« Travaillez sur vous-même, et votre monde se portera mieux : cela est une certitude ! »

mercredi 25 janvier 2017

"MONDES INTERIEURS MONDES EXTERIEURS"





Il existe un champ vibratoire reliant toutes choses On l'a appelé Akasha, le son originel Om, les perles du collier d'Indra, l'harmonie des sphères et des milliers d'autres noms lui furent attribués à travers l'histoire.

Les professeurs anciens enseignaient le Nada Brahma - l'univers est vibration. Le champ vibratoire est à la source de toute véritable expérience spirituelle et de toute recherche scientifique. Il s'agit du même champ ésotérique que des saints, des bouddhas, des yogis, des mystiques, des prêtres, des chamanes, des prophètes ont observé par introspection.

Bon nombre d'imminents penseurs de l'histoire tels que Pythagore, Keppler, Léonard de Vinci, Tesla et Einstein approchèrent le seuil du mystère. Dans la société moderne, la majeure partie de l'humanité a perdu la sagesse ancienne.

Nous nous sommes trop égarés dans le domaine de la pensée, ce que nous percevons comme le monde extérieur de la forme.
Nous avons perdu notre lien vers les mondes intérieurs. Cet équilibre, appelé "la voie moyenne" par le Bouddha et "le juste milieu" par Aristote, est le droit de naissance de chaque être humain. C'est la source commune de toutes les religions et le lien entre nos mondes intérieurs et extérieurs.

Documentaire : Daniel Schmidt
Avec Patrick Sweeney

samedi 21 janvier 2017

"L'INTUITION ET LE RETOUR A LA NATURE"


Le mental et l’intuition coexistent à chaque instant de nos vies. Pris dans des environnements qui s’emploient à nous dénaturer, le balancier semble pencher trop souvent du côté du mental.


Petits détours par la nature pour revenir à sa vraie nature.

Qui êtes-vous ? Ne vous est-il jamais arrivé le temps d’une balade dans la nature, d’oublier votre nom, votre identité sociale, vos limitations, votre mental incessant pour vous connecter à votre essence ? Nous sommes en permanence habités par le mental, le raisonnement qui nous situe dans l’avant ; dans l’après. Or côte à côte, tout proche du mental une façon quasi instantanée et intuitive de perception du monde émerge de temps à autre comme pour nous rappeler que nous sommes bien plus que nos pensées. Retour sur l’intuition et les chemins à parcourir pour la rencontrer.


L’intuition et les sens spirituels

Levons un premier voile : si nous possédons des sens physiques, notre perception s’établit aussi sur des sens plus subtils ; les sens spirituels. A côté de la vision offerte par nos simples yeux de chair, nous pouvons contacter une vision profonde offerte par notre esprit. Les recherches en imagerie médicale démontrent que loin d’être opposés le mental et l’intuition seraient deux modes de perception juxtaposés qui concerneraient des câblages neuronaux différents. Désormais, mental et intuition apparaissent même aux yeux des scientifiques les plus matérialistes comme deux modes de perception permettant une réalité augmentée. Biologiquement, nos 5 sens physiques – tous reliés les uns aux autres – seraient captés par notre cerveau gauche dont le but est de réfléchir (situer notre sentiment du moi ou, en d’autre termes, alimenter notre fameux Ego). C’est dans le cerveau droit que la Conscience serait générée : l’action de ressentir s’y ferait par nos cinq sens spirituels que sont la claire vision, la claire audition, la télépathie, la prémonition, et la prescience ; autant de facettes qui constituent le diamant de l’intuition ; appelée aussi « voie du cœur » par de nombreuses traditions spirituelles.


La voie du cœur et ses mystères révélés

Selon Pascal, « le cœur à ses raisons que la raison ne connaît pas ». Parler avec son cœur, avoir le cœur sur la main, voir avec le cœur ; lorsqu'il s’agit de cœur notre langage ne manque pas d’expression nous encourageant à l’écouter. Suivre son cœur serait –il la clef pour construire une vie pleine de sens ? Le cœur est le siège de l’âme. On ne dit pas je t’aime de toute ma tête ! Le cœur est la graine de l’âme, les messages arrivent déjà dans le cœur puis circulent vers le mental et le corps. Cela transcende la personnalité ! Comme le dit Amit Goswami qui étudie la résonnance quantique. Vous avez une intention, identifiez d’où elle vient ? Qui lui parle : votre égo (mental) ou votre cœur (intuition) ?


Le cœur devrait être le maître et le mental le serviteur.

Si c’est le cœur qui vous guide vous expérimenterez la synchronicité des événements ! En effet, comme le démontrent les recherches de l’Institut HeartMath, de façon subliminale le cœur perçoit l’intensité des images avant leur arrivée. L'intelligence du cœur est formée par le flux intelligent de conscience et d'intuition que nous ressentons lorsque le mental et les émotions se trouvent dans un état d'équilibre… L’intuition serait alors, comme le confie le docteur Paul Bernstein une « intelligence qui commettrait un excès de vitesse » !

Levée du deuxième voile : par sa fulgurance l’intuition permet de rejoindre l’essence du monde. Tel que le résume Fréderic Lenoir : « le monde est constitué d'éléments invisibles et subtils que nous ne pouvons percevoir qu'avec notre cœur, ou notre intuition ». Comment affiner cette claire vision ? Comment y parvenir si ce n’est en retournant à l’essentiel ? En tant que prédateurs convaincus de notre supériorité, nous avons des rapports difficiles avec notre environnement naturel. Saturés par des environnements dénaturés devenus des terrains propices à la rumination mentale; Il semblerait que le chemin le plus long à emprunter soit celui qui nous fasse redescendre de la tête vers le cœur…


Intuition et intelligence du vivant

De tout temps les chamanes et les mystiques se sont retrouvés dans la nature pour se trouver en se connectant à l’âme du monde (Anima Mundi) ; cependant la voie du cœur n’est pas l’apanage de quelque uns… Selon Eckart Tolle de plus en plus de personnes sont reliées dans le cœur. « Il n’y a rien de plus important que de trouver sa mission de vie ; et cette mission ne se pense pas, il faut la ressentir.


