l’expérience de la flamme de la bougie, il apparaît que ce fer à repasser existe bien et qu’il est possible de l’appliquer sur le pli. Notre attention a simplement besoin d’être guidée. Sans repère, elle n’est pas capable de se fixer sur le point névralgique. La bougie l’éclaire et, soudain, elle devient capable d’effacer le pli et de restaurer l’état antérieur.

Un potentiel inexploré

Bien sûr, si cette technique permettait de résoudre les problèmes de douleur, de dépression et de maladie de Parkinson, le bénéfice serait déjà considérable. Mais on ne peut s’empêcher d’imaginer ce qui deviendrait possible grâce à ce type d’action directe sur le cerveau. Resterions-nous limités au repassage des plis, c’est à dire à la correction d’anomalies ? Ou bien pourrions-nous accélérer à volonté l’activité de certaines zones du cerveau ? C’est à dire agir volontairement sur des processus qui se produisent inconsciemment. Pourrions-nous, ainsi, décupler notre concentration ? Augmenter à volonté la capacité de notre mémoire à court terme ? Amplifier certains sens ? Serons-nous un jour capables de reconfigurer notre cerveau beaucoup plus rapidement qu’il ne le fait tout seul ? Cette plasticité extraordinaire que nous avons découvert deviendra-t-elle malléable à souhait par notre volonté ? Deviendrions-nous, ainsi, véritablement maîtres des neurones de notre cerveau ? Un tel pouvoir fait rêver ! Mais il conduit aussitôt à une question : que ferions-nous d’un tel pouvoir ?

http://www.inrees.com/articles/Le-cerveau-aux-commandes-de-notre-sante/

samedi 9 mars 2013

"LES EGREGORES"


Les égrégore sont des entités produites par de puissants courants de pensées collectives et cohérentes.

L'égrégore est une forme pensée ou champ énergétique construit par un groupe de personne ayant la même intentionnalité, par exemple : groupe de philatélistes, club sportif, syndicat, église, parti politique… ou tout simplement ensemble de personnes pouvant être disséminées sur la planète mais, vivant les mêmes émotions : amour, haine, colère, compassion…

Un ensemble de personnes qui se focalisent sur un même objet, avec une certaine intensité, déploient une énergie mentale, affective, passionnelle, spirituelle… qu'ils mettent en commun. Cette activité concentrée sur un objet en particulier génère une forme pensée ou, champ énergétique composé d'énergie mentale, d'émotionnelle, d'énergie spirituelle.

L'égrégore est une énergie structurée par l'objet sur lequel elle se finalise, et remplie de toutes les émotions que les participants mettent en commun.

Interaction entre les membres du groupe et l’égrégore

L'égrégore condense, rassemble ce que chaque membre y apporte. Et chaque membre, du coup, reçoit de l’égrégore dans lequel il entre, plus que ce qu'il a apporté. Il y a donc interaction entre les membres du groupe et l’égrégore.

Ce sont les membres rassemblés qui constituent l'égrégore, mais cet égrégore va adombrer les membres. Les membres sont donc sous l'ombre, ou a l'ombre de l'égrégore, qui est comme un nuage au-dessus d'eux. Et il y a bien interaction au sens où le membre nourrit l'égrégore, mais l'égrégore agit sur le membre.

Si nous rejoignons par la pensée un égrégore d'amour, nous recevrons en retour de l'amour. Alors que s'il s'agit de colère, il en sera tout autre et, nous recevrons en retour… de la colère !

L'égrégore est constitué par les personnes qui en sont le facteur déclenchant. La puissance de l'égrégore va s'amplifier en fonction du nombre de participants, mais également en fonction de l'intensité de la recherche, de la focalisation de ses membres sur l'objet et, de leur implication existentielle ou passionnelle. En s'impliquant passionnément dans l'objet d'un égrégore, les membres font un apport important d'énergie à l'égrégore.

L'égrégore est une entité vivante

L'égrégore est un concept vitalisé, réelle entité, qui pour être viable, doit être alimenté régulièrement par les membres du groupe se maintenant tous dans la même énergie vibratoire.

C'est pour cela, que les dirigeants de groupes à l'origine d'égrégores, organisent des meetings, des cultes, des rassemblements… Également, afin d'augmenter le pouvoir de l'égrégore, certains ont recours à des rituels qui peuvent consister en des formules, des symboles, des prières, des invocations, des visualisations d'images concrétisatrices, des courants mentaux, des chaînes d'union, brûler de l'encens...