Il n’y a rien de plus important que de trouver sa mission de vie.

Pour la ressentir ; il faut la vivre par le cœur. La question principale est qu’est ce que je souhaite dans ma vie ? Ou plutôt qu’est ce que la vie veut de moi ? Et pour trouver cette réponse, il faut trouver le calme. Comment ? Allez au cœur de la nature » ! L’intuition serait comme un diamant brut - et tel que le partage Leila Del Monte qui pratique la Communication Animale (en se mettant en empathie grâce à son intuition) - « Cela prend du temps pour en faire un joyau ! Ne pas projeter ses opinions et pensées : cette recherche de clarté est avant tout un travail de conscience et de quiétude intérieure dont la nature est le meilleur exemple ».

En effet, pourquoi les humains seraient-ils les seuls à posséder une intelligence et à prendre des décisions en toute autonomie ? A l’instar d’un nombre croissant de recherches croisant la science et le chamanisme dans Intelligence dans la nature Jeremy Narby montre que les bactéries, les plantes, les animaux et les autres formes de vie non humaines font preuve d'une étonnante propension à prendre des décisions déterminant leurs actions. Ils savent, sans pour autant réfléchir… Des moisissures visqueuses unicellulaires peuvent résoudre des labyrinthes. Les abeilles, dont le cerveau a la taille d'une tête d'épingle, font usage de concepts abstraits… La nature fourmille d’exemples montrant le rôle prépondérant de la Conscience. S’inspirer du vivant, respirer dans le vivant pour recréer en nous une harmonie perdue? Pour rejoindre des mondes plus subtils la nature nous permet de retrouver la spontanéité du non réfléchir. Relaxons-nous tout n’a pas besoin d’être sous contrôle !

Jouer avec la musique du hasard

Levée du dernier voile : l’intuition fait partie de notre nature, l’intuition se retrouve dans la nature ; mais surtout l’intuition est un jeu. En nous permettant de nous pacifier, de franchir la barrière de l’intellect, elle fait de nous des magiciens. Selon Jean-François Vézina, psychothérapeute : « Nous sommes en permanence situés dans le pôle nord du mental, là où tout est froid et gelé. Or connecter son intuition, c’est rencontrer la capacité à jouer la vie, plutôt qu’être jouée par elle. » L’histoire de Jean Baptiste de Pape, réalisateur du film L’infinie puissance du cœur, est éloquente. A 30 ans cet avocat réputé se voit proposer une promotion internationale ; cependant sa vie manque de sens. Il se donne une semaine pour méditer à sa mission de vie. « J’avais entendu le message de Eckart Tolle. Il me fallait aller dans la nature. Dans un grand parc, j’ai posé la question qu’est-ce que la vie veut de moi ? Rien. Je me suis mis à répéter cette phrase comme un mantra. Toujours rien ; je rageais ! Un orage s’est mis à éclater. Je me suis réfugié sous d’immenses arbres. J’ai entendu dans mon cœur un bruit assourdissant, comme un os qui se cassait. J’ai cru mourir. Et j’ai pensé ça doit être ce que la vie attends de moi... Seul je me suis mis à pleurer comme jamais, j’étais envahi par un sentiment de clarté, d’amour, j’avais l’impression d’être revenu chez moi. C’est naturellement que m’est venu l’idée de faire un documentaire sur l’infinie puissance du cœur. J’ai commencé à rencontrer des producteurs. Ils me croyaient fou. Un avocat qui veux faire des films ! Je me suis pris au jeu… Que d’aventures. Cela m’a pris 5 ans ; c’était le temps nécessaire pour que je me reconnecte à mon cœur. Vous êtes sur une rivière, le cerveau voit le prochain tournant, or le cœur voit la rivière de la source à la mer ; c’est cela la sagesse du cœur : un jeu de la nature qui invite à lâcher prise » !

Caroline Escartefigues

http://www.inrees.com/articles/intuition-mental-nature/

mardi 10 janvier 2017

"LE BURN-OUT CHEMIN INITIATIQUE ?"


Plus de 12 % de la population active française courrait le risque d’un burn-out en 2014, cet épuisement professionnel.
Et si, sous la gravité du mal-être,
pulsait une puissante énergie de transformation ?

« Serais-je la femme que je suis aujourd’hui si je n’avais pas été victime d’un burnout ? » La question semble curieuse. C’est pourtant celle que se pose Nadia Guiny, neuf ans après avoir payé cher sa suractivité professionnelle. « J’étais directrice de la communication, j’avais des responsabilités, j’étais reconnue, raconte-t-elle. Pendant vingt ans, j’ai adoré mon métier, je me donnais sans limites. À un moment, j’ai commencé à y trouver de moins en moins de sens. La fatigue s’accumulait, mais j’avais tellement à cœur de bien faire ! Je me disais qu’un moment favorable viendrait. Je n’ai pas vu le mur venir. » Selon les gens, le mur prend la forme d’un AVC, de dérèglements physiologiques, d’un état dépressif. Certains se réveillent un matin incapables d’honorer le rendez-vous qu’ils préparaient depuis des mois. Nadia Guiny, elle, a vu surgir une maladie neurologique invalidante. « Le neurologue a fait le lien entre mon surinvestissement et l’incapacité de mon organisme à en supporter davantage », souligne-t-elle.


Renaître de ses cendres

« Cet épuisement physique et psychique est le résultat d’un trop fort déni de soi, commente la psychologue Patricia Serin. Il est le signe que la personne a négligé des aspects d’elle-même, pourtant essentiels. » Le corps est épuisé, le cerveau grillé. S’arrêter longtemps est une nécessité – vécue parfois comme un échec. Pour Nadia Guiny, c’est un électrochoc. « Moi qui n’avais plus goût à rien, j’ai pris conscience que je voulais vivre, et en bonne santé », relate-t-elle. Les forces lui manquent, mais son congé maladie lui donne du temps pour réfléchir. Qu’a-t-elle à en comprendre ? « Certaines entreprises portent une responsabilité, du fait de charges de travail colossales ou de pressions managériales, admet-elle. Pour autant, il est important de dépasser la plainte et la colère. Un burn-out doit nous questionner sur notre perfectionnisme, notre soif de reconnaissance, ainsi que sur nos difficultés à mettre des limites et à exprimer nos besoins. » C’est aussi le moment de se mettre à l’écoute de ses aspirations fondamentales.