Chaque membre du groupe devient une "cellule" de l'égrégore. Il vit sur le plan physique par l'intermédiaire des êtres humains membres du groupe, et sur le plan astral par la projection astrale de ceux qui y adhèrent.

La vie matérielle de l'égrégore est assurée par le nombre des membres d'un groupe, par leur discipline, leur union, leur stricte observance des rituels, mais aussi par les courants de sympathie ou d'antipathie du monde...

Forme donnée à l'égrégore

Afin de donner à l'égrégore une forme concrète, on en fait une représentation symbolique, qui sera un support de visualisation. Ce signe représente sa nature, ses buts, ses moyens. Nous aurons donc le sceau-de-salomon, l'étoile de David, le pentagramme, la croix latine, le triangle maçonnique, les symboles du Reiki…

Le symbole porte en lui-même une représentation qui parle immédiatement à l'être humain de façon figurée. Tous ces innombrables signes et sceaux ne sont que des représentations de l'égrégore. Ces signes sont à la fois une protection, un support et un point de contact entre les membres. Ils deviennent alors de véritables pentacles.

L'égrégore peut devenir une entité très puissante qui a sa vie propre et elle se détruit difficilement. Si on désire l'éliminer rapidement, il faut avoir recours à l'incinération de tout ce qui la concerne.

Attachement à l'égrégore

Il est également très difficile de se détacher d'un égrégore. Il est prescrit de procéder de façon inverse à celle qui est à l'origine de l'attachement. Ainsi, s'il y a eu une cérémonie d'initiation, lors de la liaison avec l'égrégore, il faudra alors procéder de façon inverse, mais identique pour produire le détachement. Dans la religion catholique, le baptême est annulé par l'excommunication.

Cependant, les réactions de l'égrégore à l'égard de la cellule expulsée sont parfois très dangereuses pour la personne concernée. La meilleure façon de se protéger est d'adhérer à un concept de force équivalente, ne serait-ce que pour un temps… Mais surtout de bien choisir le groupe auquel on adhère, intentionnellement ou non… Les conséquences peuvent être très différentes suivant le groupe.

En tant qu’humain “moyen” ou non initié, la seule chose qu’on puisse faire pour lutter contre un égrégore, c’est savoir se contrôler : sentiments, émotions, pensées. Le fait de penser à un égrégore, on le nourrit. Détester, haïr, aimer, idolâtrer, prier, etc., on le nourrit.

Aspects psychiques et énergétiques de l'égrégore

L’égrégore possède une composante à la foi psychique et énergétique. L’égrégore est une énergie qui contient toutes les vibrations des gens qui le créent, le font vivre… et qui leur échappe.

La concentration des personnes réunies dans un même but, avec les mêmes pensées intenses créées un égrégore qui se constitue, se développe, s’amplifie et devient actif.

Un égrégore est une “boule” d’énergie visualisable dans l’astral qui a été créé la plupart du temps par un groupe d’individus humains. Cette énergie, avec laquelle il est possible d’interagir, possède un caractère qui lui est propre, caractère attribué par ses créateurs. C’est comme un accumulateur d’une énergie possédant ses propres caractéristiques, et motivé par la foi ou la concentration de plusieurs personnes à la fois. Il est alors aisé de comprendre qu’il existe des égrégore de toutes sortes (Égrégore chrétien, égrégore bouddhiste, égrégore islamiste, égrégore sectaire, égrégore satanique, égrégore politique, égrégore syndical, égrégore de guérison, etc.).

Un égrégore peut être perçu comme la résonance vibratoire émise par la psyché d’un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme dont les composants sont de nature énergétique. La tradition ésotérique lui donne le nom de « forme pensée aurique».

Bien que d’essence subtile et impalpable, une forme pensée est aussi pénétrante, enveloppante et perceptible qu’une présence matérielle. Ce sont les courants émotionnels, mentaux et spirituels, émanant de l’ensemble des membres d’un groupe qui élaborent une forme pensée, pour ensuite, la structurer.

La notion d’égrégore se rapproche de celle d’inconscient collectif, de conscience collective, de champ morphogénétique ou de champs de conscience opérant entre eux.

Orientation d'un égrégore


Un égrégore est un agrégat de forces constituées de courants vitaux, émotionnels, mentaux et spirituels, suivant la qualité vibratoire de la forme pensée aurique. Ces courants vitaux, créés par le groupe d’individus duquel l’égrégore est issu, pénètrent la conscience du groupe sous forme de désirs, de concepts et d’aspirations.
La patrie, la république, la justice, la guerre, la paix ne sont rien d'autre que des images égrégoriques.