Sommes-nous vraiment sur notre route ? L’intuition, les rêves ou les ressentis sont de précieux alliés. Nadia Guiny a mobilisé le peu d’énergie qu’il lui restait pour explorer de nouveaux champs. « Peu confiante dans les traitements que me proposait la médecine, j’ai décidé de me tourner vers des approches alternatives », narre-t-elle. Rebirth, étiopathie… Elle finit par trouver son sésame entre les mains d’un chiropracteur énergétique. « Il a cassé les couches émotionnelles que j’avais accumulées, explique-t-elle. Je me suis sentie me “reverticaliser” et me défaire peu à peu de mes douleurs. »

On réalise l’absurdité du système dans lequel on s’était enfermé.
En parallèle, elle s’interroge sur sa vie, sur ses valeurs, sur ce dont elle souhaiterait être fière à l’orée de sa mort. « Au fond, le burn-out est un processus alchimique, analyse-t-elle. Dans une société qui valorise l’hyperconsommation, l’individu ne fait pas exception : il se consume. » Une fois calciné, tel le phénix, il peut renaître de ses cendres, à condition de faire le chemin de la purification, de la suppression des résistances puis de la recomposition de lui-même, vers un état d’unité intérieure.


Un éveil spirituel

« C’est comme dans un éveil spirituel », confirme Patricia Serin : soudain, face à l’abîme des circonstances, quelque chose s’engouffre et se révèle, « on réalise l’absurdité du système dans lequel on s’était enfermé. On se rend compte de la nécessité d’évoluer vers une qualité de présence plus authentique. Le burn-out exige un changement profond de la relation que nous entretenons à nous-mêmes et aux autres. » Il ne s’agit pas forcément d’abandonner son travail – on l’a peut-être choisi par vocation –, mais de revisiter la façon dont on le perçoit. « À rebours du sentiment de n’en faire jamais assez, nous devons prendre conscience qu’en jouant simplement notre rôle dans le Grand Tout, nous faisons notre part, comme des colibris, note la psychologue. Cette vision est extrêmement apaisante. Peu à peu, on remplace le besoin d’amour par la découverte de l’amour en soi. » Il ne s’agit pas de romantiser : le burn-out reste une expérience douloureuse. Se reconstruire prend du temps. Une fois les symptômes disparus, la tentation est grande de repartir sur les mêmes rails. « Mais que vaut-il mieux : prendre le risque d’aller vers l’inconnu ou avoir la certitude d’aller dans le mur ? », interroge Nadia Guiny. Se faire accompagner peut être nécessaire, sans perdre de vue que les choix nous appartiennent. Quatre ans après son burn-out, Nadia Guiny n’avait plus trace de sa maladie. Après avoir repris son emploi à mi-temps, elle a fini par se lancer dans le coaching. « Je suis sur mon chemin de vie, conclut-elle. Le burn-out a réveillé cette flamme en moi qui, au lieu de me réduire en cendres, m’apporte chaleur et lumière. »

http://www.inrees.com/articles/burn-out-chemin-initiatique/


lundi 26 décembre 2016

"DMT LA MOLECULE DE L'ESPRIT"




DMT, La molécule de l'esprit, est un documentaire (1h13) qui s'intéresse à cette molécule, du point de vue scientifique avec ses effets sur le cerveau, connue et utilisée depuis des siècles pour ses propriétés médicinales ou psychotropes, présente dans certaines plantes et secrétée par le cerveau. Le docteur Rick J. Strassman a étudié le rôle éventuel de la glande pinéale dans les états de conscience extraordinaires en rapport avec la DMT.  VO/ST-Fr.

Le docteur Rick J. Strassman, professeur en psychiatrie à l’école de médecine de l’Université du Nouveau-Mexique, et un des psychiatres américains parmi les plus éminents, a mené la plus grande recherche psychédélique jamais réalisée en expérimentant sur des dizaines de volontaires la mystérieuse "molécule de l'esprit", nommée DMT, ou diméthyltryptamine.
Avec sincérité et une rigueur scientifique exceptionnelle, le docteur Strassman relate de très nombreux récits dont l'intensité, la profondeur et l'étrangeté sont réellement saisissantes, d'autant plus que beaucoup d'entre eux se réfèrent au Bardo, l'état intermédiaire qui va de la mort à la prochaine naissance.

Selon l'article du site en lien ci-dessous : Dès le début de sa carrière, Rick J. Strassman s’était fixé comme but de pratiquer des recherches légales aux États-Unis sur les substances psychédéliques, selon un protocole rigoureux. Dans le cadre de l’Université du Nouveau-Mexique, il s’est interrogé sur le rôle éventuel de la glande pinéale dans les états de conscience extraordinaires.
Les hypothèses avancées qu'il présente en irriteront plus d'un, mais personne ne restera insensible aux incroyables ouvertures qui se dégagent de ces recherches sur le cerveau humain et ses potentialités insoupçonnées. La DMT est-elle cette molécule de l'esprit en connexion avec la fameuse glande pinéale, considérée par les Hindous comme le lieu du septième Chakra et par Descartes comme le siège de l'esprit ? Une remarquable étude aux frontières de la connaissance.

Le Dr. Strassman a poursuivi ses travaux cliniques en cherchant à déterminer la fonction de la mélatonine, l’hormone secrétée par la glande pinéale connue également sous le nom épiphyse. Le groupe de recherches qu’il a animé a réalisé la première étude permettant de connaître le rôle principal de la mélatonine chez l’homme.
Il s’intéressa ensuite à la DMT, l’agent actif de l’Ayahuasca, et il entreprit en 1990 la seule expérimentation approuvée et financée par le gouvernement américain sur les psychédéliques pendant ces vingt dernières années.
Il a du batailler pendant deux ans avant de recevoir le feu vert de la FDA pour évaluer les effets physiologiques de la DMT, et mettre au point le questionnaire d’évaluation "Hallucinogen Rating Scale", servant à mesurer les effets psychologiques de la DMT et autres substances enthéogènes. Ces recherches sur les psychédéliques étaient approuvées et financées par le National Institute on Drug Abuse.