L’égrégore de nature astrale peut être orienté par le mental et nourrit essentiellement par l’énergie émotionnelle, (la forme pensée provoquée par les désirs, les aspirations, les rêves, les décisions, les engagements, les idées, la volonté, d’un ou de plusieurs êtres humains.)
Dans un groupe, on suppose que si les objectifs et les orientations personnelles des participants sont de nature matérielle, les égrégores, leur double subtil, manifestent des intérêts analogues. Si au contraire, les buts et les orientations des personnes constituant un groupe sur le plan physique sont inclusifs, son égrégore sera animé des mêmes intentions.

En se focalisant sur un objectif et en agissant pour lui donner vie, une personne est en mesure de créer un égrégore susceptible de se développer pendant un temps indéterminé. Suivant l’intensité de l’idée émise et du nombre de personnes qui y adhéreront, ce temps peut durer de quelques jours à plusieurs millénaires.

Pour donner deux exemples:
Une association créée par un groupe d’amis, pendant une durée de deux mois autour du projet d’organiser un concert en vue de recueillir des fonds pour réaliser un objectif particulier, va créer un égrégore à durée de vie limitée.

Un égrégore peut être réactivé et transformé au cours des siècles.
L’égrégore de la Franc-Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme : spéculative, avait déjà un long passé avant d’être de nouveau réactivé au début du dix-huitième siècle.

La maçonnerie spéculative est un sous-égrégore aurique de celui qui anime l’Esprit de la Maçonnerie qui et beaucoup plus ancien. La Maçonnerie actuelle, fondée en 1717 à Londres, est une émanation aurique de l’Egrégore Maçonnique dont il est difficile de connaître l’origine qui se perd dans la nuit des temps…

Naissance de l'égrégore

L’égrégore est activé par une seule personne à la base et l’idée créatrice fait peut générer l'adhésion d'un nombre important de personnes, lesquelles vont donner vie à l'égrégore.

Selon la recherche ésotérique, un égrégore naîtrait, par exemple, d’une fervente prière collective, d’une thérapie de groupe, d’un projet, d’un rituel. Mais il peut tout autant être la résultante d’extrémismes religieux, politiques ou nationalistes ou même d’un événement traumatisant susceptible d’engendrer une émotion collective puissante et durable telle que celle générée par les attentats du 11 septembre 2001…

Aspects constructifs de l'égrégore

En Amérique et en Europe, on a expérimenté des “groupes de prières” dans les hôpitaux , qui prient pour la guérison physique des malades qui le leur ont demandé. On s’est aperçu, que des malades atteints de maladies graves, et pour qui priaient ces groupes, se remettaient beaucoup pus rapidement et avaient des chances de guérison beaucoup plus élevées, que des malades qui ne bénéficiaient pas de ces groupes ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le “groupe de prières”, par sa dévotion, va canaliser une énergie aurique et faire son propre égrégore que l’on pourrait appeler “énergie de guérison”, et qui va se mêler à l’énergie aurique du malade visé, le rendant ainsi beaucoup plus fort, pour se battre contre la maladie !

Pour le travail, c’est la même chose : vous travaillez dans une entreprise qui vous demande de constituer un groupe afin de réaliser un projet. Si, dans votre groupe, chacun est soudé, “sur la même longueur d’onde aurique”, votre projet sera terminé en un rien de temps, et vous bénéficierez des honneurs de vos employeurs. Par contre, si dans le groupe existent une ou plusieurs “brebis galeuse”, l’énergie développée par votre groupe sera quasiment nulle ou très négative, les idées manqueront, votre travail n’avancera pas et le moral de vos “troupes” sera au plus bas ! Vous essuierez ainsi un cuisant échec auprès de vos responsables. Que se sera-t-il passé ? L’énergie développée par ce groupe à la base “malsain”, sera inexistante, voire malsaine. La meilleure solution aurait donc été que vous fassiez le travail seul, ce qui aurait été plus long, mais beaucoup moins difficile, étant donné que vous n’auriez subi aucune entrave à sa réalisation, contrairement à ce qui se sera passé dans votre groupe aurique négatif.

L’efficacité d’un égrégore repose sur la cohérence du groupe. Cohérence au niveau de l’identité, des objectifs, cohérence dans le temps et par-delà le temps.