Le chercheur explique : "En occident, les études sur la conscience se sont multipliées. Un volet particulier de cette recherche étudie les effets des agents psychoactifs sur la conscience. Dans le cadre de la Fondation Cottonwood, nous poursuivons l’exploration des mystères les plus étranges de l’esprit humain. Nous utilisons les composants psychoactifs des plantes pour étudier les divers champs de conscience manifestés chez l’homme, leur processus, et découvrir leurs bases biochimiques et physiologiques.
Nous nous intéressons également aux implications médicales, sociales, et spirituelles de ces différents états, afin de savoir comment les appliquer au mieux pour soigner, développer la créativité et acquérir une certaine sagesse.

Pendant de nombreux siècles, des cultures indigènes ont utilisé des plantes médicinales pour induire avec méthode des états de conscience amplifiés et de type mystique. La science occidentale commence à peine à s’intéresser aux immenses ressources du savoir traditionnel concernant ces plantes et leurs effets. Nous poursuivrons nos buts en confrontant diverses perspectives, scientifique, anthropologique, et spirituelle.
Notre vice-président, le Dr. Steven Barker de l’Université de Louisiane, met au point un nouveau protocole ultra-sensible pour mesurer les émissions naturelles de la DMT et d’agents similaires dans le corps humain. Ceci devrait nous permettre de comparer les quantités habituelles avec celles qu’on relève lors des états de conscience amplifiés."

Le docteur Strassman sait que ses recherches ne feront pas l’unanimité. D’autres chercheurs ne manqueront pas de réfuter l’idée que la DMT peut permettre à nos cerveaux de percevoir la matière sombre ou des Univers parallèles, tels des plans d’existence habités par des entités conscientes...

Certaines recherches tendent à montrer que la DMT est une substance psychotrope puissante, mais aussi produite naturellement en très petites quantités par la glande pinéale.
Son usage pour ses propriétés psychotropes remonte à l'antiquité. La DMT est présente à l'état naturel dans de nombreuses plantes dont les Psychotria ou Anadenanthera, et dont certaines entrent dans la composition de préparations hallucinogènes artisanales comme le breuvage Ayahuasca ou la poudre à priser Yopo qui sont utilisés lors de cérémonies rituelles chamaniques.
Tout au long de l'histoire de l'humanité, la plupart des civilisations humaines ont utilisé des substances psychotropes dans des buts spirituels, divinatoires, médicinaux ou encore récréatifs.




samedi 19 novembre 2016

"APPRENDRE A RECONNAITRE LES CONNEXIONS QUI NOUS LIENT"


Sommes-nous tous reliés par des liens invisibles ? C’est ce que pense la journaliste scientifique Lynne Mc Taggart, qui nous éclaire dans son livre « Le lien quantique » sur cette nouvelle approche du monde.

Quand les trois vagues de vingt-quatre mètres de haut du tsunami de décembre 2004 ont frappé la baie de Bon Yai, au sud de l’île de Surin, la tribu Moken, une petite communauté nomade de pêcheurs, a été témoin de l’anéantissement de son village et de la mort instantanée de 24 000 villageois qui s’étaient réfugiés sur l’une des plus hautes collines de l’île. Les anciens avaient prévenu toute la tribu des Moken, c’est-à-dire 200 personnes, et tous, à part un garçon handicapé, ont réussi à se sauver bien avant que les vagues n’arrivent. Quand le tsunami a balayé le nord, en atteignant les îles d’Andaman, de Nicobar et le sud de l’Inde, les 250 membres de la vieille tribu Jarawa, seuls occupants de l’île de Jirkatang, ont tous fui dans la forêt de Balughat. Ils ont vécu pendant 10 jours de noix de coco et s’en sont sortis.
Tous les membres des quatre autres tribus indigènes de l’archipel indien des îles Andaman et Nicobar – les Onges, les Grands Andamanais, les Sentinelles et les Shompen – ont eux aussi eu la prémonition du tsunami, alors que d’ordinaire ils auraient dû être en mer en train de pêcher. Quand un hélicoptère indien a survolé l’île, pour chercher des survivants, une Sentinelle nue, offensé par cette intrusion sans raison d’être, a brandi son arc et lancé une flèche vers l’engin.

Quand on leur a demandé comment ils savaient que le tsunami arrivait, un ancien de la tribu a haussé les épaules. C’était évident. L’un des petits garçons de la tribu avait été pris de vertiges. Le niveau du ruisseau près de leur village avait soudain baissé. L’un des membres de la tribu avait remarqué des petites différences entre la façon dont une vague grossissait par rapport à une autre. Ils avaient remarqué une agitation inhabituelle chez les plus petits mammifères qui griffaient davantage, une légère altération dans les figures de nage des poissons.
Quand il était enfant, on avait appris à l’ancien à faire attention à ces signaux subtils. Ils annonçaient des secousses de la terre et de la mer qui allaient se déchaîner avec rage. L’ancien avait compris que les signes étaient là, que la mer et que la Terre étaient « en colère » et que son peuple devait se réfugier sur les plus hautes Terres.

L’une des régions les plus affectées par le tsunami comprenait le Yala National Park, la réserve de vie sauvage la plus grande du Sri Lanka, où les raz-de-marée ont inondé jusqu’à 3km à l’intérieur des terres. Pourtant, selon Ravi Corea, président de la Sri Lanka Wildlife Conservation Society, parmi toutes les centaines d’animaux de la réserve, seulement deux buffles d’eau sont morts. Des centaines d’éléphants, de léopards, de tigres, de crocodiles et de petits mammifères se sont cachés dans leurs repaires ou se sont sauvés pour se mettre à l’abri.

La survie remarquable des animaux sauvages et des peuples indigènes a été attribuée à un sens très aigu de l’ouïe, à un don « sismique » qui leur permet de sentir les vibrations d’un tremblement de terre, ou à une compréhension ancestrale des changements subtils dans le vent et dans l’eau. « Ils peuvent sentir le vent », déclare Ashish Roy, avocat et activiste environnemental, en parlant des indigènes. « Ils peuvent jauger de la profondeur de la mer rien qu’avec le son de leurs rames. Ils ont un sixième sens que nous ne possédons pas. »
Mais il y a une autre possibilité qui est quelque chose d’encore plus extraordinaire : une différence énorme entre la façon dont ils voient le monde et la façon dont nous le voyons. (...)

Nous avons perdu notre sens du lien, mais notre perte n’est pas irrévocable. Nous pouvons remettre l’intégralité dans nos vies et retrouver le sentiment de la connexion entre les choses, mais cela nécessite de suivre une série de règles très différentes de celles avec lesquelles nous vivons à présent. Vivre le lien, c’est s’abandonner à la poussée de la nature vers l’intégralité et reconnaître le tout dans chaque aspect de notre vie quotidienne. Nous devons nous poser certaines questions fondamentales : comment pourrions-nous voir le monde comme autre chose qu’un lieu qui existe seulement pour nous ? Comment pourrions-nous avoir des relations les uns avec les autres qui ne soient pas basées sur la compétition ? Comment pourrions-nous nous organiser dans notre voisinage – la tribu immédiate autour de nous et notre plus petit groupe en dehors de la famille – pour nous soutenir mutuellement plutôt qu’entrer en compétition ?

Nous avons besoin de percevoir différemment le monde, de communiquer différemment avec les autres, de nous organiser – d’organiser nos amitiés, notre voisinage, nos villes et nos cités différemment. Si nous ne voulons pas être séparés, mais toujours attachés et engagés, nous devons changer notre but fondamental sur Terre en quelque chose de plus grand que celui qui est fondé sur la lutte et la domination. Nous devons voir nos vies à partir de perspectives complètement différentes, d’un point de vue plus large afin que nous puissions voir finalement l’interconnexion. Nous devons changer la façon même de voir le monde, afin de voir comme voient les Moken, non pas pour prévenir les tsunamis, mais pour remarquer les connexions qui nous lient tous ensemble. (...)

Nous avons oublié comment regarder. Nous ratons la connexion subtile, l’idée périphérique, le moindre changement dans le vent qui nous amènerait à la conclusion inéluctable qu’un tsunami se prépare. Même les Moken qui étaient sur leurs bateaux avant que le tsunami ne frappe ont su aller vers les eaux plus profondes et s’éloigner du bord, contrairement à leurs voisins, les pêcheurs birmans, qui ont péri. Un Moken a accueilli la nouvelle de leur mort d’un hochement de tête : « Ils pêchaient des sèches. Ils n’ont rien vu venir. Ils ne savent pas comment regarder. »

Nous avons vu que notre besoin le plus fondamental est de toujours chercher un lien et une unité, et d’aller au-delà de l’individualité. Pourtant, quand nous regardons notre monde, nous ne voyons que des choses individuelles, séparées et sans rapport. Nos impulsions les plus basiques sur nous-mêmes vont à l’encontre de la façon actuelle dont nous voyons et interprétons notre monde. En apprenant à voir comme un Moken, à voir l’espace entre les choses, nous pouvons apprendre à reconnaître les connexions qui ont toujours été présentes, mais qui sont restées invisibles à l’œil occidental : les connexions qui nous lient ensemble. Nous commencerons à reconnaître ce qui est le plus invisible : l’impact de nous-mêmes sur les autres et sur ce qui nous entoure.

Le lien quantique
Lynne Mc Taggart
Editeur : Macro Éditions (Janvier 2012)


vendredi 11 novembre 2016

"MARIO MERCIER: APPRENDRE A AIMER LA TERRE COMME UNE ENTITE VIVANTE"

Forêt de Vizzavona

Broyée par le « progrès », la Nature souffre. Souffrent aussi les hommes qui ne savent plus qu’elle est leur mère. Dans notre univers pollué, des voix s’élèvent pour tenter de freiner cet holocauste aveugle de forêts, de rivières, de richesses minières. Mario Mercier, véritable chaman, vibre à l’unisson de la nature. Nous lui avons demandé de nous dire pourquoi, il est vital de nous re-nouer avec elle et comment…

« Les hommes sont les fils du Ciel par le corps de la Terre »

(Rig-Veda)

Bruno TOTVANIAN. — Racontez-nous quand, comment et à la suite de quels événements, vous avez senti un appel vers la nature et par quels procédés d’instruction et d’initiation vous avez pu développer ce qui était probablement un don naturel, à travers une capacité créatrice qui se manifeste tant par la poésie que par la peinture et le dessin.

Mario MERCIER. — D’abord j’ai toujours été fortement attiré par la nature et j’ai eu la chance, étant enfant, de vivre à la campagne près d’une rivière. Donc, ce contact avec la nature, je l’avais dans mon sang, dans mes gènes et, j’ai pressenti, à travers elles, des résonances infinies. Plus tard, j’ai été coupé de la nature par les vicissitudes de la vie et j’ai été obligé de m’installer à Paris, moi qui suit méditerranéen !