Nourriture et mort de l'égrégore

La puissance d’un égrégore dépend de sa « masse psychique concentrée ou mobilisée ». La puissance et la nature de ces courants émis déterminent la qualité de la forme pensée aurique. Plus elle est alimentée et plus son rayonnement s’étend.

En contrepartie, moins elle est nourrie et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les égrégore se créent, se développent, puis s’anémient et disparaissent. La durée de vie d’un égrégore dépend des paramètres identiques à ceux de toutes les institutions humaines. Plus elles sont vitalisées auriquement, plus on leur porte de l’intérêt et plus elles se renforcent. Dans le cas contraire, moins elles sont fertilisées et moins elles sont susceptibles de battre des records de longévité.

Faute d’être entretenu et nourri régulièrement, un égrégore se désagrège et meurt car il n’est pas autonome comme on peut le voir.

Jean-Paul Thouny


http://www.energie-sante.net/fr/hp/HP002_les-egregores.php


dimanche 3 mars 2013

"LE POUVOIR INFINI DE LA CONSCIENCE"


Psychiatre américain de réputation mondiale et invité d'honneur à l'INREES pour la conférence du mercredi 13 Octobre 2010, Stanislav Grof a posé les bases de la psychologie transpersonnelle, menant avec son épouse Christina des recherches consacrées aux états de conscience modifiés depuis des décennies.

Thomas Kuhn, dans son ouvrage « La structure des révolutions scientifiques » explique que la science ne suit pas un parcours linéaire mais évolue par étapes. Entre chaque étape, on trouve des périodes, dont chacune est caractérisée par un consensus établi par le monde universitaire et accepté par tous, définissant ce qui est considèré alors comme étant la réalité. Durant chaque période, les scientifiques appliquent le paradigme existant. Mais il se produit parfois des « anomalies », des phénomènes qui ne peuvent pas être expliqués par la vision du monde en cours. Physique, chimie, psychologie... toutes les composantes de la science connaissent à un moment donné ce débat. Le dernier en date a eu lieu au début du siècle dernier, lorsque la physique de la relativité a dû faire place à la physique quantique. Un changement de paradigme se profile alors, qui peut durer plusieurs décennies durant lesquelles le monde scientifique dans son immense majorité oppose une très forte résistance. Nous sommes actuellement, nous dit Stanislav Grof, dans l'une de ces périodes-clé. Ses travaux, qui s'inscrivent dans un nouveau paradigme, bousculent. Il a choisi d'en parler avec humour : « Certains de mes collègues ne comprennent pas comment un médecin peut avoir recours à la psychologie transpersonnelle, ou écrire un ouvrage avec ce titre invraisemblable "Voyage au-delà de mon cerveau" ! » (ndlr : référence au livre du Dr Jill Bolte Taylor, paru en 2008).

Pour nous présenter la synthèse de ses études sur les états de conscience non ordinaires, Stanislav Grof a choisi de parler tout simplement de ce qu'il a vécu : des histoires extraordinaires mais avérées, qui démontrent l'existence d'une psyché élargie et d'une conscience distincte du cerveau.


La conscience n'est pas le cerveau

Né d'une famille sans affinités religieuses, il s'est passionné très tôt pour Freud et la psychiatrie. Sa formation médicale a été des plus matérialiste et, après quelques années d'analyse freudienne, il sent qu'il fait fausse route : intuitivement, il sait qu'il y a autre chose à découvrir.

Il est dans cet état d'esprit lorsqu'un colis arrive au département de psychiatrie de Prague où il travaille, adressé au Directeur de l'établissement et accompagné d'une lettre. Un laboratoire allemand envoyait dans ce paquet plusieurs ampoules de LSD 25 et proposait aux membres du département de mener des recherches avec cette substance tout en communiquant leurs conclusions au laboratoire. La lettre suggérait : « peut être pouvez-vous l'utiliser comme un outil éducatif, le donner aux psychiatres, psychologues, étudiants en psychiatrie afin qu'ils passent quelques heures dans le monde de leurs patients... »