Un jour, un grand désir de sortir de la ville me poussa à trouver une forêt, un bois. C’était un désir très fort. Une amie me conduisit en voiture, et sans savoir où j’allais, je lui disais : « Passe par là, tourne ici », et nous avons finalement abouti dans un bois au bord d’un chemin. Un bois abîmé par les passages des motos, les saccages des promeneurs. Un bois un peu étrange. Quelques jours auparavant, cette jeune femme qui m’accompagnait, un être très sensitif, avait rêvé qu’elle se trouvait dans ce bois, debout les bras levés et que c’était là son lieu privilégié. Deux ou trois nuits plus tard, moi aussi j’ai rêvé de la clairière de ce bois mais il y avait un mystère, comme une énigme et j’ai été poussé à y retourner. Sur place, j’ai commencé à ressentir des choses assez étranges, surtout la nuit, car le jour, il y avait trop de monde. C’était comme une force qui émanait de ce lieu, un lieu magique : je voyais des boules lumineuses, des formes ; par la suite, j’ai appris que c’était des esprits de la nature. A cette époque, je n’y croyais pas du tout. Plus tard, de retour dans le bois, des amis venus avec moi ont vu et senti les mêmes choses. J’avais besoin de m’asseoir au pied d’un de ces arbres que j’appelais l’arbre maître dans cette clairière et une espèce de relation s’établissait entre cet arbre et moi, un peu comme si le pouvoir psychique de l’arbre s’infusait en moi. A cette époque, je n’avais reçu aucune préparation, seule une ouverture, venue de l’enfance, vers la nature s’était éveillée. Mais il y avait là, dans cette clairière, une dimension autre, dimension que je n’ai jamais retrouvée dans aucun autre bois. Petit à petit, s’est installée une relation d’amitié, d’amour entre lui et moi : je connaissais chaque arbre, chaque chemin. Et toujours, il y avait quelque chose qui sortait doucement des arbres et qui en moi réveillait des sentiments enfouis, oubliés : ces arbres, ces buttes de terre étaient la façade de quelque chose de plus profond. Là, j’ai aussi appris à aimer le vent : ce vent très particulier qui se lève lorsque vous êtes en accord avec le lieu et la nature. Un vent qui, s’il ne se lève pas, vous fait comprendre qu’il vaut mieux partir, que rien ne se passera ce jour-là, que la forêt vous est fermée, interdite.

Voilà ce que fut mon premier choc avec la nature, ma première révélation de sa vie secrète.

Plus tard, j’ai rencontré un indien peau-rouge qui était de passage à Paris et il m’a dit : « Mais c’est toujours comme ça chez nous, on parle et les choses nous parlent, les dieux, les manitous s’expriment à travers ces forces. »

Évidemment, ce bois était un lieu privilégié. Il s’était constitué sur un point fort de la terre, là où les forces telluriques sont les plus puissantes. C’est pourquoi d’autres lieux n’ont pas la même intensité. Hélas, les hommes l’ont aujourd’hui rasé et il n’en reste rien qu’une immense tristesse pour moi et un magnifique souvenir.

B. T. — Dans une forêt, pour rester sur cet exemple commode, tout le monde ressent-il la même chose et voit-il les mêmes manifestations ou bien on ne voit ni ne ressent que ce qui vous correspond ?

M.M. — Tous ceux qui sont venus avec moi en forêt ont vu et ressenti les mêmes choses plus ou moins intensément mais il ne faut pas oublier que nous sommes tous constitués de la même façon et que nous venons tous des mêmes sources de vie, c’est-à-dire des premières amibes puis des premiers végétaux. Alors leur langage aujourd’hui, ne peut vous être indifférent. La seule différence vient peut-être d’un niveau plus ou moins fin de perceptivité, de sensibilité, mais cette perceptivité, cette sensibilité, nous pouvons les travailler, les développer, apprendre à voir, à écouter, et percevoir. Sans effort, cela s’apprend tout seul. Ceux qui auront le plus de difficultés sont ceux qui sont trop enfermés en eux-mêmes, qui ne savent pas s’ouvrir à autrui et par voie de conséquence à la nature.

Cependant, ceux qui ont un peu le sens poétique sont d’emblée à l’aise dans la nature car la poésie est un acte de liberté, de lucidité qui ouvre un monde autre ; d’ailleurs, les premiers qui ont exprimé des idées cosmiques étaient des bardes, donc des poètes qui faisaient une poésie agissante à l’intérieur des choses puisque les mots étaient magiques, la parole agissait sur l’essence des choses et les transformaient. C’est le verbe créateur… J’ai d’ailleurs retrouvé les paroles qui venaient des arbres, de l’humus, des rochers et des manifestations de la forêt, ce sont des paroles que l’on n’entend pas avec les oreilles bien sûr mais en dedans de soi. Qui passe un peu de temps à voir et entendre non seulement avec les oreilles et les yeux mais avec tout le corps ?

Si l’homme s’ouvre à la beauté qui vient du monde, à la beauté qui émane des étoiles, du Soleil, de la Terre, cette beauté le transforme, le transfigure, le change intérieurement et lui, peut projeter sa force spirituelle sur l’univers qui en a besoin ; car l’univers a besoin de l’homme, de cet homme qui est une antenne — c’est pour cela qu’il se tient droit — les pieds en terre, la tête vers le ciel.

B. T. — Ne croyez-vous pas que l’évolution de notre civilisation et la mentalisation extrême qui en est le prix nous a progressivement coupé de la nature et que notre mode de vie nous a fait perdre le pouvoir de contact direct avec les forces naturelles ? Tout comme notre vue et notre odorat qui se sont considérablement affaiblis ?

M.M. — Oui et non. Ce n’est pas seulement l’évolution de la civilisation qui gêne, ni la mentalisation. Je crois que l’homme s’est transformé au fil des millénaires et son âme qui flottait, fluide autour de lui, s’est peu à peu condensée à l’intérieur du corps. De là le contact direct perdu, car des arbres, par exemple, émane toujours la même force. Il y a quelques milliers d’années l’homme voyait probablement se manifester à l’extérieur, les formes intérieures. On lit encore dans les récits chamaniques que tel chaman pouvait cacher son âme dans l’œuf d’un nid d’oiseau. Aujourd’hui l’homme est devenu tête et ne perçoit plus les choses qu’avec sa tête, avec son mental : sa perception est mentale et non plus sensorielle. Et ce qu’il voit doit passer par le système analytique du cerveau ; ce n’est plus une perception globale instantanée et sensitive ; il ne sent plus par l’intérieur de son corps.

B. T. — Après ce que vous venez de dire, il me semble que l’homme ait besoin de renouer avec son environnement et de réapprendre à vivre avec la nature. Qu’a-t-il perdu en se coupant d’elle et quelle raison a-t-il de se renouer à elle ?

M.M. — Au départ, l’homme est un médium, il se tient au milieu, il est droit. Le Tao dit : « Celui qui est trop dans la terre a quitté le ciel, celui qui est trop dans le ciel a quitté la terre. » (Il est donc en déséquilibre.) L’homme doit capter les puissances du cosmos et les projeter dans la terre, comme il doit recevoir les puissances de la terre et les projeter vers le ciel. C’est l’une de ses missions.

B. T. — Est-ce un échange d’amour ? Un peu comme ces relations sentimentales et intimes qui s’établissent entre un jardinier et les plantes ? Ceux dont on dit qu’ils ont la main verte ?

M.M. — La plante a besoin de relations émotionnelles avec l’homme (de même que l’animal). Relations énergétiques. Si l’on réveille l’énergie émotionnelle d’une plante, elle se met à l’unisson de notre propre énergie émotionnelle qui s’éveille alors à d’autres niveaux de sensibilité. Cela a été illustré par l’histoire de plusieurs japonais perdus dans des îles du Pacifique, à la fin de la guerre et ignorant qu’elle était finie, coupés du monde, perdus dans une jungle, ils avaient renoué le contact avec la nature, et celle-ci, en harmonie avec eux, les prévenait des dangers, des nouveaux arrivants, par des signes imperceptibles à tout autre qu’eux. Ils ont survécu ainsi durant des années. Ils avaient développé une sensibilité très fine.

B. T. — Pourquoi dans la civilisation qui est la nôtre ne nous sommes-nous pas plus penchés sur ces phénomènes qui unissent l’homme et la nature et dont l’exemple le plus spectaculaire reste le jardin de Findhorn où deux couples d’Anglais (dont les femmes étaient médium) ont réussi des « miracles » là où rien ne pouvait normalement pousser ?

M.M. — Oui, Findhorn est vraiment l’exemple éclatant de ce que nous disons. Tout y est extravagant et irrationnel : légumes énormes, fleurs admirables, arbres splendides poussant dans le sable et la sciure d’un ancien cimetière de voitures. Ce qui prouve que l’homme possède le verbe, ce verbe qui a le pouvoir d’agir sur l’essence et l’éthérique des choses. Réveiller par cette force, l’essence des choses va entrer en vibration avec l’essence de l’homme, et de cette harmonie peut naître ce que nous appellerons vite « miracle » tant nous nous en sommes éloignés.

Nous retrouvons ici la même puissance que celle dégagée par les contes pour enfants qui sont des textes initiatiques bâtis à travers une historiette. Ils s’adressent au double profond de l’enfant et l’initient aux grands mystères de la vie, lui donnent des clefs pour pénétrer la nature et la comprendre. A titre d’exemple, prenons les contes de Noël qui sont un chant d’amour à la gloire du bois. Ce bois qui libère sa force pour l’homme ; cet homme qui vient sans doute du bois.

B. T. — Revenons aux dommages causés par la séparation de l’homme et de la nature, dommages qui en ont fait une sorte de mutilé. Quelles sont les conséquences de cette fracture et où peut-on en voir les traces ?

M.M. — D’abord il faut rappeler qu’il y a sans cesse des massacres de forêts et peu de voix retentissent pour protester contre ces saccages. L’homme prend droit de vie et de mort sur la vie de l’arbre, devenant son pire ennemi, alors que l’arbre a des qualités magnifiques dont l’homme peut et doit bénéficier. Quant aux dommages qui en résultent pour l’humanité, ils sont d’ordre géologique, climatique, énergétique, spirituel, c’est-à-dire dans le psychisme de l’homme qui se « métallise » de plus en plus ; or le métal et sa symbolique sont bien de notre temps, de guerres, de violences, de haine et cela dure (en empirant) depuis l’âge du bronze et du fer.

N’oublions pas que pour les Chinois, l’âge du métal c’est l’automne de la civilisation. Dans cet âge, le bois vivant n’est plus qu’un vestige et les parcs nationaux sont des cimetières de vestiges. Coupé de la nature vivante, l’homme vit mal, malgré un confort indéniable. En perdant ces racines profondes, il a perdu son identité, il devient un robot mécanisé n’ayant plus aucune relation ni avec son environnement ni avec l’univers. Mais je reste optimiste, car aujourd’hui il y a de plus en plus d’hommes qui redécouvrent la nature et qui essaient de lui rendre le respect qu’on lui doit. C’est une réaction qui ira, j’espère, s’amplifiant.

B. T. — Qu’est-ce qu’un homme, ayant pris conscience de son appartenance à la nature, peut faire pour se relier à elle ? Concrètement.

M.M. — Il n’y a pas de recettes mais l’homme doit dépasser le niveau de la prise de conscience et tenter de sentir en lui-même que la terre est une entité vivante qu’il doit aimer et respecter. Peut-on imaginer un homme mutilant sa mère ? Et c’est hélas bien souvent ce qui se passe entre les hommes et la nature : il lui prend son minerai, son pétrole, coupe ses arbres, pollue sa campagne, découpe ses montagnes pour y faire passer des routes, creuse des tunnels, déverse chaque jour des milliers de tonnes d’ordures dans les océans et les rivières sans parler des fûts de déchets radioactifs jetés dans les fosses marines. On dirait qu’inconsciemment nous activons notre technologie spatiale en vue d’un départ futur de la Terre à jamais dévastée.

Ce dont on peut rêver, c’est qu’un jour on apprenne à l’homme l’amour et le respect de la terre et de la nature et que cet enseignement lui soit donné dès son enfance et durant toutes les années de scolarité. Il y aurait alors moins d’enfants déséquilibrés et attachés à des choses superficielles. Mon fils, par exemple, quand je le mets dans la nature, n’a plus autant envie de se bloquer devant la télévision. C’est donc un phénomène d’éducation ; dans nos programmes scolaires, la terre est étudiée scientifiquement, disséquée, analysée comme une chose inerte. On n’y étudie pas les relations d’amour de l’homme avec la nature, relations qui sont en réalité essentielles. Car c’est à la nature et au cosmos qu’il doit la vie et une conscience de la spiritualité. Sans faire entrer ici les notions d’esprits, propres à la nature, je peux proposer comme moyen premier pour se relier avec la nature, de s’en approcher comme d’une amie, d’une mère, d’une femme digne d’amour. De la sentir, de la respirer, la toucher, la regarder avec le sens du cœur. Apprendre à s’émouvoir du charme d’un bois, du chant de l’eau vive, de la musique du vent dans les feuilles et de cette vie qui jaillit au printemps, qui va s’épanouir en été pour mourir dans un enchantement de couleurs en automne. Ce feu d’artifice final nous laisse la promesse, après l’immobilité hivernale, d’une renaissance certaine. C’est toute cette approche qui sera le premier travail d’un retour à l’appartenance de l’homme à son environnement.