Cet événement fut déterminant pour le jeune chercheur, qui dès lors réalisa avec son Directeur de recherches de très nombreuses expérimentations, sur lui-même et avec des patients, effectuant de nombreuses analyses avant, pendant et après afin d'obtenir des modèles. « c'était une source d'exploration tout à fait passionnante ! ». Au cours d'une de ses expériences avec le LSD 25, Stanislav Grof vécut notamment une expérience marquante, explorant des niveaux de conscience qu'il appellera « non ordinaires ». A cet instant, il eut l'intuition « à un niveau cellulaire » que ce qu'il avait appris à l'Université sur la conscience n'était pas exact : la conscience n'est pas un phénomène physique ; elle est quelque chose de fondamental qui agit au niveau du cerveau mais ce n'est pas le cerveau. « Il a fallu des années avant d'obtenir une démonstration scientifique de ce que j'avais expérimenté, notamment par les expériences de sorties du corps et surtout les EMI (Expériences de mort imminente) ou ce qui peut arriver à des personnes au seuil de la mort. » Depuis, des milliers de témoignages de personnes qui ont vécu des états de conscience modifiés (lors de comas, d'EMI ou d'intervention chirurgicale) ont été collectés, confirmés par un grand nombre d'expériences documentées. Ces personnes voient ce qui se passe au même moment dans la pièce, parfois même ce qui se passe à ce moment à plusieurs kilomètres de là. Mêmes interrogations et confirmations devant les témoignages de personnes aveugles, au seuil de la mort, ayant précisément décrit leur environnement suite à une EMI, ce que le psychologue Ken Ring appelle la « vision de l’esprit » (Mindsight).


Inconscient individuel et inconscient collectif archétypal

Mais si notre conscience peut se « promener » lorsqu'elle est dans cet état particulier, jusqu'où peut-elle aller ? Au fil de leurs travaux, Stanislav et son épouse élargissent la carte de la psyché, que l'on croyait jusque là limitée à la mémoire postnatale. Ils démontrent qu'on peut revivre notre propre naissance, notre vie intra-utérine et jusqu'à notre conception au niveau cellulaire ! Une véritable révolution. « Nous savons que c'est possible, c'est maintenant aux neurophysiologistes de nous dire où cette mémoire est enfouie... Nous savons par la biologie que nous n'avons pas besoin d'un cortex pour avoir de la mémoire, la mémoire est une propriété intrinsèque à la matière vivante, Eric R. Kandel a reçu le prix Nobel en 2000 pour ses études sur la mémoire d'une limace de mer... Donc, on accepte qu'une limace ait de la mémoire, mais pas un être humain nouveau-né ! »

Les découvertes ne s'arrêtent pas là. S. Grof constate que nous pouvons non seulement revivre des événements nous concernant directement et enfouis dans nos archives mémorielles, mais également des événements datant de plusieurs générations avant notre naissance biologique. Les personnes décrivent alors, avec une précision étonnante, une époque, un lieu disparu, toutes informations vérifiées et documentées ensuite par des recherches généalogiques, historiques, géographiques ou par l'étude des légendes et mythologies dans le monde.

Carl Gustav Jung l'avait pressenti : nous disposons d'un inconscient non seulement individuel mais également collectif. Et même archétypal : dans ces états modifiés de conscience, de nombreuses personnes voient des personnages ou des royaumes mythologiques ou archétypaux qui leur est impossible de connaître intellectuellement.


Les émergences spirituelles pour guérir

Mais le psychiatre pressent la dimension spirituelle de la conscience. Il rencontre alors des enseignants spirituels, moines tibétains, bouddhistes de la tradition zen, chamanes, chrétiens bénédictins... et étudie ce qu'il appelle « les technologies du sacré », comme les techniques de méditation profonde. Il découvre avec Christina que ces explorations peuvent être un mécanisme puissant de guérison pour nombre de pathologies étiquetées comme des « psychoses » ou « états psychotiques ». Eux préfèrent les nommer « émergence spirituelle » ou « urgence spirituelle », des termes qui parlent bien d'un état de crise mais aussi d'une opportunité de passer à un autre niveau de conscience et de guérir. « On peut véritablement aider les gens à traverser ces crises plutôt que de supprimer les symptômes, même si le thérapeute n'y croit pas. Ne pas laisser les gens aller vers ça serait les priver d'une guérison possible. » En 1980, Christina fonde le réseau d'urgence et d'émergence spirituelle, qui met en contact des personnes traversant des crises de cet ordre-là avec des professionnels capables de les accompagner.

« Quand nous aurons acquis cette nouvelle vision du monde, quand l'émergence de ce nouveau paradigme sera effective, ces expériences ne seront plus des anomalies mais des éléments normaux de notre nouveau monde. » Pour Stanislav Grof, l'important n'est pas de savoir ce qui crée ces émergences spirituelles mais de savoir comment accéder à ces nouvelles sources de guérison.

Pour aller plus loin : « l'ultime voyage » et « Quand l'impossible arrive » (Editions Tredaniel)