B. T. — Et que peut-on dire des paysans qui vivent dans et par la terre ? Eux qui sont aujourd’hui dans la situation paradoxale de vivre près de la nature et pourtant d’en être tout autant coupés qu’un citadin du fait des moyens modernes de culture qui incitent à oublier que la nature implique du temps et des cycles ? Évidemment, il existe encore quelques cultivateurs qui aiment profondément la terre et la nature mais il semble qu’ils soient de plus en plus rares ?

M.M. — Moi qui ai vécu beaucoup à la campagne et près des paysans, j’ai remarqué que la plupart d’entre eux, effectivement, n’aimaient pas la terre. Peut-être parce qu’elle les fait travailler et souffrir. Ils n’aiment pas non plus les arbres (ils font de l’ombre et ne sont pas rentables), ni les animaux (ils sont une corvée quotidienne). En revanche, ils adorent la chasse. Dans mon enfance, en Lozère, j’ai vu beaucoup d’animaux tués et parmi eux des chiens parce qu’ils ne servaient plus à rien — trop vieux pour lever ou suivre le gibier. Il est inouï de penser que l’homme qui a le privilège d’être paysan, car c’est un privilège, se soit ainsi coupé de sa raison de vivre n’ayant plus aucune relation d’amour et de sensualité avec la terre. Les paysans n’ont plus souvent que des relations de profit. Pourtant ce ne sont pas des attitudes inconciliables. Le travail d’amour amène nécessairement un profit.

B.T. — Face à cette attitude, on peut peut-être dire un mot des cultivateurs qui, ayant pris conscience des dangers de la mécanisation, des pesticides, des fongicides et engrais chimiques se tournent vers une culture biologique qui respecte la nature ?

M.M. — Aujourd’hui les cultivateurs sont confrontés à des problèmes de rentabilité et les besoins en nourriture de la population augmentent sans cesse. Alors on presse le temps, on déclenche l’arsenal chimique pour faire plusieurs récoltes annuelles et soulager le travail. Mais la nature a besoin de repos et les agressions qu’elle subit, elle les fera payer cher. C’est pourquoi il est bon que certains cultivateurs retrouvent la notion de saisonnalité et réapprennent à travailler au rythme de la respiration de la nature. Il est excellent aussi qu’ils reconstituent la chaîne biologique dans leurs exploitations afin d’échapper à la tentation mortelle des moyens chimiques. J’espère que les pluies acides ne les gêneront pas trop, bien qu’hélas ils soient un peu touchés par la pollution environnante. Il n’est pas trop fort de dire que la Terre devient de plus en plus vite une poubelle.

B. T. — Avons-nous des correspondances privilégiées avec la nature selon ce que l’on est soi-même ? Certains hommes sont-ils plus près des chênes, des ormes ou des bouleaux ou plus en relation avec l’eau, les roches, les buissons ? Y a-t-il des portes qui nous soient plus favorables si nous leur correspondons ?

M.M. — L’homme doit aller vers ce qui l’attire le plus. Pour l’un, ce sera la mer ; l’autre, la montagne un troisième, la forêt. Mais toujours l’homme doit parler et s’approcher de la nature comme s’il se parlait et s’approchait de lui-même. Il doit parler à une amie qui est là comme le reflet de son âme et traiter la nature d’égal à égal. Évidemment, il faut couper des arbres mais il y a façon et façon de couper un arbre, or, de nos jours, c’est à un génocide des forêts que nous assistons, génocide que ne compensent pas les efforts réels de reboisement. Nous ne devons jamais oublier tout ce qu’un arbre peut apporter à l’homme et tout ce qu’un homme peut lui donner et que de cette interdépendance capitale peut renaître un bonheur pour l’un comme pour l’autre. Rappelons-nous que, s’il n’y a plus d’arbres, il n’y a plus de vie ni physique ni spirituelle possible.

B. T. — La femme est-elle plus favorisée que l’homme dans ses contacts avec la nature ?

M.M. — Oui, car la nature et la femme sont très liées bien que l’un et l’autre sexe puissent bénéficier de ces contacts. Mais la femme a un ventre fécond, elle crée la vie tout comme la nature. C’est en cela qu’elles ont ensemble, un point commun très fort.

B.T. — La femme et la nature étant toutes deux créatrices…

M.M. — Créatrice et destructrice, en ce qui concerne la nature, car elle se transforme en se détruisant. La nature se copie pour s’améliorer — tout comme un peintre reprend plusieurs fois sa toile pour atteindre un seuil de perfection, puis il passera à une autre œuvre pour chercher un autre seuil de perfection. Depuis des millions d’années, la nature tend toujours vers plus de perfection.

B. T. — Quelle est la part poétique dans votre démarche vers la nature ? Est-ce ainsi que s’exprime votre capacité sensitive et créative ?

M.M. — J’ai la chance d’être poète. La poésie est un acte de liberté, de lucidité. Elle permet d’entendre le dialogue des Dieux à travers soi. Les forces divines passent en nous par la poésie, c’est pourquoi les bardes se servaient des mots parce qu’ils ont une force magique et la nature est pleine de ces paroles que le poète doit capter. Mais on n’est pas obligé d’être poète ou peintre, le fait d’aimer est déjà une création. Ce qui compte c’est l’attitude poétique et non d’être un bon poète. La qualité joue moins que la démarche qui est d’abord une ouverture au monde, une ouverture d’amour.

QUELQUES LIVRES DE MARIO MERCIER

Chamanisme et Chamans (Éditions Pierre Belfond).

Le Monde Magique des Rêves (Éditions Dangles).

Chants Chamaniques (Éditions Monique Tissot).

La Nature et le Sacré (Éditions Dangles).

Les Rites du Ciel et de la Terre (Éditions Dangles).